‹ La Cura Annonae Chez Les RomainsChapitre 15 sur 122 · HER CREER TE · texte numérisé non relu

HER CREER TE

(2) Naudet, L e., p. 81; — 1. 17et 22 c. J. I, 2.

(8) Hirschfeld, Getreideverwaltung, p. 68, ne 103. — Marquardt, {. «, p. 147, 167.

mots quels en furent, au point de vue économique et social les résultats. Ils ne pouvaient être que déplorables. La plèbe de Rome avait vendu sa liberté pour du pain : nourrie au jour le jour dans l’oisiveté et la paresse, elle perdit avec l'habitude du travail le seul moyen qu’elle eût d’échapper à la misère, au paupérisme qui la rongeait depuis des siècles. Les mendiants pullulèrent à Rome au point que Valentinien dut les chasser en masse de la ville, par une loi spéciale. Une autre loi disposant d’eux comme d’une épave humaine les attribuait à leurs dénonciateurs, en qualité de colons s'ils étaient libres, en toute propriété s'ils étaient esclaves (1).

Quant aux agriculteurs des provinces, écrasés de tributs et d'impôts, épuisés par les prestations de blé nécessaires à la plèbe de Rome, vendant à perte ce qu’on leur laissait, gràce à la dépréciation des cours par l'abondance des largesses, ruinés en un mot sans remède, ils abandonnèrent leurs cultures.

Vainement les constitutions impériales cherchèrent à conjurer le désastre, en faisant exploiter les terres en friche par des vétérans ou des colons, en les attribuant même de force aux propriétaires voisins avec l'obligation de les remettre en état (2). Tout fut inutile, et vers la fin du IV* siècle, avant les premières invasions des barbares, aux portes mêmes de Rome, 52.800 arpents de la fertile Campanie étaient abandonnés définitivement par leurs possesseurs (3). Une institution est jugée, quand elle produit de pareils résultats.

(1) C. XI, 25, De mendicantibus validis.

(2) C. XI, 58, De omni agro deserto, et quando steriles fertilibus imponuntur.

(3) 1. 2. C. th. XI, 28.

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