‹ La Cura Annonae Chez Les RomainsChapitre 16 sur 122 · I. — Le préfet de l’Annone · texte numérisé non relu

I. — Le préfet de l’Annone

Dès les débuts de l'empire (22 av. J.-C.) Auguste devenu le premier magistrat du peuple, jouissant d’une autorité illimitée, avait définitivement enlevé la cura annonæ aux édiles et aux préteurs créés par César, et en avait pris la direction avec des pouvoirs égaux à ceux de Pompée (1). Bientôt il délégua une partie de ses attributions à deux, puis à quatre fonctionnaires prétoriens (18 av. J.-C.); enfin à deux personnages consulaires, chargés par lui de la distribution des grains. Les uns et les autres prirent le titre de curalores où prœfecti frumenti dandi, frumenti dividundi (2).

Cette première expérience ayant réussi à souhait, Auguste changea vers les dernières années de son règne (8 à 1% ap. J.-C.) ces fonctions temporaires en fonctions permanentes, en augmenta l'étendue, et lesconfia àun personnage unique désigné dès lors sousle nom depræfectusannoncæ (3).

(1) Marquardt, p. 164. — Mommsen, R. Staatsrecht, IT, 993. — Willems, 2. c., p. 434.

(2) Marquardt, p.165. — Mommsen, R. Staatsrecht, IT, 996 note.

(8) Tac., Ann., I, 7. — Willems, Z. c., p. 507.

On rencontre encore postérieurement à cette époque des præfecti frumenti dandi ex S.-C. Nous avons peu de renseignements sur eux. Il est à présumer qu'on avait voulu laisser au Sénat, en certaines circonstances exceptionnelles, le privilège de décrêter des distributions temporaires. Cf.

Aucune limitation de durée n’était assignée à cette charge c'élait d'ailleurs une règle générale sous le régime impérial. La durée des fonctions ne dépendait que du bon plaisir de l’empereur. Elle était d'ordinaire assez longue (1).

Honneurs et privilèges. — Du règne d’Auguste à celui de Constantin, le préfet de l’annone fut un des personnages les plus considérables de l'empire. Il prenait rang dans la hiérarchie impériale immédiatement après les consuls et le préfet de la ville. Mais sa charge perdit beaucoup de son importance, quand la capitale de l'empire eut été transférée à Constantinople (2). Cassiodore vante encore avec éloges la distinction et l'éclat de ses fonctions (3). 11 n'en est pas moins vrai que depuis cette époque et peut-être mème avant, la haute direction du service de l’annone passa de ses mains dans celles du préfet de la ville, dont il devint ainsi le premier subordonné.

Le préfet de l'annonce fut toujours choisi dans l’ordre équestre. Il avait des appariteurs distincts de celui du préfet de la ville, des hérauts et des licteurs spéciaux (4).

Au I siècle, il reçut les titres de spectabilis, de perfec-

Mommsen, R. Staatsrecht, II, 654 et 996. — Marquardt, p. 164.

Enfin, malgré la création du préfet de Pannone, les édiles ne furent pas entièrement dépouillés de leurs anciennes attributions, au moins jusqu’au règne de $S. Sévère. Car nous trouvons encore à cette époque une décision de Papinien sous la rubrique « de œdili condemnato ob arctiorem annonam » (1. 17, D., XVI, 2). Ils durent sans doute conserver la haute surveillance sur les dépôts d’approvisionnements et les greniers à blé de Rome. Cf. Naudet, L. c., p. 63.

(1) Hirschfeld ne compte que 48 préfets de l’annone, de Turanius (8 ap. J.-C.) à Paschasio (534 ap. J.-C.). — Philolog., XXIX, p. 27 et suiv. — Ulpien fut préfet de l’annone en 223, au commencement du règne d’Alexandre Sévère (L. 4, Code VIII, 88).

(@) Marquardt, L. c., p. 165. — Hirschfeld, Getreideverwalt., 47 et Untersuch., 139, 1.

(8) Cassiodor., Variar. TIL in formula Prœfecti Ann., p.99 (Ed. de Venise, 1729), — Pigeonneau, {. ç., p. 96.

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