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crimes beaucoup plus graves encore. Au milieu des troubles fréquents qui désolaient Rome vers la fin de l'empire, ils firent de leurs boutiques de véritables conpe-gorges où les étrangers étaient attirés, dépouillés, séquestrés, et attachés aux meules, comme des esclaves. Théodose ayant découvert les auteurs de ces forfaits en fit un châtiment exemplaire (1).
On pourrait citer encore un grand nombre de pénalités du Code Théodosien visant tout particulièrement les fraudes et les concussions commises dans Je service de l’annonc : la peine de mort était prononcée contre les collecteurs coupables de déprédations ou d’exactions ; elles devinrent malgré cela si universelles que, pour y soustraire les contribuables, on leur permit de se libérer directement pendant quatre mois d’abord, pendant toute l’année ensuite entre les mains des cognitores provinciarum (2).
Concurremment avec ces mesures on usa de moyens préventifs contre la vénalité des employés de l’annone. Des catégories entières de fonctionnaires en furent exclus. Théodose IT interdit au préfet du prétoire de choisir les comptables (chritologi) et les mesureurs (zygostatæ) de l’administration des blés à Alexandrie parmi les curiales, presque tous coneussionnaires. Valentinien défendit, pour les mêmes raisons aux appariteurs du préfet de la ville de participer en rien au service de l’annone (3).
Fraudes dans les distributions gratuites. — Le Code Thédosien édictait en cette matière les pénalités les plus rigoureuses et les plus multipliées :
Peine de mort contre les employés de l’annone qui ad-
(1) Socrate, His£., V, ch. 18.
(2) L. 1, C. th. XIV, 26. — 1. 1 C. j. XI, 27. Le bénéfice du paiement spontané se nommait « autopragia ».
(8) 1. 9, C.j. X, 16. — 1. 32, 34, 85, C. th. XI, I.
mettaient aux distributions gratuites des individus non inscrits sur la liste des bénéficiaires ;
Condamnation aux travaux les plus pénibles de la Pastrina (servitus in vinculis) contre les esclaves qui obtenaient par fraude une part dans ces distributions;
Peine de la confiscation contre leurs maîtres s'ils étaient de connivence avec eux ;
Enfin d’une façon générale, pour les fraudeurs de condition libre, incorporation de leurs personnes et de leurs biens dans le collège des Pistores (exercitatio). À défaut de biens on s’en prenait à leurs personnes qui devenaient esclaves de la Pistrina (operaria servitus) (1).
Toutes ces mesures, toutes ces pénalités prouvaient par leur sévérité même combien élaient fréquentes les fautes qu’elles punissaient. Et, remarque M. Naudet (2), il est vraiment curieux de voir à quel point même dans des dispositions prises dans un but de bienfaisance, la législation des empereurs était prodigue de menaces, de terreurs, de confiscations et de supplices.
(LAC AR NIV 217 (2) Naudet, L. c., p. 66.