I. — La viande. — « Suarii » et « Pecuarii
Les approvisionnements de viande étaient assurés par les prestations en nature qui frappaient les contribuables
(1) Bouchard, L. c.; p.58. — Pancirole, Notit. dignitatum, p.119.
de certaines parties de l'Italie. C’est ainsi que les Campaniens, les Samnites, les Lucaniens, les Brutiens et les Toscans devaient les uns un dixième et demi, les autres deux dixièmes de leurs troupeaux, à titre de contribution annuelle (animalis functio).
Un nspector ou peræquator spécial était chargé de statuer sur les demandes en dégrèvement ou en décharge (1).
Les Suariti et Pecuarii. — Quant au recouvrement de l'impôt du bétail, il fut confié pendant presque toute la durée de l'empire à deux corporations spéciales, celles des Pecuarii et des Suarii créées en même temps, et soumises aux mêmes règles que les autres corporations du service de l’annone.
Longtemps distinctes l’une de l’autre, elles furent réunies et fondues en une seule par Honorius (2).
Leurs membres avaient les trois fonctions suivantes :
1° Ramener à Rome les tètes de bétail provenant de l'impôt ;
2° Employer en achats de bélail les sommes provenant du rachat facultatif («dæralio) des contribuables, et le conduire également à Rome ;
3° Assurer l’approvisionnement quotidien du forum suarium, et pourvoir aux distributions de viande octroyées à la plèbe.
A l'opposé de ce qui avait lieu pour les blés, Le rachat en argent des prestations de bétail (adæratio) fut toujours facultatif, et quelquefois même obligatoire, comme au début du règne de Constantin et pendant celui de Julien son successeur (3). Mais les Suarii, chargés à l’origine durecouvrement des prestations rédimées, leur fixaient des taux
(1) 1.12 et 13, C. j. X, 16.
(2) L. 10, C. th. XIV, 4.
(3) L 1 et3, C. th. XIV, 4.