APPROVISIONNEMENTS ACCESSOIRES
absolument arbitraires. Pour mettre fin à leurs exactions, les empereurs décidèrent tout d'abord que l'adæratio se ferait au cours du marché de Rome, sans pouvoir toutefois dépasser un maximum de 6 fo/les par livre. Puis ce premier remède n'ayant pas suffi, le recouvrement des prestations rédimées fut enlevé d’une façon définitive aux Suart et aux officiers du préfet de la ville qui en étaient chargés concurremment avec eux «quoniam solent esse provinciis perniciosi (1)», pour être confié à un collège de collecteurs locaux (Ordo suarius), désigné par les proconsuls etles Curiales des provinces imposées. L'histoire ne dit pas au reste si les contribuables s'en trouvèrent mieux. L’'Ordo suarius eut droit comme indemnité au tiers de l’epimetron perçu par les Suaru, et en outre à une gratification annuelle de 5,000 amphores de vin.
Quant aux sommes provenant de l’adæratio, elles furent à l’avenir versées dans la caisse du préfet du prétoire (arca prœtoriana), et remises aux Suarit au fur et à mesure des achats nécessaires.
Enfin Valentinien alla plus loin encore et transporta des Suarti à l'Ordo suarius le recouvrement de l'impôt en nature comme celui de l'impôt rédimé. Les Suaru ne furent plus chargés à l’avenir que de l'achat, de la conduite, de l’abatage et du détaillage du bétail destiné à Rome, et nécessaire soit au ravitaillement quotidien du forum suarium, soit aux distributions gratuites faites à la plèbe (2).
Comme toutes les corporations de Rome, les Suaru avaientdes privilèges spéciaux. Gratien leur donnal’exemption des munera sordida, faveur confirmée plus tard par Théodose ; Valentinien leur accorda l’exemption de toutes peines corporelles et Honorius le bénéfice de la juridiction
(DID SC th. XIW'4.
(2) L. 4, ibid.
de Rome pour toutes les actions intentées soit contre eux, soit par eux-mêmes (1). Leurs trois plus anciens patrons avaient droit à la dignité de comte du 3° ordre.
Enfin Valentinien HI y joignit la distinction du cinqulum el renouvela en même temps pour leurs subordonnés l’exemption de toute charge publique et de toute peine corporelle (2).
A cela se joignaient des privilèges pécuniaires. Il était accordé aux Suarii et pecuarti, a titre de déchet ou eptmetron un vinglième du bétail transporté par leurs soins, et de plus une gratification annuelle de 17.000 amphores de vin fournies par l’arca vinaria(3).
Quant aux sommes provenant des prestations rédimées en argent, elles ne donnaient lieu à aucun epimetron, car aucun déchet n’élait à craindre avec elles.
Recrutement. — Malgré tous ces privilèges, le recrutement des Suarii paraît avoir été tout aussi malaisé que celui des autres corporations au service de l’annone. Eux aussi s'ingéniaient sans cesse à déserter leurs fonctions. A la fin du règne de Constantin notamment, leur nombre était devenu si restreint, que l’empereur dut faire ouvrir des informations contre les disparus et menacer de la peine de mort toute lentative de désertion nouvelle. Un siècle plus tard, Valentinien III dut encore les contraindre à réintégrer en masse leur corporation, eux, leurs familles et leurs biens (4) (a. 452).
Les règles qui régissaient le recrutement des Suarii et le régime de leurs biens sont à peu près identiques à celles
GNOME PE A LIGACS Ho JUINE ZE
(2) L. 9 et 10, G. th. XIV, 4 — Nov. Valentin. 15. C. th. De Suariis. (3) L. 4, C. th. XIV, 4.
(4 Nov. Valentin., C. th. 15.
APPROVISIONNEMENTS ACCESSOIRES Vo
que nous avons déjà éludiées pour les autres corporations de l’annone.
Leur collège se perpéluait par voie d'hérédité paternelle ou maternelle (1). Ni honneurs, ni dignités; ni fonctions, ni privilèges d'aucune sorte n’en pouvaient affranchir. L'entrée dans les ordres sacrés n’était pas même considérée comme motif de dispense, à moins de fournir un remplaçant sérieux, ou d'abandonner tous ses biens à la corporalion d’où l’on sortait (2).
Régime des biens. — Quant aux biens des Suarü, ils suivaient les mèmes règles que ceux des naviculaires, « ad exemplar rer navicularis » (3). Aïnsi done, à côté des Suaru astreints à leurs fonctions par la loi de l’hérédité, ces mêmes fonctions obligeaient quiconque avait des biens grevés du #unus suarium, et ce au prorata de leur valeur (4).