CHAPITRE PREMIER
QUOTITÉ DU CANON FRUMENTAIRE. — SON MODE DE RÉPARTITION ENTRE LES PROVINCES.
Rome recevait sous Auguste 60 millions de modii par an. Aurélius Victor (1) nous apprend en effet que l'Egypte envoyait à Rome, à elle seule, 20 millions de m#odû, ce qui suffisait à assurer sa consommation pendant quatre mois. Le reste était fourni par l'Afrique. Douze millions étaient prélevés sur ce chiffre pour les distributions gratuites (car elles comptaient 200 mille bénéficiaires, à raison de 60 modii par tête).
Septime Sévère fit une innovation dans le service de l’annone : voulant mettre Rome à abri des famines que lui causaient parfois, soit une mauvaise récolte, soit un retard dans les convois des flottes frumentaires, 1l appro-
(4) Aurél. Victor, Ep. 1. — Dureau de la Malle, Econ. Pol. des Romains. TPschelie tn Tech
visionna les greniers publics pour sept années à l'avance (4).
Celte mesure était excessive ; une grande partie de ces blés s’avaria, el le reste fut vendu à perte, ou gaspillé par ses successeurs en largesses aux prétoriens.
Les blés destinés à l’approvisionnement de Rome étaient pour la majeure partie amenés jusqu’à la ville. Le reste, (300 mille #20dit environ). était délivré aux boulangers d’Ostie pour en faire du pain, désigné sous le nom de panis ostiensis ou fiscalis (2) et vendu à prix réduit par le service de l’annone. Ce prix fut; après maintes fluctuations, fixé par Honorius à un denier d’airain avec défense expresse de l’augmenter à l'avenir (3).
Répartition du canon frumentaire. — Augusle et ses successeurs avaient fait dresser un état complet et détaillé (rationarium impert) de la part contributoire de chaque province dans l’approvisionnement de Rome. Avant le commencement de chaque exercice, le prince arrètait de sa main l’état général indicatif des quantités à percevoir (indictio, edictum, delegatio).
D'autres élals particuliers, composés d’après ce premier élal par les secrétaires du Préfet du prétoire étaient expédiés dans toutes les provinces, el publiésun certain temps avant le début de l'exercice, par les soins des gouverneurs. Celui destinéà Egypte y était affiché pendantdeux mois (4). Ces dispositions avaient pour but d'empêcher les collecteurs de percevoir plus qu'il ne leur était dû.
(1) Marquardt, . c., p. 159. — Spartian., in Sever., 98.
(2) L 1 et 4, C. th. XIV-15.
(3) 1. Unic. C. th. XIV, 19. M. Naudel {1. c. p.55) semble avoir fait une confusion en écrivant que sous Honorius le chiffre de la consommation quotidienne de Rome en blé était tombé à 14 mille modii — Le passage cité par lui se réfère à une augmentation de population, et non à des me-
sures de céréales (cf. 1. 88, CG. th. XIIT, 5, — c. de Godefroy, in fine). (4) 1. 8 et 4, C. th. XI-5. — Godefroy, Paratill, C. th. XI-5.