MA
SAR NE eu NS
rieure à un tissu conjonctif dense qu'elle envahit. Infiltration de toutes les parties par de nombreuses cellules rondes.
L'examen histologique fait parallèlement par M. le Dr Letulle a montré qu’il s'agissait bien d'un carcinome cylindrique et que-de plus la section de l'estomac et du duodénum avait été faite en tissu sain. 5
< FIG. 3. — Préparation de M. le D' LETULLE.
a. Agglomération de cellules rondes dans le voisinage idesquelles se trouvent des cellules cancéreuses. — 5. Follicule clos au milieu duquel se trouvent quelques cellules cancéreuses. — c et d. Cellules cancéreuses isolées dans l'épaisseur de la tunique musculaire hypertrophiée.
Suites opératoires. — Pendant les cinq premiers jours, la malade reçoit, chaque jour, 600 gr. de solution salée en injection hypodermique. Selle et gaz dès le troisième jour.
Lavements nutritifs pendant les douze premiers jours.
Lait et eau de Vichy le sixième jour; un litre de lait le huitième ; à partir dé ce moment, alimentation progressivement croissante. F
Il y eut, le troisième jour après l'opération, une élévation de la température (380,4 le soir), et une accélération du pouls (134) qui inspirèrent quelques craintes ; ces symptômes cédèrent, dès que l'évacuation intestinale fut assurée. La température et le pouls revinrent d’une façon rapide et définitive à la normale. Jamais de vomissement.
Le 25 septembre, l'opérée pesait 44 kilogr.; elle en pesait 50 le 19 novembre suivant. |
Depuis la sortie de l'hôpital, l'opérée est en parfait état. Elle a été revue dans * le courant du mois de juin 1898; elle se portait aussi bien que possible ; aucune trace de récidive.
0414. — Dr HARTMANN. Cancer du pylore. Pylorectomie. Guérison opératoire. Récidive. G'énéralisation dans le foie. (Observation inédite.) — Charles H..., 54 ans, vigneron, nous est adressé par le D" Watteau (d'Auxerre). Il entre le 14 janvier 1898 à l'hôpital Bichat, salle Jarjavay, avec des signes de sténose pylorique. x :
Le malade souffre depuis huit mois environ. C’est au printemps 1897 qu'il à éprouvé les premiers symptômes de sa maladie. À certains jours, après ses repas, il se sentait fatigué, le ventre ballonné, et ne pouvait reprendre son travail qu'une heure ou deux après. Ces malaises ne firent qu’aller en s’accentuant ; le malade commença à maigrir et à vomir après ses repas, quelquefois au bout d'un quart d'heure, quelquefois au bout d’une heure. Les vomissements le soulageaient instantanément comme si on lui avait enlevé un poids énorme de dessus l’estomac,
Devant l'aggravation des symptômes, le malade se décida en novembre 1897 à consulter un médecin qui ordonna des lavages d'estomac, des gouttes de HCI, du benzonaphtol, puis successivement des gouttes de Baumé, de l'ergotine et de la noix vomique. Les lavages apportaient un soulagement considérable, mais le médecin constata que les aliments n'étaient pas digérés et étaient retirés par le tube à chaque opération ; on en retrouvait ingérés de l’avant-veille. Le malade se mit au régime du tapioca au lait et des œufs à la coque. En novembre 1896, c'est-à-dire il y a quatorze mois, il pesait avec ses vêtements 118 livres, à son entrée à l'hôpital, le 15 janvier 1898 il en pèse 96 avec sa capote d'hôpital.
Père mort d'une tumeur de l'estomac à 69 ans. Un frère mort d’un mal de Pott, Une sœur bien portante.
Le malade s’est lui-même toujours bien porté et n'a jamais eu de maladie sérieuse avant celle-ci; n’a jamais eu d’hématémèse.
État actuel. — Bien que l'estomac se montre très dilaté, on ne perçoit aucun bruit de elapotement; après évacuation par le tube, l'estomac se rétracte et remonte vers l'épigastre. A la palpation, on sent du côté droit et au niveau des dernières fausses côtes une tumeur qui roule sous les doigts et semble légèrement mobile : elle est dure, mais non douloureuse ; après les évacuations de l'estomac elle change de place et se rapproche de da ligne médiane et remonte
Jusque sous les fausses côtes. Les lavages ramènent une très grande quantité de liquides.
Malade amaigri, peau sèche, peu élastique ; artériosclérose très marquée, radiale flexueuse, etc.
Urine alcaline, densité 1018, urée 12,81 par litre.
Opération, le 19 janvier 1898, par M. le D' HARTMANN; chlorof., Dr Bourbon; aides, Guinard, Fredet.
Après ouverture de l'abdomen sur la ligne médiane, on trouve une tumeur pylorique, gristre, ayant comme dimensions celles d’un poing d'enfant de 4 à 5 ans. Dnides offre un aspect un peu œdémateux et un état légèrement granuleux, sans noyau cancéreux net, ni ganglion le long des courbures. La
F1@. 4 — Pièce opératoire, Le néoflasme (c) se présente sous la forme d’un vérie table bouchon qui obture le pylore. L’orifice pylorique est en quelque sorte perdu au milieu des fongosités molles et friables qui occupent le centre de la face duodénale du néoplasme.
tumeur se laisse facilement détacher de la paroï abdominale postérieure et amener dans la plaie abdominale. Déchirant l’épiploon, le long de la grande courbure, M. Hartmann introduit le doigt derrière le pylore qui semble libre en arrière. L’ablation est décidée. Ligature en petits paquets des insertions épiploïques sur la grande et la petite courbure. Deux pinces à mors élastiques sont placées sur l'estomac sain etune contre la tumeur; ligature des artères gastro-épiploïque et coronaire stomachique. Section des parois de l'estomac après avoir glissé de la gaze sous sa face postérieure ; occlusion de la section stomacale par un double surjet, l'un comprenant toute l'épaisseur de la paroi, l’autre séro-musculaire. Ensuite, libération de la face postérieure du duodénum ; à ce moment on constate qu'en bas et à droite la tumeur adhère au pancréas qui
dé |
se détache de la paroi postérieure en suivant la tumeur lorsqu'on la soulève ; il est néanmoins facile de libérer ces adhérences en plaçant quelques ligatures sur le pancréas. Section du duodénum.
Pour implanter le duodénum sur la face postérieure de l'estomac, suture séro-séreuse postérieure, incision de la paroi gastrique, suture circulaire con-
Fi. 5, — Coupe verticale et transversale du pylore dégénéré. Il ne persiste qu'un canal à peine large de 2 millimètres au point le plus rétréci.
tinue comprenant toutes les tuniques duodénales et gastriques, achèvement du plan séro-musculaire.
Suture à 1 plan au fil d'argent de la paroi abdominale.
Examen des pièces. — La tumeur enlevée est globuleuse ; sa surface externe séreuse est lisse presque sur toute son étendue; en avant et en bas cependant elle est un péu mamelonnée et rugueuse ; à ce niveau un lambeau du ligament gastrocolique lui adhère.
Du côté duodénal le néoplasme se présente comme un véritable bouchon qui obture le pylore ; vers sa partie centrale, il y a des fongosités friables qui masquent l’orifice pylorique, réduit à une largeur de quelques millimètres (fig. 4).
ES
vaut ml de 2 bbtatt/ pit
4 bad
Du côté de l'estomac le néoplasme est limité par un bord saillant, mousse et circulaire.
L La coupe verticale et transversale de la tumeur, montre que le canal pylorique est à peu près complètement oblitéré : à sa partie la plus étroite, il
F1@. 6. — Tunique musculaire de la région pylorique envahie par les cellules carcinomateuses ayant subi la dégénérescence muqueuse.
mesure environ 2 millimètres. La muqueuse est épaissie sur la paroi supérieure du canal; elle a disparu sur sa paroi inférieure.
La couche musculaire est considérablement épaissie ; il en est de même de la tunique séreuse à laquelle vient adhérer, sur la face inférieure de la tumeur, un lambeau d’épiploon (fig. 5).
L'examen histologique montre en certains points, dans l'épaisseur de la tunique musculaire (fig. 6), des alvéoles carcinomateux ; les cellules qui les remplissent sont volumineuses, claires, et contiennent un noyau bien coloré rejeté sur le bord de la cellule. En d’autres points, épithélioma cylindrique.
Une coupe portant sur la face duodénale de la tumeur (fig. 7) montre que la