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Les signes de sténose pylorique sont incapables de faire préjuger de la nature de l'obstacle ; nous y reviendrons plus loin,
Il. — Signes physiques. — Tout a été dit sur l’infidélité des renselgnements que donne la palpation ; chacun sait que l’on a pris pour des néoplasmes de l'estomac des tumeurs de la tête du pancréas, du bord antérieur ou de la face inférieure du foie, du côlon et même des reins déplacés. A titre de curiosité nous rapportons le fait suivant, dû à Billroth :
« Pendant 5 ans, dit ce chirurgien (1), j'ai porté l'idée de la résection du pylore jusqu'à ce que je rencontrasse enfin un cas que je croyais favorable à cette opération et juste le premier diagnostic était faux. La malade ayant été minutieusement examinée par plusieurs de mes collègues, il me semblait qu'aucun doute ne pouvait subsister sur le diagnostic. Il s'agissait d’une tumeur nettement palpable, mobile dans la région du pylore avec tous les signes d'une sténose ; lorsque je voulus pratiquer l’opération, il se trouva qu’il s’agissait d’un lymphome siégeant tout derrière le pylore, lui adhérant, mais appartenant au mésentère. »
M. Soupault nous a communiqué le fait suivant, observé dans le service de M. Mathieu : Un homme de 61 ans, cachectique, atteint de tuberculose pulmonaire, présentait une phlegmatia alba dolens localisée à l’un des membres inférieurs, de l’æœdème cachectique et une tumeur au niveau du pylore : cette tumeur que l’on sentait sous le muscle droit, du côté droit était dure et présentait le volume d’une mandarine. Le diagnostic de“cancer de l'estomac semblait s'imposer et fut en effet successivement porté par plusieurs personnes parfaitement compétentes qui examinèrent le malade. L’autopsie montra que l'estomac n’était atteint d'aucune dégénérescence, ne portait aucune tumeur; on trouva seulement une sorte de poche prépylorique séparée du reste de la cavité stomacale par une sangle musculaire qui rétrécissait l’orifice de communication et occupait la demi-circonférence inférieure de cet orifice. Il n’y avait ni ulcération, ni cicatrice de la muqueuse, et pas davantage de périgastrite.
(1) BILLROTH. Verkandl. der deutsch. Gessellsch. f. Chir., XIe Congrès, Berlin, 1882, I, p. 83.
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On sait aussi que certaines tumeurs ont pu échapper à la palpation la plus attentive, même sous le chloroforme.
L'examen direct de la cavité stomacale par la gastroscopie n’a,malgré de nombreux perfectionnements, donné que des résultats très incertains ; Kader, au congrès de Moscou (1897), avouait qu’à la clinique de Breslau la gastroscopie était pratiquée sans succès. Et l'on sait que Mickuliez se montrait, il y a quelques années, très confiant dans l'avenir de cette méthode.
La diaphanoscopie peut montrer une tumeur en plaque de la face antérieure de l'estomac, un corps étranger, une disposition en bissac (Chauffard) (1).
La radioscopie,avec les différents dispositifs imaginés par Becker, Hemmeter, Roux et Balthazar, donne des renseignements précieux sur la motricité de l'estomac. |
Le procédé de Boas, qui consiste à rechercher les limites de l’estomac avec une sonde introduite par l’œsophage, n’a aucun intérêt pour nous ; en outre, elle nous paraît dangereuse.
Ainsi que l’a fait remarquer W. Jaworski (1897) (2), ces trois derniers procédés ont surtout pour avantage commun de servir à délimiter l'estomac.
Nous en dirons autant de la phonendoscopie pratiquée sur estomac préalablement distendu par des gaz.
La distension de l'estomac par des poudres effervescentes (Billroth) ou par l’insufflation (Angerer) est peut-être de tous les procédés d'exploration physique le moins infidèle. Il a pour lui l'avantage d’être simple ; il ne nécessite que l'emploi d’une sonde œsophagienne ou mieux d’une potion de Rivière. Il a dechauds partisans. Roux en dit grand bien: « L'insufflation permet de reconnaître la position de la tumeur par rapport au pylore, à la paroi antérieure ou postérieure, à la grande ou à la petite courbure, etc., sa mobilité, souvent même l'impossibilité d’une gastro-entérostomie, etc., ete. » (loc. cit., 74). Rosenheim (3) vante également ce procédé pour déterminer le siège dela tumeur, mais reconnaît qu'il peut induire en erreur; chez un malade de Rosenheïm sur qui l’insufflation avait permis de dia-
(1) CHAUFFARD. Gazette des hôpitaux, 1897, n° 82, (2) JAWORSKI. Wien. medic. Presse, 19 décembre 1897. (3) ROSENHEIM. Soc. méd. interne, Berlin, 4 juin 1894,