‹ La Cure Chirurgicale Du Cancer De L'EstomacChapitre 29 sur 129 · CHAPITRE XII Survie. Récidives · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII Survie. Récidives

Nous avons eu l’occasion à maintes reprises, au cours de ce travail, de parler des conditions opératoires favorables à la durée de la guérison, telles que l'absence de toute métastase viscérale ou ganglionnaire et la résection précoce et large du néoplasme. Ces conditions sont à juste raison considérées comme favorables, par analogie avec ce qui se passe dans la cure du carcinome d’organes plus accessibles. Mais quand il s’agit de soumettre la valeur de ces conditions en général et de chacune d'elles en particulier, au contrôle des faits, on se heurte à des difficultés actuellement insurmontables : telle tumeur que l’on a trouvée petite, mobile, bien limitée et dont la résection large inspire quelques espérances, a cependant déjà infecté les ganglions ou les viscères ; telle autre que semble accompagner un semis d’inoculations cancéreuses péritonéales et des ganglions tuméfiés laisse, après résection, un long répit à l’opéré. Il faut aussi, et en première ligne, tenir compte de la forme histologique du cancer et de sa malignité. On conçoit ce qu’a de complexe une pareille analyse. — En prenant la question en sens inverse et en étudiant les conditions opératoires des cas de longue survie, on arriverait peut-être, avec des observations suffisamment explicites, à quelque résultat appréciable.

De même, il eût été intéressant de comparer entre eux, au point de vue de leur valeur curative, les différents procédés de pylorectomie, Nos documents sont absolument insuffisants, particulièrement en ce qui concerne la résection pylorique avec gastro-entérostomie, et l’on sait que c'est à cette dernière méthode que l’on se plait, sans preuves, à attribuer le pouvoir thérapeutique le plus considérable. On en sera pour longtemps encore réduit aux hypothèses et aux discussions théoriques.

Il est plus facile de constater que, lorsqu'il survient une récidive, celle-ci se fait le plus souvent, dans les 2/3 des cas environ, dans l'estomac lui-même, mais provoque dans une proportion bien moindre de nouveaux symptômes de sténose; nous ne relevons que 7 ou 8 observations dans lesquelles l'apparition de ces signes ait rendu nécessaire une nouvelle intervention. Kocher estime à 18 mois la longueur de la survie des malades chez qui la récidive se fait dans l'estomac et à 2 ans celle des opérés dont le cancer récidive dans les ganglions.

Toute récidive doit être traitée comme la tumeur primitive ellemême et dans les mêmes conditions ; il ne faut abandonner le malade qu’autant qu'une nouvelle laparotomie a montré qu'on ne peut plus rien faire pour lui. Il n’est pas vraisemblable qu'on puisse souvent pratiquer une nouvelle résection; Sick (obs. 115) échoua dans une tentative de ce genre, fort téméraire il est'‘vrai. S'il y a des symptômes de sténose, la gastro-entérostomie, bien que grave chez de semblables malades, trouve son indication. En tout cas, faute de mieux, il reste encore la jéjunostomie,

L'utilité d'une nouvelle laparotomie est d'autant plus indéniable, que la sténose de la bouche anastomotique n'est pas toujours due à une récidive du cancer. Sans parler des observations anciennes de sténose cicatricielle du nouvel oritice (Kocher, 2 cas, 1886), nous retrouvons dans notre statistique 2 cas, l'un de Mayo Robson (obs. 107), l’autre de Jessop (obs. 122), où la sténose était due dans le premier à la rétraction fibreuse de l’anastomose, dans l’autre à de la péripylorite, sans qu'on püt nulle part trouver trace de cancer. Les deux malades moururent de la nouvelle intervention ; on n’en saurait conclure qu’il ne faut pas intervenir en pareil cas. « Tout cancéreux que nous ne perdons pas, est un individu sauvé d’une mort certaine » (Wäülfler).

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