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et la sous-muqueuse ne présentaient pas de changements no tables.
Nous connaissons deux autopsies chez l’homme, faites plus ou moins longtemps après la résection presque totale de l'estomac, ce sont les cas de Schuchardt et de Tuffer.
Schuchardt (obs. 133) (1)ne laissa que trois travers de doigt de paroi gastrique au niveau du cardia et sutura cette manchette gastrique au duodénum ; son malade étant mort plus de deux ans après de pleurésie cancéreuse, Schuchardt trouva à l'autopsie, un estomac revenu presque au volume normal, pouvant contenir 500 centimètres cubes de liquide ; l'examen histologique montra que cette dilatation s'était effectuée en grande partie aux dépens de ce qui restait de la portion cardiaque et pour une faible part aux dépens du duodénum.
M. Tuffier (obs. 138) (2) put constater, 2 mois après une large résection, que la grosse tubérosité de l’estomac s'était développée et tendait à refaire une petite cavité stomacale ; un ressaut qui séparait cette cavité du duodénum contribuait probablement à sa dilatation progressive.
On voit par ces exemples que tant qu’il reste une portion, même très petite, de paroi gastrique, cette portion est susceptible, surtout chez l’homme, de se développer au bout d’un temps plus ou moins long, tantôt pour constituer à elle seule un nouveau réservoir alimentaire, tantôt pour prendre la plus large part à sa formation. Il n’est donc pas indifférent de confondre les résections presque totales où il peut, au bout d’un temps variable, se reformer un estomac pourvu de sa musculature et de sa muqueuse particulières, avec les résections vraiment totales dans lesquelles il se forme probablement un nouveau réservoir, mais certainement jamais un nouvel estomac.
Les malades privés de la plus grande partie de leur estomac ne se comportent pas après l'opération d’une façon différente de ceux qui n’en ont plus du tout ; ils doivent également manger souvent et peu à la fois : l'opérée de Tuffier avait faim toutes les deux heures : mais elle étaitprise d’étouffements avec menace d’asphyxie dès qu’elle mangeait un peu trop. Cependant ces derniers sujets semblent arri-
(1) SoHUCHARDT. Centrabl. f. Chir., 1895, p. 82. — In ScAlatter, p. 758, et Congrès de la Société allemande de chirurgie, 1898. (2) TUFFIER. Bull. e6 mém. Soc. chir., Paris, 15 mars 1898, p. 249.
opte
ver plus vite que les autres à se nourrir comme des individus sains. Nous ne saurions dire, en raison du petit nombre d'observations, quelle est l'influence de la persistance ou de la suppression du cardia sur le vomissement, chez l'homme, après l’extirpation partielle ou totale de l'estomac; le fait essentiel c’est que dans l’un et l’autre cas les vomissements sont rares et ne gênent en rien une alimentation bien conduite. Nous rappellerons à ce sujet que le chien partiellement gastrectomisé par Cavallo et Pachon, présentait des vomissements tellement fréquents que l'alimentation fut très difficile et la survie compromise pendant les premiers temps; au contraire, le chat à qui les mêmes auteurs enlevèrent complètement l’estomac vomit à peine deux fois pendant les vingt-cinq premiers jours. : Bien qu'aucune analyse minutieuse des échanges nutritifs n’ait été faite chez l’homme en cas de résection très étendue, on peut, de ce
que nous savons déjà au sujet des résections totales, de la faible mortalité à la suite de la gastrectomie partielle très large et de la longue
survie de plusieurs sujets qui l’ont subie, conclure que ces échanges ne sont pas sensiblement altérés.
C’est d’ailleurs ce qui ressort nettement des recherches expérimentales sur le chien. Ludwig et Ogata purent constater que le chien de Czerny présentait au bout de cinq ans une digestion absolument normale ; dès le deuxième mois après la résection, ce chien mangeait comme tous les autres. Celui de Pachon et Carvallo, au bout de cinq mois, digérait toute sorte de nourriture ; il mastiquait longtemps ses aliments et vomissait souvent des matières qui, si elles étaient rendues plusieurs heures après leur ingestion, contenaient des acides organiques ; les albuminoïdes, les hydrates de carbone et les graisses étaient bien digérés.
De Filippi (1), examinant le chien de Monari, quelques mois après l'opération, ne découvrit aucune modification dans la digestion des aliments ; ce chien avait, comme les autres d’ailleurs, présenté dans les premiers temps des vomissements immédiatement aprèsles repas. Il faut également constater que tous ces chiens ont maigri de plusieurs centaines de grammes à plusieurs kilog., selon leur taille respective, pendant le premier mois qui suivit l'opération, pour revenir
() DE FiLrPpr, Deutsch. medic. Wochenseh., 1894, n° 40, 4 octobre, p. 780.