‹ La cure d'altitude [electronic resource]Chapitre 12 sur 101 · INFLUENCE DES ALTITUDES SUR LA VIE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES ALTITUDES SUR LA VIE

Action générale de l'altitude. — Un individu quille la plaine, il s'élève sur la monlagnc, il y demeure quelque lemps, puis il revient chez lui. De ce seul fait il se passe en lui une série d'actes toujours les mêmes. Il est certain que quelque chose se modifie dans la chimie et dans le fonctionnement intime de son économie.

Qu'il soit malade ou bien portant, qu'il vienne chercher la santé ou simplement la distraction et le plaisir, il nous fournira l'occasion d'observer sur lui les symptômes que nous allons maintenant décrire et qui ont été parfaitement mis en lumière par Veraguth. Ce praticien, qui exerce en Engadine, divise les phénomènes présentés par les résidents de l'altitude en trois périodes très nettement séparées :

1° Période de l'acclimatement;

2° Période de séjour;

3" Période de retour à la plaine.

Période d'acclimatement à la montagne. — Les symptômes de celte première période s'observent presque chez tout le monde, aussi bien chez les gens très robustes que chez les valétudinaires. Ils durent de huit à dix jours. On peut dire en général qu'ils se prolongent pendant la première semaine de séjour en montagne.

Le jour môme de l'arrivée, on éprouve comme des bouffées de chaleur. La face devient rouge, qu'il fasse froid ou qu'il fasse chaud : les lèvres sont lurgides, les conjonctives légèrement injectées. Ce n'est pas l'action du vent ou du froid qui produit cet effet, car il se manifeste même sur les parties recouvertes de vêlements.

En même temps la peau brûle, démange au point que certains malades passent la nuit à se gratter sans arrêt et accusent souvent bien à tort les puces, qui sont rares aux altitudes, et les punaises, qui y sont totalement inconnues. On recommande en général de se tenir dans les premiers jours loin du vent, à l'abri du soleil, pour éviter ces petits inconvénients, mais on n'arrive guère qu'à les atténuer.

Le second symptôme est l'insomnie. Il est moins général, il manque chez les touristes qui, voyageant à pied, arrivent très fatigués au gîte et dorment à poings fermés. Mais il est très commun chez les anémiques et surtout chez les neurasthéniques qui composent la grande clientèle des stations alpines. Heureusement il est transitoire et, après deux ou trois nuits médiocres, tout s'arrange. Il n'en est malheureusement pas toujours ainsi, il n'y a pas de médecins alpins qui n'aient observé des gens qui ne peuvent fermer l'œil à la montagne et qui ne les aient renvoyés à la plaine, en désespoir de les voir se rétablir... On est quelquefois obligé d'en venir là, mais il vaut mieux essayer quelque temps du bromure de potassium ou du chloral; puis, si on ne réussit pas, on a encore la ressource de renvoyer le malade dans une station plus basse.

Les palpitations et la dyspnée sont le troisième phénomène que l'on observe à l'altitude et qui inquiète le plus les arrivants. On ne les constate d'ailleurs que chez les nerveux qui en demeurent d'autant plus effrayés que ces symptômes augmentent en général la nuit et surtout dans le décubitus dorsal. Joints aux démangeaisons et à l'insomnie, ils rendent quelquefois les premiers jours passés à la montagne très pénibles. Disons de suite que ce sont là des ennuis tout à fait temporaires.

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