‹ La cure d'altitude [electronic resource]Chapitre 23 sur 101 · ZUR · texte numérisé non relu

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Fig. 23. — Courbe montrant les variations subites du nombre des erythrocytes concordant avec celles de l'altitude.

le premier il nous montre la soudaineté de l'hyperglobulie sous l'intlaence d'une diminution de pression. Il nous apprend que ce qui paraît tout d'abord c'est une nuée de microcytes, encore non imprégnés d'hémoglobine, cette liémoglobine ne venant les compléter et leur donner un rôle physiologique utile qu'au bout d'un certain temps de séjour et quand la phase d'acclimatement est terminée.

L'auteur se demande ensuite avec Viault et Egger si l'hyperoxyémie est définitivement acquise et, comme les autres auteurs, il conclut par la négative; la descente à la plaine ramène les globules au chiffre normal au moins chez les gens

LA CL'RE d'altitude

bien porlants. Le fait est rendu évident par une circonstance tout à fait probante. Mercier quitte Arosa où il était depuis neuf mois, il vient passer huit jours à Zurich. Dans ce seul temps, ses globules retombent aux environs de la normale, il remonte à Arosa et, une semaine après, les globules sont revenus à leur chiffre exagéré.

C'est ce qu'exprime la courbe ci-dessus empruntée à son mémoire (fig. 2o).

Nous aurons, comme je l'ai déjà dit, à examiner la question de savoir si ce fait exclut toute influence de l'hématopoièse dans la cure d'allilude.

Travaux de Miescher. — En suivant l'ordre chronologique, les recherches de Mercier ont été suivies de celles de Miescher, professeur à Bàle, qui datent de 1893. Cet observateur s'est surtout attaché à savoir si les grandes altitudes étaient nécessaires pour la réaction hématopoiétique et si celle-ci ne se faisait pas sentir dès les altitudes moyennes. Nous allons, comme pour les expérimentateurs dont nous venons de parler, lui donner la parole et le laisser exposer lui-même ses résultats.

« Quand M. Egger a publié les résultats de ses recherches, je me suis posé une question qui me paraît d'une grande importance : à quel point pourrait-on constater les mêmes faits sur les hauteurs plus petites? Il serait curieux et d'une grande valeur pour la physiologie de connaître la limite de l'excitation de cette singulière réaction. Je fus donc très content, quand trois étudiants en médecine, MM. Karcher, Suter et Veillon, se sont présentés pour faire sous ma direction les premières recherches dans cette voie. M. Karcher employa ses vacances à Champéry (Valais, 1052 mètres) pour compter les corpuscules sanguins. M. Suter, remplaçant le docteur de la station de Bad Serneus (950 m.), se livra à des recherches semblables, qu'il étendit aussi à l'hémoglobine. Tous les deux ont fait leurs expériences sur des hommes et des lapins. M. Veillon travaillait avec M. Suter, mais, plus tard, il fit seul une expérience à Langenbruck (700 mètres) avec six lapins, que M. le D'' Christ a

ACCLIMATEMENT A L ALTITCDE

l)ien voulu loger dans sa maison. On prenait chez les hommes le sang des doigts, chez les animaux celui des artères; pour pouvoir observer les moindres changements, on devait employer une méthode très minutieuse. Je me suis permis d'exposer graphiquement les résultats obtenus.

« Il y a 14 observations pour Serneus et Ciiampéry, 1 sur des personnes des deux sexes et 1 sur des lapins. Toutes

la.

Ser,

ûlobules

Hènuiglobijifi-

Fig. 20. — Expérience faile sur des lapins à Bàle, ii Serneus, reprise encore à liàlc el montrant les variations du nombre des globules et de la richesse du snnc en hémoglobine.

donnèrent des résultats positifs. Dans tous les cas, l'erreur possible a été dépassée de beaucoup. La notable augmentation disparaissait visiblement au retour dans la plaine (Bàle).

Hommes. Lapins.

Maximum. 18,0 dans 27 jours. 10,1 dans 16 jours.

Mioimum. 5,4 — 8 — 0,4 — 28 —

Moyenne.. 9,3 — 20 — 8,3 — 21 —

Hommes. Lapins.

Maximum. 23,2 dtins 16 jours. 28,9 dans 12 jours.

Minimum. 13,8 — 13 — 19,5 — 31 —

Moyenne.. 19,3 — 14,3 24,7 — 16 —

« M. Karcher a obtenu une aug-mentalion à Champéry de 15 p. iOO. Il arrivait souvent chez les hommes, comme chez les lapins, que le maximum était suivie d'une petite diminution.

« Les expériences sur l'hémoglobine faites à Serneus montrent sans exceptions des nui^mentations visibles. Chez deux personnes une ausmenlalion de 17 à 28 p. 100. Chez les lapins 18 à 29 p. 100, en moyenne 24 p. 100. Le maximum des corpuscules sanguins apparaît en même temps que celui de l'hé-

Time.

Globules

UéTJhO^lohù

Sept.

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. — rirapliique inontranl les variations des érythrocyles et de l'iiémoglobine chez l'homme en fonction de l'altitude. (Expériences de Serneus.)

moglobine. L'augmentation a lieu immédiatement, à l'exception d'un seul cas. Il est à remarquer que les chiffres de Serneus dépassent ceux de Champéry, qui est pourtant plus haut de 60 mètres. L'alimentation était presque la même qu'à Bâle. Un lapin né à Serneus avait 6 900 000 corpuscules sanguins par millimètre cube, 3 millions de plus que le maximum chez les animaux nés à Bàle. On l'a transporté à Bâle et, après trois semaines, le nombre diminua de 2 millions.

« Les observations à Langenbriick n'ont pas malheureusement réussi aussi bien que les précédentes. On a trouvé chez quatre, sur six animaux, des augmentations sensibles de 2, 6

ACCLIMATEMENT A L'ALTITUDE

à 7, 7 p. 100 ; moyenne = 5, 4 p. 100. Les deux autres et un de ces quatre-là tombèrent malades et moururent. Chez les autres, l'augmentation acquise à Langenbruck disparut à Bàle.

« M. Suter a observé quatre lapins, et les résultats qu'il a obtenus nous montrent une influence incontestable de la pression de l'air sur le sang. Cette influence s'est justement manifestée entre le 30 septembre et le 5 octobre, dans deux cas, par une augmentation de globules sanguins, et chez deux animaux par un arrêt momentané ou au moins par un ralentissement de la diminution des corpuscules sanguins.

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