PROCKDÉS DE LA CURE D'ALTITUDE
il y a des années terribles : 1888 et 1896 sont célèbres. Il neigeait en août et il pleuvait tous les jours. Toutes les fois qu'on le pourra, on restera en septembre. Ce mois est admirable, frais et ensoleillé. Je crois bien que c'est l'ouverture de la chasse qui fait qu'à ce moment tant de gens s'en vont qui gagneraient à rester.
Durée du séjour. — Il n'y a pas de durée fixe pour le séjour aux altitudes. On doit y rester tant qu'on peut et y revenir. Il s'est établi chez nous un usage singulier, c'est la saison de vingt et un jours. Elle doit tenir aux habitudes familiales et administratives des Français. On demande un mois de congé pour aller aux eaux. Il faut bien compter qu'une semaine sera dépensée par le voyage aller et retour et les préparatifs (surtout à l'époque où le trajet se faisait en diligence) : il reste vingt et un jours pour le traitement.
Certains malades ont transporté jusque dans les cures hygiéniques celte vieille coutume des cures minérales. J'ai vu des gens qui venaient faire de l'hydrothérapie pendant vingt et un jours; j'en ai connu qui venaient à l'altitude avec le chiffre de 21 bien fixé dans le cerveau.
C'est tout à fait insuffisant, c'est môme inutile. Il se fera bien une hypercylhémie passagère, mais elle ne servira en rien au renouvellement organique de l'individu. Il faut rester longtemps. Il faut prendre l'habitude de passer tous les ans son temps de loisir là comme on le passerait à la mer ou à la campagne : on peut, bien entendu, varier les localités. J'ai connu des gens qui s'ennuyaient la première année et qui étaient pris dans la suite d'un véritable amour de la nature alpestre : leur moral s'était perfectionné en même temps que leur physique.
La cure de lumière, dite cure de Rikli. — Pour être complet, je dois dire un mot d'une pratique qui vient de naître récemment en Autriche, et dans laquelle je n'ai pas, je l'avoue, à priori, une confiance extrême. Je ne l'ai pas vu employer, je ne connais personne qui l'ait suivie : c'est pourquoi j'aime mieux emprunter à Lagrange la description qu'il en donne.
LA r.t HF. d'altitude
description pittoresque et bien présentée. J'ai néanmoins peur qu'elle n'entraîne pas beaucoup de Français, ni surtout de Françaises, à l'Institut de Trieste.
« Nous ne pouvons terminer cette étude, dit Lagrange, sans parler d'un mode d'application de la cure d'altitude, dont les succès ont fait un certain bruit, bien qu'il représente une métbode un peu en dehors des usages de la médecine courante, et qu'il semble l'antipode du système de précautions et de restrictions du sanatorium fermé. C'est la cure dite de lumière, imaginée par Rikli, empirique d'une grande valeur, l'un des représentants les plus en vue de ce que les Allemands appellent le Iraitemenl naiiirel. Rikli, qui jouit dans l'Allemagne du Sud et l'Autriche d'une réputation aussi étendue que l'abbé Kneipp, a installé dans les montagnes de la Carniole, non loin de Trieste, une station oîi, sous cette rubrique de « cure de lumière », les malades sont soumis à l'ensemble de tous les agents modificateurs de l'air des montagnes. Nous avons dit qu'un des facteurs essentiels de l'etTet curatif des altitudes était la lumière. C'est donc sur le sommet d'une montagne que Rikli a installé son « Institut », a(ni d'y trouver dans son maximum d'intensité l'agent thérapeutique dont il recherche l'action.
« Ce système, qui est d'une hardiesse un peu excentrique, ainsi qu'on va le voir, recherche l'effet de la radiation lumineuse de l'air non seulement sur la rétine, mais encore sur la surface cutanée de tout le corps. Aussi la pratique fondamentale de la cure consiste-t-elle dans l'exposition du corps absolument nu à la lumière du jour et, du même coup, à toutes les intempéries de l'air. Les malades doivent passer la plus grande partie de la journée dans un élat de nudité complète et arrivent peu à peu, grâce à une accoutumance progressive, à supporter sans aucune protection ni abri toutes les variations atmosphériques, les ardeurs du soleil, les averses de pluie, les coups de vent, etc. Il faut dire que le sanatorium de Rikli n'est ouvert qu'en mai et ferme en octobre, ce qui rend possibles ces curieuses pratiques d' « endurcissement ».