PKOCIÎDÉS DE LA CURE D'ALTITUDE
« Le sanatorium de Rikli est situé à une altitude modérée (800 m.), et le site a été choisi de manière à obtenir une vue très étendue et une lumière très intense. Un immense parc séparé en deux parties par une haute muraille permet aux hommes et aux femmes de faire leur traitement côte à côte sans se voir. Outre certaines autres pratiques hygiéniques de régime alimentaire et de balnéation, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, le traitement a donc pour base l'exposition du corps nu à l'air lumineux de la montagne, et les résultats de ce traitement sont merveilleux, s'il faut en croire les malades mêmes qui en ont ressenti les effets.
« Si on veut ne pas s'arrêter au côté excentrique de la cure de lumière ainsi comprise, et passer par-dessus ce qu'a de choquant pour nos habitudes ce traitement tant soit peu sauvage, il est aisé de comprendre que ses effets puissent se traduire par une modification profonde et utile du système nerveux et de la nutrition. Ce n'est plus là évidemment une « cure d'altitude », bien qu'elle se fasse en montagne et que les agents thérapeutiques utilisés par elle empruntent à l'altitude même un surcroît d'action. Dans cette forme de traitement, en réalité très complexe, on retrouve à la fois, outre le « bain de lumière », le « bain d'air » et le « bain de soleil », sans compter la douche froide les jours de pluie. Il faut compter de plus avec l'action de l'air vif, raréfié et ozonisé, sur la respiration; il faut compter surtout avec cette sorte d'éducation des centres nerveux qui diminue l'impressionnabilité de tous les organes et crée le remarquable état d'endurance, d'immunité pour les variations atmosphériques, que les hygiénistes empiriques ont si bien nommé endurcissement.
« La cure de lumière de Rikli faite en montagne représente avant tout une puissante gymnastique de la peau, dont les variations du temps permettent de varier les formes, de manière à faire fonctionner à tour de rôle les divers appareils cutanés : appareils nerveux, sécréteur et vaso-moteur. Au grand soleil, le malade, couché sur le sol bien sec ou sur une
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plaie-forme en planches, laisse son corps exposé aux rayons les plus ardents de juillet ou d'août, pondant un temps qui varie, suivant son état d'accoutumance, de quinze minutes à une heure, mais il a soin, pendant toute la durée de ce « bain de soleil », de garantir sa tête sous l'abri d'un parasol ou d'une guérite en osier. Une sudation abondante est la conséquence de cette insolation prolongée — et aussi parfois une inflammation superficielle de la peau quand le sujet ne s'est pas progressivement cuirassé contre les morsures du soleil de montagne. — Quand il pleut à torrents, le sujet peut à son gré subir la pluie ou s'abriter sous un kiosque quand cette douche naturelle a suffisamment duré. Le vent, quand il n'est pas d'une extrême violence, vient encore jouer le rôle d'un utile stimulant des nerfs cutanés, dont l'action vaut, et au delà, celle d'un massage ou d'une énergi(pi(; fiiclioii. Enfin, même dans les endroits abrités, la brise de montagne se fait toujours sentir avec une intensité suffisante pour exciter la peau nue, vaste surface sensitive où prennent leur point de départ tant de réflexes utiles au fonctionnement des organes éloignés.
« Si l'on joint à tant de causes d'excitation des centres nerveux l'influence de la lumière intense qui inonde l'espace ambiant et favorise si puissamment les échanges nutritifs; si l'on y ajoute enfin l'action spéciale qu'exerce l'air vif et raréfié des hauteurs sur la fonction respiratoire pour en augmenter l'énergie, on verra qu'en lin de compte l'organisme humain se trouve soumis dans la cure dite « de lumière », aux plus puissantes causes d'excitation qui puissent stimuler un organisme paresseux et activer des fonctions « ralenties ». Aussi est-ce seulement dans les cas où nul organe n'est atteint d'une lésion confirmée qu'un tel traitement peut s'appliquer sans danger. Mais, ce qu'on ne saurait nier, c'est qu'un grand nombre de sujets à organes parfaitement sains et à nutrition simplement « ralentie », sont trop souvent soumis par la médecine courante à une hygiène de repos et de précautions excessives, qui aboutit à éterniser leurs malaises en « inhi-