‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 14 sur 41 · MODALITÉS DIVERSES DE LA RÉTENTION DES CHLORURES · texte numérisé non relu

MODALITÉS DIVERSES DE LA RÉTENTION DES CHLORURES

tiennent une des premières places parmi les causes accessoires qui aident au développement de l'hydratation. Ainsi, la station horizontale est souvent un adjuvant indispensable de la cure de déchloruration. Le rôle de la station debout prolongée ou d’une marche forcée ressort nettement d’un certain nombre d’observations.

Chez plusieurs brightiques nous avons vu l’œdème se développer pour la première fois après une marche forcée (1). L’œdème des chemineaux ne doit être le plus souvent qu un symptôme avant-coureur, développé au cours d’une affection cardiaque ou rénale latente et difficile encore à dépister.

Nous avons observé encore un œdème très marqué des membres inférieurs développé pour la première fois chez un jeune homme de vingt-quatre ans venu à pied de Lyon à Paris. Le repos au lit et le régime déchloruré amenèrent en sept jours la disparition des infiltrations et une chute de poids de 5 kilogrammes avec polyurie et polychlorurie correspondante, Cejeunehomme, toujours bien portant jusque-là, n’avait jamais souffert du moindre malaise et avait même suivi à pied, l’année d’avant, les manœuvres de l’Est, sans jamais avoir constaté la moindre trace d’œdème. Une auscultation attentive du cœur permit de déceler un redoublement très peu marqué du premier temps.

Chez les brightiques œdémateux, les courbes de la chloruration et de l’hydralation oscillent dans le même sens.

La chloruration des humeurs de l’organisme est, à peu près, celle du sérum ; elle varie entre 5E"',50 et 6 grammes p. 1000 environ. C’est dans cette proportion que chez certains malades les chlorures fixent l’eau dans les tissus infiltrés; en ce cas les deux courbes suivent une direction rigoureusement parallèle.

Ainsi, le malade cité plus haut, qui en dix-sept jours avait perdu 28kE,500 de son eau d’hydratation et 171 grammes de chlorure de sodium, avait dû, au préalable, doubler son hydratation et sa chloruration normale, si l’on admet avec Beaunis que le corps humain contient 200 grammes de chlorures environ. Pour G grammes de chlorures retenus, ce malade avait accumulé un litre d eau dans ses tissus ; la proportion était donc normale.

(1) F. Widal, Les régimes décldorurés ( ftappor / au VIII'' Couards français de médecine , Liège, 190e).

Chez certains malades, bien <|ue la chloruration et l’hydratation oscillent toujours dans le même sens, on observe cependant un défaut de concordance entre le taux de l’hydratation et le degré de la rétention des chlorures. La quantité de chlorures et d’eau retenue peut même varier chez le même sujet aux diverses phases de la maladie. Ainsi chez un malade dont nous avons publié l’observation, une hydratation de 5 700 grammes correspondait à une rétention de 53 grammes de sel, tandis que quelques jours après une hydratation de 2 100 grammes correspondait à une chloruration de 39 grammes.

René Marie (1) a rapporté l’observation d'un cardiaque qui, pour une rétention de 158 grammes de sel, n’avait retenu que 7 800 grammes d’eau, ce qui faisait une rétention au taux de 20 p. 1000. Il est extraordinaire de voir l'hydratation se faire à un taux aussi concentré.

J. Courmont et Genet (2) ont rapporté des observations où l’on voit une concordance parfaite entre le poids et la quantité des chlorures éliminés, sans que le rapport soit aussi régulier entre le poids et la quantité d’urines éliminée.

rétentions sèches. — Bien que les malades atteints de néphrite interstitielle puissent à certains moments faire des œdèmes sous l’influence de la rétention des chlorures, le sel ingéré, comme nous l’avons montré avec Lemierre (3), provoque, chez certains d’entre eux, moins facilement l’hydratation que chez les sujets- atteints de néphrite à prédominance épithéliale. On peut ainsi observer des variations dans la modalité de la rétention chez certains brightiques interstitiels.

J. Teissier et Paul Courmont (4) ont rapporté en détail l'observation d’un brightique atteint de néphrite interstitielle,

(1) René Marie, La rétention des chlorures dans scs rapports avec l'oedème (C. II. de la Soc. de Biol., 1903, p. 1321).

(2) J. Courmont et Genet, Importance de la pesée journalière des malades en puissance d’anasarque. Pouvoir déchlorurant de la digitale et de la Ihéobrbmlne chez les cardiaques et chez les brightiques (Bail, et, viérn. de kl Soc. inéd. des hop,, 1905, p. 816).

(3) W id al. et Lemierre, loc. cil.

(4) ,j. Teissier et Paul Courmont, Élimination des chlorures el ronchonnement rénal dans un cas de néphrite inslcrstitielle (diabète insipide hyperchlorurique) (Bull, et mcm. de la Soc. méd des hôp., 1903, p. 443),

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