‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 15 sur 41 · RÉTENTIONS SÈCHES · texte numérisé non relu

RÉTENTIONS SÈCHES

avec polydi[>sie, polyurie et polychloruric ; ils ont proposé de donner à ce syndromCle nom de diabète insipide hyperchlorurique. Malgré la grande quantité de liquide ingéré, la déshydratai ion chez ce malade était telle qu’on assisla à un véritable désséchementde l'organisme. On observait, par suite de cette exagération de l’excrétion chlorurée, une déshydratation analogue à celle que l’on obtient chez les malades soumis à la déchloruration alimentaire artificielle.

Ambard et Beaujard (1), tout en admettant que la rétention du chlorure de sodium est l’élément indispensable à la formation de l’œdème brightique, se sont demandé s’il ne saurait y avoir de rétention chlorurée sans hydratation des tissus, en d'autres termes, s’il n’y aurait pas de « rétention scche ». Ils ont relaté des faits de néphrite interstitielle, où le poids du malade, soumis au régime fixe, restait à peu près invariable malgré une forte déchloruration attestée par le bilan des chlorures. Ils ont montré que dans les néphrites interstitielles, l’épreuve de choix de la perméabilité rénale était non pas l’épreuve de la chloruration alimentaire, mais la cure de déchloruration telle que nous l’avons préconisée.

Un de leurs malades, soumis au régime achloruré, éliminait en treize jours 49gr,70 de chlorures de plus qu’il n’en absorbait et son poids pendant ce temps restait presque invariable.

Chez un second patient, ils ont pu réaliser un phénomène inverse, « avoir une chloruration de 50 grammes sans augmentation notable de poids » .

Ces auteurs ont encore vu, après une période de déchloruration, certains interstitiels retenir une certaine quantité de chlorures, 15e1’, 20 ou 30 grammes par exemple, puis, à partir de ce moment, éliminer exactement tout le sel ingéré et même, à certains jours, faire de petites décharges, pour réaliser le lendemain de toutes petites rétentions ; suivant leur expression, le sel est alors éliminé par regorgement.

L'un de nous a vu récemment un brightique interstitiel très infiltré qui, sous l’influence du régime sans sel, commença par se déchlorurer et se déshydrater proportionnellement à l’excès de sel éliminé. Après être descendu et après avoir suivi

(1) L. Ambard et Beaujard, La rétention chlorurée sèche {Semaine mcd., 1905, p. 133). — L. Ambard, Rétention chlorurée Hans les néphrites interstitielles, Thèse de Paris, 1905.

Widal ot Javal. — Cure de déchloruration.

une série d’oscillations variables suivant la chloruration du régime, le poids s’était à peu près immobilisé et le malade, tout en conservant au niveau des membres inférieurs un reliquat d’œdème, continuait cependant à se déchlorurcr, il perdait par les urines plus de chlorures qu'il n’en absorbait et la quantité de sel ainsi éliminé en excès variait suivant les jours. Grimer (1)] a rapporté des faits confirmatifs de rétention chlorurée sèche.

Pour expliquer cette sursaturation des tissus en chlorures dans certains cas de néphrite interstitielle, Ambard et BeaTijard, se basant sur ce fait que l’ensemble des tissus chez un animal présente normalement des concentrations en cristalloïdes très considérables par rapport à la concentration du sérum normal, pensent que les organes peuvent, à l’état pathologique, contracter encore une légère surcharge.

Rappelons que, pour A. Gautier, une certaine quantité de chlorures peuvent se combiner à des albuminoïdes plus ou moins transformés et que J. Teissier (2) s’est demandé si, précisément chez les brightiques, une partie des chlorures retenus dans l’organisme ne se trouvait pas combinée avec les albuminoïdes. Pigache (3), s’appuyant sur des expériences de dialyse faites in vitro, a soutenu récemment que le chlorure de sodium forme avec les albumines des tissus des combinaisons plus ou moins stables et que les albumines altérées par les toxines possèdent le pouvoir de s’associer plus intimement au chlorure de sodium. De telles combinaisons pourraient, à notre avis, nous aider à comprendre la genèse de certaines rétentions sèches. C’est là une question qui mérite toute l’attention des chercheurs.

LES TROUBLES DE RÉSORPTION DES ŒDÈMES. — Au moment de la résorption des œdèmes, on observe parfois, et tout a fait exceptionnellement d’ailleurs, des troubles qui ont fait l’objet d’interprétations diverses.

(1) Giujneu, L’influence du chlorure de sodium sur les hydropisics des enfants (Soc. cle méd. inl. de Vienne, 15 février 1906).

(2) J. Teissieiu Valeur séméiologique et pronostique de la chloruric spontanée ou provoquée dans les néphrites (Soc. méd. îles hôp. de Li/on, 1903, p, 471).

(3) R. Pigache, Essai sur la pathogénie chimique de l’oedème, Th. do Lyon, 1903i

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