‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 16 sur 41 · LES TROUBLES DE RÉSORPTION DES ŒDÈMES · texte numérisé non relu

LES TROUBLES DE RÉSORPTION DES ŒDÈMES

Signalés d’abord par Rilliet, Andral (1), Monod (2), Bartels (3), étudiés plus récemment par Eichhorst (i) et par Kostkervitcli (o), ils ont fait l’objet de discussions à la Société médicale des hôpitaux à propos d’observations publiées par Merklen et lleitz (6) et par llirtz et Lemaire (7).

Ces troubles, variables d’un sujet à l’autre, sont caractérisés suivant les cas par des crises convulsives, par du délire, par du coma, par de la torpeur cérébrale avec respiration de Cheync-Stokes, parfois même par une dyspnée intense relevant de l'oedème pulmonaire.

Ces accidents ne sont qu’exceptionnellement mortels et se terminent presque toujours parla guérison ; ils ont une durée variant de quelques jours à quelques semaines. Andral avait exagéré la gravité du pronostic de la crise cérébrale des œdèmes, comme l’appellent Merklen et lleitz. Ces troubles ne s’observent guère que chez les malades soumis à l'action des médicaments actifs, tels que la digitale chez les cardiaques ou la théobromine chez les brightiques, et presque toujours ils suivent la résorption massive des œdèmes. Bouverct. (8) les a constatés en pleine polyurie consécutive à une fonte rapide des bydropisies. C’est après la polyurie et la résorption rapide des œdèmes que llirtz et Lemaire ont vu chez un malade apparaître des phénomènes éclamptiques et délirants.

(1) Andral, Clinique médicale, 4° édit., 1840, t. III, p. 101 et suiv.

(2) Louis Monod, De l'encéphalopathie albuminurique aiguë, Th. de Paris, 1868.

(3) Bartels, Les maladies des reins, Trad. française, 1884, p. 132.

(4) Eichhorst, Délires toxiques dans les maladies du cœur ( Deutsche med. Wochensc/u'., 28 juin 1898).

(5) Kostkervitch, Des phénomènes toxiques qui surviennent pendant le développement et la résorption des hydropisies cardiaques ( Rousslcy Vrnlcli , 1903, n° 00).

(G) Pierre Merklen et .1. Heitz, Dos accidents cérébraux qui surviennent au cours de la résorption de certains œdèmes {Hall. et. mém. de. la Soc. méd. des hôp., 1904, p. 26).

(7) Ed. IIirtz et Lemaire, Résorption rapide des œdèmes. Polyurie et

accidents cérébraux (Bull, et mém. de la Soc. méd. des hûn 1904 p. 609). 1 2 3 4 5 * 7 8

(8) Bouveret, Néphrite aiguë, rapide résorption des œdèmes avec éclampsie (Lyon médical, 21 février 1904).

Nous avons rigoureusement suivi la marche des œdèmes chez de nombreux malades, et, chez deux d’entre eux seulement traités par la théocine ou la théobromine, nous avons observé des troubles nerveux ou pulmonaires consécutifs à une déshydratation excessive. L’un d’eux eut de la dyspnée avec crachats hémoptoïques après avoir perdu en deux jours, sous l’influence de la théocine, 4kB,700 de son eau d’hydratation. Une malade de Beco (1) soumise au régime déchloruré, perdit, en vingt-quatre heures, sousrinfluencede0Br,90 detliéocine, Glsr,90 de chlorure urinaire et 8kB,075 de son poids. Une malade entrée dans notre service avec une anasarque énorme, perdit en huit jours 11 kilogrammes de son poids sous l’influence de la théobromine ajoutée au régime hypochloruré. Pendant les quatre premiers jours de cette déshydratation, elle avait déjà perdu 7 kilogrammes et du troisième au quatrième jour, dans l’espace de vingt-quatre heures, son poids était tombé de 4kB,G00. C’est de beaucoup la plus forte des déshydratations que nous ayons constatée dans un nychtémère. Ce jour-là pour un régime ne contenant que lBr,50 de sel, cette malade avait perdu 27e‘,G4 de chlorures.

Au cours de celte énorme déshydratation nous avons vu persister les crachats hémoptoïques et la dyspnée dont cetle malade souffrait à son entrée; nous avons vu s’installer de plus de la céphalée, du délire avec fatigue et forte courbature. Cette sensation de fatigue, nous l’avons constatée chez plusieurs malades après une forte déshydratation obtenue sous l’influence des diurétiques.

Ces désordres assez rares, nous le répétons, ne s’observent pas en général, chez des malades qui, soumis à la seule action d’un régime déchloruré, n’éprouvent que de l’euphorie sous l’influence de la déshydratation mesurée et progressive occasionnée par une telle diététique.

On a émis, pour expliquer ces divers troubles, les hypothèses les plus disparates. Pour Merklen et Heitz, il s’agirait d’une sorte de déplacement des chlorures retenus. Le sel abandonnant les tissus pour passer dans le sang ne s’éliminerait pas assez vile par le rein et viendrait à nouveau infiltrer

(1) Beco, Le régime déchloruré ( Rapport au VIIIe conr/i'ès français de médecine, Liège, 1005, p. 29S).

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