COMPOSITION DES RÉGIMES DÉCHLORURÉS
qui fait très bien oublier l’absence clc sel. On compose ainsi des sauces béarnaises, hollandaises et mousselines qui constituent, pour absorber les ■viandes, les poissons et certains légumes, un régal que l’on peut permettre aux malades, à condition qu’ils en fassent un usage discret.
On prépare assez facilement des soupes maigres aux légumes, que l’on peut additionner d’une petite quantité de pâtes telles que tapioca ou vermicelle.
Le bouillon contient jusqu’à 10, 12 et 15 grammes de chlorure de sodium par litre. C’est avant tout une véritable solution de sel et c’est à sa forte chloruration que sont dus les accidents immédiats observés depuis longtemps à la suite de son usage chez certains brightiques ou chez certains cardiaques. Privé de sel, il est d’un goût inacceptable et en ne le faisant pas entrer dans le régime, on a d’autant moins à perdre, qu’il est pour ainsi dire dépourvu de valeur alimentaire.
Les sucreries, les pâtisseries sans sel, tous les fruits crus sans exception, en compote ou en confiture, peuvent être donnés largement.
Le chocolat est un excellent aliment, d’autant plus qu’il contient, d’après A. Gautier, de Or,',67 à ltT,93 de théobromine pour 100 grammes de son poids.
Les malades éprouvent toujours au début une certaine difficulté à s’habituer à la fadeur du régime déchloruré. Il est donc important de leur indiquer (pie les autres épices ne sont pas contraires au régime. A ce point de vue, le poivre, le vinaigre, le citron peuvent leur rendre de précieux services, de même que certains aliments à goût fort comme le céleri et le cresson. L’accoutumance au régime se produit au bout d’un temps variable suivant les individus. Après quinze jours elle se manifeste toujours très nettement et il est très exceptionnel qu’après trois mois, les malades ne déclarent pas que le régime leur est devenu complètement indifférent et ne les gène en rien. Ils en sont toujours eux-mêmes les premiers surpris.
Comme boisson, il faut assurer à son malade l’absorption quotidienne d’un litre et demi à deux litres environ. On peut rcmplacerl’eau ordinaire par les diverses eaux minérales qui ne contiennent par litre que quelques centigrammes de chlorures.