‹ La cure de déchloruration dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydropigènesChapitre 5 sur 41 · II. — ROLE DU SEL DANS L'ORGANISME · texte numérisé non relu

II. — ROLE DU SEL DANS L'ORGANISME

Avant de parler du régime de restriction du sel, quelques questions préjudicielles se présentent tout naturellement à l’esprit. Nous devons nous demander quel est le rôle du chlorurede sodium dans l’organisme, comment nous l’empruntons au monde extérieur, comment nous l’absorbons, comment nous l’éliminons et quelles sont les quantités qui nous en sont indispensables.

Corps nécessaire à la vie, le chlorure de sodium, par le jeu de ses molécules, qui sans cesse traversent les membranes vivantes, préside aux échanges et assure l’équilibre osmotique des humeurs. Winter a montré que si la pression osmotique des milieux de l’organisme est maintenue à peu près fixe malgré toute la série des actes physiologiques qui tendent constamment à la modifier, c’est grâce au chlorure de sodium qui va combler tous les vides moléculaires.

Les expériences de Lesné et Ch. Richet fils (1) ont montré que le chlorure de sodium exerce dans l’organisme une action protectrice, en diminuant la toxicité des poisons, comme il amoindrit l’action thérapeutique de certains médicaments.

le sel dans les tissus. — Le chlorure de sodium est de toutes les substances dissoutes celle qui est de beaucoup la plus répandue dans la nature ; il suffit pour s’en convaincre de rappeler que les océans en renferment l’importante proportion de 25 à 40 grammes p. 1000,, suivant les régions. Les tissus des animaux et des végétaux, et par conséquent tous nos aliments en contiennent toujours une certaine proportion (2).

(1) Lesné et Ch. Richet lits, Des effets antitoxiques de l’hyperchloruraiion (C. R. de la Soc. de Biol., 1903, p. 371).

(2) Sauf pour le lait, la quantité de chlorure dé potassium contenue dans les humeurs et les tissus est. en général, assez petite par rapport à celle du chlorure de sodium. De plus, ces deux corps ont chimiquement et biologiquement des propriétés à peu prés identiques, et leur différenciation serait souvent extrêmement difficile. Aussi, dans'lesana-

ROLE DU SEL DANS L’ORGANISME

Toutes les particules (le notre organisme baignent dans deshumeurs salées et l’on sait que la solution de sel à 9 p. 1000 est inoffensive pour les plus délicats de nos éléments anatomiques, qui sont adaptés à ce contact.

Dastre (1) a montré que chez certains animaux saignés à blanc, la vie peut être entretenue pendant quelque temps, si l’on remplace le sang par cette solution salée appelée, à cause de ses propriétés, la solution physiologique. « Sans doute, dit-ilr ce n’est pas une liqueur généreuse, les particules vivantes élémentaires n’y trouvent point de quoi se ravitailler et s’entretenir et elles n’y peuvent vivre qu’autant que durent leurs propres ressources; au moins n’ont-elles pas à en souffrir. »

L’atmosphère de chlorure de sodium dans laquelle la matière vivante se complaît au sein de notre organisme évoquerait, d’après la théorie de Quinton (2), le souvenir des

lyses, confondons-nous dans un même chiffre la somme du chlorure de sodium et du chlorure de potassium. Voici quelques chiffres indiquant la teneur en chlorure de sodium par litre, de quelques humeurs de l’organisme.

Sérum sanguin (d’après les divers auteurs) 5 à G, 75-

Lymphe ( — Gubler et Guebenne) 6,4

Liquide céphalo-rachidien ( — AVidal et Sicard) 5,40 à 7,20

— — ( — Achard.LœperelLaubry). 5,25 à 6,75-

— — ( — Nobécourt et Voisin) 7 à 8

Bile ( — Frerichs) 2 à 2,50-

( — Jacobsen) 5,50

Lait de femme ( — Filol et Joly) 1,35

Voici, d’après Langlois et Richet (Journ. depkysiol., t. II, 1900, p. 742), la quantité moyenne de chlore contenue dans 1000 grammes d’organes r

Cerveau humain 1,98

Muscle du chien 1,54

Rein — 2, ,1

Foie — 1>98

Dans leurs analyses des divers tissus, les auteurs ne donnent en

général que la teneur en chlore. Rappelons que le chlore se trouve dans ° 35,5

le chlorure de sodium dans la proportion de =0,61. Pour évaluer

en chlorure de sodium un chiffre donné de chlore, il faut diviser ce chiffre par 0,61 ou, ce qui revient au même, le multiplier par 1,65.

(1) Dastiie, Le sel; le besoin physiologique du sel; le sel du Sahara [Revue clés Deux-Mondes, l'r janvier 1901, p. 197).

(2) Quinton, L’eau de mer milieu organique, Paris, 1904.

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