VID LES APPLICATIONS ET LES: RÉSULTATS DE EA CURE, DESOLETE
Apres avoirexpose Ja techarique, générale étiles elletsoénérane du bain de soleil dans les pages qu'on vient de lire, il s’agit maintenant de voir quelles méthodes doivent être appliquées à chaque localisation et quelssen sont les résultats’ On trouvera ici, non point, cela va sansdiire, un traité discursif de pathologie, mais un chapitre encore neuf de thérapeutique. La pratique de la cure de soleil nous a, en effet, amené à modifier très profondément, sur un grand nombre de points, les procédés en usage dans le traitement des tuberculoses externes. Nous aurons donc à exposer avec quelques détails les méthodes que nous avons imaginées et que nous appliquons à Leysin. D'autre part, nous résumerons pour chaque localisation un petit nombre d'histoires de malades choisies parmi les plus typiques. Les illustrations jointes à ce travail compléteront sur ce point, d’une manière aussi simple que claire, ce que notre crainte d'alourdir le texte nous a fait supprimer. Pour des détails plus circonstanciés on pourra se reporter aux travaux que nos chirurgiens-adjoints les D'S Witmer, Franzoni, Straube. Leuba, Guye. Hüssy et Graetz ont consacrés aux observations qu'ils ont faites sur nos malades.
CÉEMATSEDESPOTEL
La forme de tuberculose que nous soignons le plus souvent, c’est le mal de Pott : d'après notre statistique générale, 17 °/, de nos malades en sont atteintst. C'est done par lui que nous commencerons cette étude qui comprendra l'exposé de notre méthode de traitement, quelques histoires de malades et quelques données statistiques.
Le traitement. — Les lésions du mal de Pott sont trop profondément situées pour être facilement accessibles au chirurgien. sauf dans les cas, relativement rares, où l'arc postérieur est atteint. La tuberculose du corps vertébral à donc: toujours été du domaine à peu près exclusif de la chirurgie conservatrice. Les interventions qui ont été préconisées à différentes reprises, même celles qui étaient dirigées contre les paraplégies, ont eu des résultats si déplorables qu'elles n'ont jamais été appliquées d'une manière suivie. La thérapeutique du mal de Pott se résume donc, pour l'immense majorité des chirurgiens, à immobiliser la colonne vertébrale. En "vértu dece principe. "nous”avons“adlorigines appliqué. surtout chez les enfants, les srands corsets de plâtre qui étaient fenêtrés suivant les nécessités et notamment au niveau des fistules, pour les panser, et au niveau de la g1bbosité pour la réduire en la comprimant suivant le procédé de Calot. Actuellement. on la vu plus haut, nous avons complètement abandonné le corset de plâtre. Nous faisons bénéficier les enfants comme les adultes du bain de soleil général: nous ne voulons pas que la peau soit privée d'air et s'atrophie, comme les muscles, sous des cuirasses imperméables, ni surtout que Fampliation du thorax soit gênée comme elle l'est nécessairement dans les appareils — et on sait les conséquences désastreuses que comporte une pareille entrave pour Île développement du squelette ! — Nous avons en conséquence adopté une autre technique qui consiste à immobiliser le malade sur un matelas parfaitement plan et très résistant. Pour la région lombo-sacrée, il faudra
nécessairement exagérer la Iordose à l’aide de coussins afin d'obtenir le
1 Broca, I. c. page 548, compte 18 2/0 de cas de mal de Pott parmi sa clientèle hospitalière qui comprend des enfants au-dessous de 15 ans. Lannelongue en comptait 16 °/o. Au fer février 1914, nous en comptions 19 °/o en traitement.
même résultat. Lorsque le malade arrive, comme c'est la règle, notablement amaigri, il devient nécessaire d’interposer entre son corps et le matelas une série de coussins. Ces derniers, remplis de bourre de millet,
doivent être de consistance ferme et régulière. Ce sera d’abord, pour le coccyx, la torche décrite plus haut; un autre coussin comblera Îe vide que laisse la lordose normale de la région sacro-lombaire. Les omoplates, la nuque et la tête seront enfin soutenues par un troisième. COUS-
sin.‘ Get arrangement constitue, lorsqu'il est bien établi — ce à quoi il
Fig. 47.
Traitement du mal de Poll. — Fixée à la tête et au pied du lit, la brassiére étalée sur le coussin moven, est ouverte pour recevoir le malade. Une sangle à double boucle va immobiliser les jambes.
faut d’ailleurs veiller avec un soin extrême — une véritable attelle dorsale et le moyen de contention idéal pour prévenir et pour réduire les lordoses pottiques. Au surplus, cette disposition schématique varie suivant les indications particulières. On cherche à diminuer la oibbosité, lorsqu'elle existe, en pratiquant à son niveau de l'hyperextension à l’aide d'un coussin de plus en plus épais. Au début, ces coussins doivent.
être faits avec du sable et suffisamment fermes. Cependant au début de
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la cure la g1bbosité doit pouvoir y marquer légèrement son empreinte. On arrive ainsi peu à peu à repousser la région déformée in toto. Le problème consiste, lorsque les vertèbres atteintes sont plus où moins soudées entre elles, non pas à rompre les ankyloses, mais à déterminer, au niveau «les vertèbres immédiatement supérieures et inférieures, une lordose compensatrice qui fait disparaitre la o1bbosité.
Dès que la peau est assez résistante le système le meilleur, celui
que nous adoptons de plus en plus, est constitué par des coussins de
: ess CE
PI SSELS:
Traitement du nat de Poll. — La brassière, qui immobilisera le tronc est fermée. On voit les bretelles qui empêcheront le malade de se retourner. Des trois coussins : le supérieur va supporter les épaules et la tête, le moyen, qui est convexe, va soutenir la colonne vertébrale au niveau de la lordose normale, tandis que l'inférieur, qui est perforé, se place sous le bassin.
bois. IIS consistent en une planche en sapin de 2 ou 3 centimètres d’épaisseur, assez longue pour s'étendre d’un flanc à l’autre, d'une largeur qui peut varier de 15 à 25 centimètres, dont les angles sont mousses et dont les bords supérieurs et inférieurs sont taillés en biseaux aux dépens d’une même face, celle qui sera en contact avec le corps. Cette planche
sera enveloppée par quelques tours de gaze hydrophile pour éviter les
LÉNALIDEPOLT 101
esquilles. Lorsque le coussin doit avoir des dimensions plus considérables, on faconne un billot ou une caissette de bois dont le profil Tlongi-
tudinal variera suivant les localisations de la gibbosité et dont les faces
Die 19; Traitement du mal.de Poll. — Immobilisation dans la position dorsale avec les appareils des fig. 19 et 20.
supérieures et latérales peuvent être percées de trous pour faciliter l'aérationtAinsi constitué, notrecoussin ne se déforme pas. ul n'est jamais humide, et ne fait pas de plis: il constitue par conséquent le meilleur
moyen prophylactique contre les escarres : il est remarquablement facile
102 LASOUR AD EHAS O0 LE I
à glisser sous le dos des malades et son prix de revient ne craint aucune concurrence, |
Les enfants doivent être rigoureusement immobilisés dans le décubitus
Fig. 20.
Trailement du mal de Poll. — Xe même enfant que dans la figure précédente. finmobilisation dans la position ventrale. Le torse est relevé par un coussin triangulaire; sur lequel s’appuyent les coudes.
dorsal. On arrive très simplement à ce résultat avec des brassières de toile qui maintiennent le corps de l'enfant en place par un système de
bretelles qui vont se fixer au pied et à la tête du lit. Elles se ferment
/ ae) LE MAL DE POTT PUS
sur le devant à l’aide de martingales de manière à pouvoir être largement ouvertes pour la cure de soleil. Elles sont munies d'épaulières qui mettent le malade dans l'impossibilité absolue de se retourner. Au début du traitement il est en général nécessaire d’immobiliser les jambes des enfants par un système de sangles en toile qui sont solidement fixées au matelas et qui passent un peu au-dessus des genoux. Plus tard, nous laissons aux enfants la liberté de remuer les jambes afin qu'ils reconstituent dans une certaine mesure la musculature des membres inférieurs, toujours plus ou moins atrophiée par la maladie.
Épeel Trailement du mal de Pott. — Le décubitus ventral pour l’insolation de fistules dorsales.
L'immobilisation dans le décubitus dorsal avec des coussins appropriés, telle qu'elle vient d’être: décrite, ne constitue pas, d’après notre expérience, le seul moyen d'agir efficacement sur le mal de Pott. Comme le corset de plâtre, elle possède, quoique à un moindre degré, une action manifestement atrophiante sur les muscles des vouttières vertébrales. Or, chez les pottiques qui, plus que tout autres, ont besoin que ces muscles constituent un solide contrepoids à l'affaissement ‘de leurs corps vertébraux. une pareille action est un véritable contresens. Dans ces conditions, et poussé par l’idée de faire bénéficier la région dorsale de la cure de soleil
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même chez les pottiques, nous avons essayé du décubitus ventral. Gette idée n'était pas neuve. Nous ignorions cependant complètement les travaux parus sur ce sujet, 1l y a près d’un siècle, et que des recherches toutes récentes nous ont fait connaître. Le prone system fut préconisé, pour la première fois, en 1824 par Banting. Mais c'est surtout Bampfeld qui développa cette idée dans un livre paru en 1838 et intitulé : On the diseases of the spine and chest et qui fut très remarqué. On le traduisit même en allemand. La manière dont le prone system y est défendu n'a point perdu de son actualité. Après avoir fait remarquer que le décubitus dorsal est la seule position permise par les médecins de son temps, Bampfield ajoute que l'expérience et l'observation lui ont montré qu'en pareil cas le décubitus ventral peut être très avantageux.
« Dans cette situation, dit-il, les surfaces horizontales des corps ver- » tébraux sont aussi éloignées que possible les unes des autres ; par là » elles n'ont plus à supporter aucune pression ni à souffrir d'aucune » espèce d'irritation. Ainsi sont rendues possibles l'extension et la régé- » nération. Bien plus, le malade en décubitus ventral se trouve en situa- » tion, par des mouvements modérés des vertèbres supérieures et des » jambes, de développer les muscles du dos. Il peut, en effet, mouvoir la » tête en avant, en arrière et latéralement sans comprimer les vertèbres » atteintes et associer l'exercice musculaire au repos... On a fait l'obser- » vation que lorsque le malade avait passé trois mois dans cette situation » l’épine dorsale déviée reprenait peu à peu sa direction normale. »
Bampfield fait encore remarquer qu'il n’a pas vu se développer de paraplégie chez les malades qui observaient rigoureusement le décubitus ventral.
L'ère des appareils plâtrés avait fait complètement oublier les idées de Bampfield. Quoi qu'il en soit, c'est de la manière la plus indépendante de ces deux prédécesseurs que nous avons commencé à placer nos pottiques dans la position ventrale. Nous voulions surtout par ce procédé constituer une solide attelle dorsale absolument indispensable à la colonne vertébrale fléchissante de nos malades, en renforçant les muscles et les ligaments des gouttières par l'exposition au soleil et par l'exercice modéré mais efficace qui résulte de cette position. D'ailleurs, à côté de ces avan-
tages tout à fait essentiels, le décubitus ventral en présente d'autres qui
ne sont pas pourtant dénués d'intérêt. Il développe d'une manière remarquable la musculature de la ceinture scapulaire et de la région cervicale. Il permet notamment d'élever la tête au-dessus du plan du lit et de participer ainsi d’une manière plus active à la vie ambiante. Loin d'entraver le fonctionnement des organes thoraciques, il oblige, au contraire, à une
oymnastique excellente pour les muscles respiratoires. IT combat d'autre
Fig. 22.
Traitement du mal de Polt. — Maux de Pott en position ventrale sur une des galeries de la clinique « Les Frênes ».
part, d’une manière très nette, la constipation et il possède des avantages énormes en cas de fistules dorsales ou d’attitude vicieuse par psoîïte.
Les malades doivent s’'accoutumer progressivement au décubitus ventral tel que nous l’avons préconisé. Les adultes dont les articulations ont, en général, un peu perdu de leur souplesse, ne se prêtent pas sans quelque difficulté à l’hyperextension que réalise notre méthode. On commencera donc par une séance d’une demi-heure, dont la durée est augmentée chaque jour d’une dizaine de minutes, en profitant de cette circonstance pour faire de l’insolation sur la région dorsale. Mais bientôt,
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le malade finit par s’accoutumer à vivre sur le ventre une très grande partie du jour. Dans cette situation, on place sous son thorax un coussin en ecrin, de la même consistance que le matelas, et qui forme un plan incliné sur lequel les coudes sont appuyés (Voir fig. 18 à 23). L'inclinaison de ce coussin peut être progressivement augmentée suivant Île degré d'accoutumance du malade.
Cette méthode est applicable au mal de Pott lombaire et dorsal infé-
rieur où moyen. À partir de la cinquième ou de la quatrième dorsale
Fig. 28.
Traitement du mal de Poll. — Décubitus dorsal.
en remontant, elle doit être appliquée ävec une contre-extension dans l’axe de la colonne vertébrale de manière à immobiliser très complètement la tête. Elle n’est vraiment contre-indiquée que dans les périodes aiguës accompagnées de douleurs vives où les malades ne tolèrent pas les plus légers mouvements. Elle l’est également dans le mal de Pott sousoccipital à cause des possibilités de luxation et du danger que comporte cette complication. Les craintes que cette méthode à fait naître chez cer-
fains auteurs ne sont nullement fondées. Jamais nous n'avons observé
chez nos pottiques d'accidents imputables au fait de passer une fois par jour du décubitus dorsal au décubitus ventral, et inversement. Dans aucun cas les gibbosités ne se sont accentuées de ce fait chez nos malades. Les planches que nous avons réunies à la fin du volume témoignent
qu'au contraire, avec notre procédé, nous obtenons des corrections à un