‹ La cure de soleilChapitre 21 sur 82 · UMOCAICAN CUITE NON FREE TÉLALSC PR OR NT ARRETE · texte numérisé non relu

UMOCAICAN CUITE NON FREE TÉLALSC PR OR NT ARRETE

Voici la statistique dressée par le D' Leuba :

AMÉLIORÉS OU

ToTaL GUÉRIS STATIONNAIRES DÉCÉDÉS SOMOS ICE e MEE DSON AN D) se (PIS) > — PAIE CR DCS Re it 1607 [l il Secondairement infectés . 492 2081088000 7 — ICO RER 94 OM) GLACES

Le seul décès observé dans cette localisation est dû à un abcès du cerveau consécutif à une périostite alvéolo-dentaire. L’amputation fut pratiquée ultérieurement dans deux des cas comptés comme stationnaires ou améliorés. Il s'agissait de deux malades âgées de plus de 60 ans et dont BUNEMEAULATIÉINENTEMITOCTCULOS MpPUIMONATEMAURANTIENTÉSIrOL autres cas de cette rubrique furent obligés de quitter Leysin pour leurs affaires avant que la guérison fût complète. L'histoire du sixième a été rappelée plus haut. Aïnsi 87 cas ont guéri avec rétablissement de la fonction. Notons encore que 10 seulement des 94 malades sont venus faire de l’héliothérapie sans avoir tenté auparavant d'autres procédés de traitement. On voit par là combien est erronée l'opinion d'après laquelle nos malades présenteraient une proportion exceptionnelle de cas

bénins.

La tuberculose des membres supérieurs est beaucoup plus rare que celle des membres inférieurs. Non compris les ostéites et les spina ventosa, notre statistique générale ne comportait guère en 1913 que 65 cas

pour les membres supérieurs contre 372 pour les membres inférieurs.

La seapulagie. — La tuberculose de l'épaule n’a pas à être soignée d'une manière très particulière au point de vue de l’héliothérapie puisque le poids du bras suflit bien souvent à réaliser la contre-extension qui empêche les lésions de s’agoraver. Quelquefois cependant on est obligé pour immobiliser plus exactement l'épaule d’accrocher au coude du malade des poids tenseurs qu'on dissimule sous une large manche. Cest à peu près à cela que se borne notre méthode. Jamais nous n'appliquons les vastes appareils de plâtre ou de ceHuloïd préconisés par quelques auteurs.

Voici une observation de cette localisation de tuberculose articulaire avec [OYerT OSSeUX :

JR. oué dé 1$Ans, arrive à Lévsin en janvier 1918--SeS miécédents ne présentent rien à noter. Il y a deux ans les mouvements sont devenus douloureux dans l’épaule droite et il fut obligé de cesser de jouer du violon. Puis, il à commencé à souffrir d'une manière spontanée, surtout ane donation Autour dent tquiMSunvIE AMIE Pere Ciechocynek qui améliora son état local. Mais bientôt les douleurs Jeprennent el apres une CHrerau savon /noit/alest envoyé a 4Bevsin > Mllarmyée tlepanléedronteÆSt'unppeuvrentrée In verpastdenConiractune MuscuidiremEancapsulémeést pas tépDaussie nbamiéteRdle APR UMEEUSHOEt sensible à la pression dans une région très limitée. Les mouvements sont extrêmement réduits. [Il v a un peu de douleur spontanée, surtout pendant la nuit. La radiographie met en évidence un fover mal limité, avec perte de substance, dans la partie externe de la tête de l'humérus. — En juillet, la perte de substance n’est pas encore bien délimitée: l’espace articulaire n’est pas net. — En janvier 1914, la radiographie montre que la lésion osseuse est guérie et que l’espace articulaire est très net. La position de l'épaule est normale. Le deltoïde est atrophié à un très faible

degré. La douleur à la pression à disparu. La fonction se rétablit progressivement.

Sur les douze cas de scapulagie que nous avions soignés à la fin de 1913, huit guérirent, dont quatre avec rétablissement du mouvement, quoique la gravité de cette localisation, au point de vue du retour de la

fonction-soit un fait bien connu:

La tuberculose du coude. — Dans les ostéo-arthrites du coude, nous nous contentons le plus souvent de simples gouttières en celluloïd largement échancrées et articulées à volonté qui immobilisent le membre en demiflexion. (Voir fig. 30.) Gette localisation, qui est beaucoup plus favorable que celle de Pépaule, donne aussi de meilleurs résultats.

Voici une observation d’arthrite fongueuse grave du coude qui s’est terminée par guérison avec rétablissement de la fonction articulaire :

MAD Rome ans arrive amer Sinale matt ls SONMENMOLERDAS de tuberculose dans sa famille. [1 a eu la coqueluche, la rougeole et la scarlatine. Depuis huit ans, le cinquième métatarsien droit est tuméfié sans que le malade en souffre et sans même qu'il en soit gêné pour les sports auxquelles Env 0 Suit dunMlésentraumauismente malade commence à souffrir du pied gauche qui enfle au niveau du tarse où un abcès se collecte. On fait le diagnostic de tuberculose osseuse et on procède à un grattage en mai 1912. La plaie opératoire ne se ferme pas et une fistule s'ouvre. En même temps le coude droit commence à se tuméfier. À la fin d'août 1912, le gros orteil gauche se prend à son tour et donne lieu à un abcès qui s'ouvre spontanément. On pratique des injections 1odoformées dans le coude et dans le foyer du gros orteil. En octobre 1912, le malade est atteint d'angine, de mvyvocardite et de néphrite hémorragique qui provoque une albuminurie persistante. En février 1915, on procède à lamputation du gros orteil et au grattage du cinquième métatarsien droits.— Au moment de l’arrivée à Leysin (juin 1913), le coude droit est fusiforme et tuméfié ; il est ankylosé en flexion à 50°. Au niveau de la pointe de l’olécrane il mesure 32 centimètres et quart, tandis que le gauche n’en mesure que 27 au même niveau. À 6 centimètres au-dessus de l’olécrane, le bras droit mesure 31 centimètres et le gauche 26 centimètres de

circonférence. La main droite est fortement en pronation. La rotation de

LA TUBERCULOSE DES MEMBRES SUPÉRIEURS To x

l’avant-bras n’est possible que sur une étendue de 15°. Toute la région articulaire est molle. Au voisinage de Fépicondyle on constate de la fluctuation. L’articulation est sensible à la pression, particulièrement au niveau de la tête du radius. Sur le cinquième métacarpien droit, 1l existe une cicatrice linéaire. Le gros orteil droit manque. Le moignon d'amputation est sensible à la pression et il présente une petite fistule. La radiographie montre un fongus de l’articulation du coude : Fespace articulaire est fortement atteint: la dystrophie du squelette est très marquée. Le foyer principal se trouve dans l’épicondyle. Le périoste des trois os du coude est très gonflé au voisinage de l'articulation. — En mai 191%. le malade est complètement guéri. Le coude à repris son aspect normal. Les saillies et les méplats sont bien dessinés. La fistule qui a persisté après que labcès épicondylien se fût spontanément ouvert, est fermée depuis quatre mois. La main est en position normale. La pronation et la supina” tion sont possibles sans douleur. L'extension se fait normalement. La flexion est limitée à 35 ou 40°. L’amplitude est la même pour les mouveinentsVvacthistet les mouvements passits-"La circontérence du coude au niveau de l’olécrane est, à droite, de 28 centimètres et demi et à gauche, de 28 centimètres. À 6 centimètres au-dessus de l’olécrane, la circonférence est, à droite, de 28 centimètres et, à gauche. de 27 centimètres. C’est dire qu'en somme le coude à repris son volume normal à très peu de chose près. La radiographie montre que les contours du squelette sont très nettement dessinés, que la recalcification est achevée et que, par conséquent, la guérison est complète. Le pied est également guéri. La marche ne provoque aucune douleur. L'urine contient toujours de 0,25 à 0,50 %/0 d'albumine : on n°y à jamais constaté de sédiment purulent, et l'analyse bactériologique à toujours été négative. Le malade à augmenté d’une douzaine de kilos. L'état général est superbe.

Voici l’histoire d'une arthrite du coude suppurée qui guérit avec retour complet de la fonction articulaire :

S. F., âgée de 8 ans, arrive à Leysin en novembre 1912. En août 1911, elle à fait une chute qui occasionna au niveau du coude une plaie. Cette pluie fut suturée, mais elle donna lieu, quelques semaines plus tard, à un abcès qu'on dutouvrir. En mai 1912, le coude confle de nouveau ; on fait le diagnostic de tuberculose et des applications de ravons X. En novembre,

l'état du coude ne s'étant pas amélioré. on envoie la malade à Levsin. — A l'examen, on constate que le coude gauche est le siège d'une forte tuméfaction comprenant le tiers supérieur de Favant-bras et le tiers inférieur du bras. Au niveau de Farticulation, la circonférence du coude est de

22 centimètres. Au voisinage de la tête radiale la consistance des tissus

Fig. 30, Trailement des arthriles du coude et du poignet. — Ta gouttière en celluloïd larcement échancrée avec double articulation dont nous nous servons pour le coude éttpourlenoignet:

est élastique et semi-fluctuante. Les méplats sont effacés. Les douleurs spontanées sont marquées surtoutla nuitet ont augmenté dans les derniers temps. À la palpation toute Ta région, et particulièrement Ia tête du radius. est très douloureuse à la pression. Les mouvements sont presque complètement abolis. Le coude est ankvylosé à peu près à angle droit. L'état géné-

ral est médiocre. La radiographie montre des lésions très actives. L'olécrane

présente une perte de substance en pleine activité, de même que la trochlée. La dystrophie du squelette est très marquée. L'espace articulaire est rétréci. — En mai 1913, la malade est guérie. Le coude a repris son aspect normal. Les douleurs spontanées et provoquées ont disparu. Tous les mouvements de l'articulation sont absolument normaux. La circonférence lumcouders'esttréduité art TSvcentimetres:; celle dumbras/ san partie movenne, mesure un demi-centimètre de moins du côté malade que du côté gauche. La radiographie montre que l'articulation est complètement ouérie et que la perte de substance, à la pointe de l'olécrane, est nettement limitée. Le squelette présente encore un peu de dystrophie.

Sur les trente cas de notre statistique dont quinze — c’est-à-dire une proportion considérable — infectés secondairement, vingt-huit guérirent d'une manière radicale, Sur ces vingt-huit, vingt ont recouvré le fonctionnement de l'articulation.

La tuberculose de la main. — La tuberculose de la main, dont l'importance au point de vue des résultats définitifs est tout particulièrement intéressante, vient de faire l’objet d’un travail étendu que notre ancien chirurgien-adjoint, le D' Hussy !, à consacré aux trente-deux cas qu'il à pu réunir dans nos cliniques jusqu en 1915.

Nous nous bornerons à résumer l'essentiel de ce qu'on pourra trouver dans ce travail.

La tuberculose du poignet est considérée, en général, comme une localisation grave, au moins au point de vue fonctionnel. Pour la plupart des chirurgiens d’ailleurs elle est presque exclusivement justifiable d’une intervention. Cest ainsi que, par exemple, Gangolphe? manifeste dans son récent ouvrage l'espoir que, de plus en plus, «on se convaincra de la » nécessité des résections hâtives ». De même, Leser® préconise l’opération dès que le traitement conservateur n’a pas donné d'amélioration dans uns laps de temps très court. Etilajoute : cOn ne doit pas oublier que » les lésions ne guérissent pas toujours après de telles interventions. »

1 A. Hussy, Ueber die Erfolge der Heliotherapie im Hochgebirge bei Tuberkulosen der Hand. Bettr. 2 hlin.(ChIPTAC OBrUNS BANC IMIEL:

? GANGOLPHE, Arthrite tuberculeuse. Nouveau traité de chirurgie. NIII.

3 Leser, Spezielle Chirurgie. 1909.

C'est d’ailleurs ce que montrent les cent soixante-cinq cas réunis par Brigel : qui furent traités par résection et dont 63 ‘/, seulement guérirent. D'autre part, les 74 cas traités par l’iodoforme que réunit ce même auteur donnèrent 64°/ de guérisons. Aussi Oehlecker? se déclare-t-il satisfait lorsqu'on obtient la guérison complète avec ankvlose. Les résultats que nous obtenons avec la cure de soleil sont certainement supérieurs à ceux qui sont donnés par les auteurs. La statistique dressée par le D' Hussy en témoigne d'une manière très nette.

Voici, tout d’abord, deux observations se rapportant, l’une à un cas de tuberculose intéressant tout le squelette du poignet, et l'autre limitée aux petits os du carpe, toutes deux compliquées de fistules :

M. C., âgé de 19 ans, arrive à Leysin en Janvier 1912. Sa main gauche a commencé à enfler six mois auparavant. On lui a fait deux injections iodoformées. et on Fa immobilisé pendant quatre mois sans résultat. Puis, comme son genou gauche commence à le faire souffrir et à enfler, il se décide à venir à Leysin. À son arrivée, on constate une tuméfaction fusiforme du poignet avec atrophie considérable de Ta musculature du bras. La mobilité du poignet et des doigts est considérablement réduite. La région du scaphoïde est douloureuse à la pression. Sur la face palaire du Carpe SOUVIC A UnENpetitemiStule amant estlécèrement en flexion. La radiographie montre une tuberculose de tous les os du carpe avec participation des surfaces articulaires radiales, cubitales et métacarpiennes. On constate de la dystrophie du squelette. — En février 1913, le poignet à repris son volume normal: il n'est plus sensible à la pression ; l’attitude vicieuse est presque complètement corrigée. Le malade peut facilement faire le poing et serrer la main avec force. La radiographie montre que les lésions osseuses sont complètement cicatrisées.

PAM âgé de 20'ans; a eu en‘septembre 1910-une pleurésie à la Suite de laquelle sa main gauche commence à enfler et au niveau de laquelle il se forme trois abcès qui se fistulisent successivement. Des injections modificatrices réussissent à fermer passagèrement lune des fistules. En août 1911 le malade arrive à Leysin, la main gauche notablement tuméfiée au

1 Brice, Deutsche Chirurgie, 1894.

2? OeHLeckEeR, Die Behandlung der Knochen und Gelenktuberkulose mit orthopädischen Massnahmen. Würzhurg, 1913.

Tuberculose suppurée

fistuleuse du bras, coude, avant-bras, poignet, main (après de multiples interventions).

et spinae ventosae

Guérison après une année de cure solaire.

niveau du carpe et présentant trois fistules : au niveau du carpe, entre les quatrième et cinquième doigts et sur la phalange de Pindex. Les mouvements de l'articulation du poignet sont très limités et très douloureux. — En mars 1912 la radiographie montre des pertes de substance et des lésions actives au niveau de la plupart des os du carpe : semi-lunaire. grand os, os crochu, scaphoïde, et à la base du cinquième métacarpien. — En septembre 1912, toutes les fistules sont taries, la tuméfaction et les douleurs ont disparu et. lorsque le malade fut revu en février 1913, on constata que la mobilité de la main était redevenue tout à fait normale, tandis que les rayons X montraient que les lésions osseuses étaient cicatrisées, quoiqu'il existàt encore un léger degré de décalcification.

Sur les neuï cas de tuberculose du carpe étudiés par le DeFussy, Six étaient, au moment de leur arrivée, malades depuis une année au moins. Un seul de ces malades ne présentait de lésions qu'au niveau du carpe. Les huit restants présentaient tous d’autres foyers bacillaires. Ces neuf malades sont tous guéris de leur affection du poignet avec restitution de la fonction articulaire.

Les lésions tuberculeuses des métacarpiens sont moins intéressantes en elles-mêmes que celles du carpe. Il est d’ailleurs assez rare de les observer isolées, et c’est surtout de la situation des foyers qui viennent les compliquer que dépend la conduite qu'on tient en général vis-à-vis d'elles. Les douze cas étudiés par le D' Hussy se sont terminés par la guérison : neuf fois avec un fonctionnement normal et trois fois avec une légère Hinitation du mouvement des doigts.

Le spina ventosa se présente rarement comme une lésion isolée et cest bien plus souvent, comme d'ailleurs pour les lésions du carpe. des localisations concomitantes que dépend le pronostic. Les résultats que donne lhéliothérapie sont excellents. On pourra voir, planche XCIX de l'album, un cas particulièrement intéressant de reconstitution intégrale de l'os après un spina ventosa.

LES OSTÉITES

L’ostéite du crâne. — Quoique l'intervention donne souvent des résultats assez favorables dans l’ostéite tuberculeuse du crâne, à cause de Îla iFéquénce el de lantacilité d'accès des Séquestres rIn’est cependant pas sans inconvénients graves de priver les malades d’une partie de leur voûte cranienne, particulièrement quanü il s’agit de foyers multiples, comme on en observe si souvent. Le traitement conservateur par la cure de soleil présente donc dans cette localisation des avantages précieux. Nous avons reproduit dans les planches L, LLet LIT des photographies de malades qui montreront les excellents résultats qu’on obtient dans cette affection.

L’ostéite des côtes. — Le traitement opératoire donne d'assez médiocres résultats dans l’ostéité des côtes. Les récidives et les suppurations interminables qui contraignent le chirurgien à des interventions répétées sont extrêmement fréquentes. Aussi peut-on compterles résultats que donne la cure de soleil, en pareils cas, comme particulièrement brillants.

Voici une observation de carie costale, avec un gros abcès ossifluent qui fut ponctionné deux fois, vu l’imminence d’une ouverture spontanée :

MRC DÉCRET ON SMMOUS ATTIVeMCISAOUUE IT 2 TI AN COTLINONCE a ne plus pouvoir se pencher, à cause de douleurs dans le flanc gauche envarrière, a partir du mois de Juin 1912. En juillet de la même année; elle constate une tuméfaction dans la région douloureuse. A l'arrivée, on constate une tumeur, grosse comme une demi-orange, située au niveau de la huitième côte entre la ligne axillaire postérieure et la ligne médiane. Le tiers.postérieur de la huitième côte est douloureux à la pression. Le résultat de la première radiographie fut négatif. — L’abcès étant en imminence d'ouverture spontanée, une première ponction fut faite quelques jours après l’arrivée : on retira 140 grammes de pus. Un peu plus tard une seconde ponction amène 60 grammes de pus. — À la fin d’octobre, l’abcès ne s’est pas reformé quoique Ia poche en soit encore perceptible à la palpation. — En avril 1913 la malade part complètement guérie.

Voici une autre observation d'ostéite multiple des côtes et du ster-

LES OSTÉITES FU

num, compliquée de plaues et de fistules et de lésions pulmonaires, que quatre interventions sanglantes n'avaient pas amélioré.

W. H., âgé de 22 ans, arrive à Leysin en août 1911. En 1909, il aurait eu une pleurésie à la suite de laquelle une tuméfaction serait apparue dans le cinquième espace intercostal droit. Un peu plus tard, une autre tuméfaction se montre au niveau du troisième espace intercostal droit, puis une troisième au niveau du manubrium. On procède successivement à quatre résections des côtes ou du sternum. À son arrivée dans nos cliniques, Île malade présente une cicatrice opératoire parallèle au cinquième espace intercostal droit, de 8 centimètres de long et fistulisée. Une cicatrice parallèle au troisième espace intercostal droit, longue de T0 centimètres, large de 4 centimètres, et fistulisée. La 3e côte a été réséquée et n’est plus palpable. Une vaste plaie qui atteint 5 centimètres de largeur, s'étend obliquement de l'extrémité sternale de la clavicule gauche jusqu'à lextrémité antérieure de la cinquième côte droite. Une partie du manubrium est enlevée. Tous ces foyers suppurent énormément. Les poumons sont infiltrés au sommet. On perçoit, des deux côtés, de la matité, une respiration soufflante et de gros ràles humides: le malade crache abondamment. Il est très amaigri et dans un état général médiocre. — En octobre, l’ulcération sternale à beaucoup diminué; la suppuration a presque disparu : l'état général est bien meilleur. — En septembre 1912, les fistules et les ulcérations sont complètement cicatrisées : l’état des poumons s’est beaucoup amélioré ; on perçoit encore quelques craquements au sommet droit. On continue l’insolation locale et générale. — En octobre 1913, on ne perçoit plus de craquements au sommet: la respiration reste un peu rude, il y à toujours un peu de submatité de la fosse sus-épineuse : le malade ne crache plus et son état général est splendide. [ a augmenté de 15 kilos.

L’ostéite du sternum, — Cette localisation est rare. Nous en avons cependant observé plusieurs cas. L’un d'eux est reproduit dans la planche en couleurs ci-contre. Un autre se trouve dans la planche XLV de l'album. L'observation reproduite dans le paragraphe précédent comportait comme on l’a vu les lésions étendues du sternum. Les résultats que nous avons obtenus dans ces différents cas prouvent manifestement combien l'héliothérapie est supérieure à l'intervention.

LES ADENITES TUBERCULEUSES ET L’ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE

L'héliothérapie est le traitement de choix des ganglions tuberculeux. Elle permet tout d’abord d'éviter une intervention chirurgicale qui n’est pas seulement une faute d'esthétique grave, mais encore une grave erreur physiologique. Une ablation complète des ganglions inguinaux ou axillaires à pour conséquence de Ia stase Ivÿmphatique dans le membre correspondant el. presque toujours, de lœdème chronique ou l'éléphantiasis. Quant à l’extirpation des ganglions cervicaux, si elle n’entrave pas forcément la circulation lymphatique. grâce à l'existence de canaux collatéraux, elle supprime le véritable rempart contre l'infection que sont ces organes. Or. malgré la tuberculose dont il peut être atteint, un ganghon n'en conserve pas moins la faculté d'arrêter les micro-organismes. En supprimant un agent de protection aussi efficace, l'intervention chiruroicale va ouvrir la voie sanguine à l'agent pathogène et lui permettre d'infecter les tissus et les viscères. L'héliothérapie, au contraire, par son aclion dérivative tout d'abord, favorise la circulation IYmphatique et augmente les forces défensives du ganglion. Elle permet d'obtenir son rétablissement anatomique et fonctionnel, et laisse à l'organisme son rempart naturel contre linfection.

Sous l'effet de la cure solaire, la guérison des adénites s'opère selon différents modes. Le plus fréquent consiste dans la rétrocession du processus inflammatoire par résorption des tissus tuberculeux néoformés, méme s'ils sont déjà caséifiés. L'adénite disparait alors complètement. Parfois, mais beaucoup plus rarement, Ta résorption est incomplète : une partie dutissu altéré se calcifie, ou se transforme en tissu cicatriciel. Ces deux modes de guérison sont surtout caractéristiques pour la polvadénite. La résorption pure et simple peut S'observer aussi dans les cas de ganglions volumineux, indurés, imimobilisés par de là périadénite: cest ainsi que nous avons constaté chez une malade un ganelion dont le volume atteignait la grosseur d’une mandarine, et dont la résorption fut complète en cinq mois. Toutefois le mode de guérison le plus fréquent

est alors la fonte ou le ramollissement rapide des ganglions, cherchant à

LES ADÉNITES TUBERCULEUSES ET L'ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE 145

se fraver un chemin vers l'extérieur. Nous avons vu ainsi des ganglions volumineux, de la grosseur d'une prune, complètement indurés à l'arrivée du malade, se ramollir en quelques semaines. Dans ces cas-là, comme dans les autres cas d'ahcès froids, nous évitons l'ouverture spontanée à l’aide d’une ou deux poncetions qui évacuent le pus sans laisser de trace. Cette action résolutive ou caséifiante de la cure solaire s'exerce aussi bien sur les ganglions profonds que sur les ganglions superficiels. Un autre phénomène intéressant, que nous avons souvent constaté au cours du traitement des adénites tuberculeuses par la cure de soleil, est leur élimination spontanée sous la forme de véritables séquestres ganglionnaires. Nous avons déjà fait allusion à ce phénomène, qu'on observe surtout dans les cas d’adénites fistuleuses d'ancienne date. Voici un ganelion en relation avec l'extérieur par un trajet fistuleux, immobilisé par de la périadénite. Peu à peu on le sentse dégager des adhérences, devenir plus mobile et se libérer de sa gaine fibreuse. Il avance le long du trajet pour apparaître bientôt dans l'ouverture de la plaie. La cure solaire estelle interrompue ? Il disparaît lentement dans la profondeur pour se montrer de nouveau avec la reprise des séances de soleil. Bientôt il s'engage définitivement dans l’ouverture de la fistule, d’où il sort progressivement, comme une noix de son brou, et tombe spontanément, comme un fruit mûr. La cicatrisation de la plaie s'effectue dès lors en quelques jours. laissant une imperceptible cicatrice, qui restera la seule trace du travail qui vient de s'opérer. Rappelons que ces cicatrices sont caractérisées par une souplesse, une élasticité très remarquables, ce qui constitue un autre avantage de la méthode.

La cure de soleil évite ainsi, dans tous les cas. les cicatrices chéloïdiennes. dont elle constitue d’ailleurs le traitement efficace. Elle possède donc, dans les cas d’adénites tuberculeuses, une valeur indiscutable : elle évite les tares indélébiles de l'opération, ou — lorsqu'elles existent déjà — les atténue jusqu'à les rendre imperceptibles.

Nous n'avons donc jamais été obligés de recourir au curetage, aux incisions ou à l'emploi de matières dites fondantes. Toujours nous avons obtenu soit Ia résorption spontanée, soit le ramollissement des ganglions tuberculeux, suivi ou non de ponctions évacuatrices. Dans tous ces cas nous sommes arrivés à la guérison sans aucune cicatrice apparente: de

plus. nous avons constamment obtenu chez nos malades cette réfection du terrain dont l'importance est capitale. Nous n'avons jamais constaté de phénomènes de généralisation, ni de complications imputables à la cure solaire. Il est toutefois indispensable de suivre un entrainement préalable et de ne pas s’écarter de la technique que nous avons établie et qui consiste à insoler d'abord les segments inférieurs, avant d'arriver à la région cervicale, pour éviter les congestions ou les réactions locales trop intenses.

Quand le malade à pratiqué sa cure strictement chaque matin pendant une heure ou deux, nous l’autorisons à se livrer à tous les plaisirs du sport: 1l s’y adonne dans un costume des plus sommaires : un simple calecon de bain où un vêtement larscement échancré, laissant à nu toute la récionecenvicale Mcérqui lui permettencoré cdurant Ces exercices atle bénéficier largement de la cure d’airet de solerl:

Cette aération permanente possède, dans le traitement des plaies ou des fistules, des avantages précieux sur lesquels nous avons longuement insisté dans le chapitre consacré à la technique générale Nous plaçons SULléS AD es peuts trellisMmeÉtINAUeeMnelonTomtIEMEUTUerNeSS fixés au cou par un cordon ou par deux bandelettes de sparadrap. D'une facon générale, nous avons donc banni de notre méthode de traitement tous les pansements occlusifs, macérant et étouffant lépiderme, les antiseptiques aléatoires qui détruisent les tissus et provoquent de leczéma. les injections de liquides qui intoxiquent le malade plus souvent qu'ils ne le guérissent. Nous avons cherché, avant tout, à exposer les plaies à l’air libre d’une façon constante afin d'assurer dans la plus large mesure la défense cellulaire des tissus.

Grâce à cette action combinée de linsolation et de l’aération permanente qui constitue, en définitive, un traitement idéal et rationnel, admirablement supporté par les enfants comme par les vieillards, nous obtenons la guérison radicale de fistules cervicales étendues et multiples et

de plaies restées rebelles aux traitements les plus divers.

L'héliothérapie nous parait être également le traitement de choix des adénopathies trachéo-bronchiques. De toutes les localisations tuberculeuses, il n'y en à pas qui ait une tendance aussi marquée à la guérison

spontanée. Elle est la règle chez presque tous les enfants normaux. Il

LES ADÉNITES TUBERCULEUSES ET L'ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE 147

suffit. dans la plupart des cas. d’une bonne défense de lorganisme pour la faire disparaitre. On comprendra aisément combien la cure de soleil, associée à la cure d'altitude, en plaçant l'organisme faré de nos petits malades dans des conditions de défense particulièrement bonnes, va activer encore cette disposition naturelle à la guérison.

Dès leur arrivée dans l’une des deux cliniques que nous leur avons

presque exclusivement consacrée à une altitude d'environ 1000 mètres, nos

Fig. 31. L'école en plein air des fillettes à « La Violette ». (1000 m. d’altitude).

petits malades sontimmobilisés au lit. [ls y restent tant qu'ils ont dela fièvre. La courbe thermique se régularise d’ailleurs très rapidement : les températures sub-fébriles sont redevenues normales presque toujours au bout de la première semaine. Si la fièvre était plus élevée ou de plus ancienne date, elle est résularisée en général au bout, d'un-mois de"traitemenL: Très vite aussi, l’état général s'améliore ; les symptômes fonctionnels et les signes locaux disparaissent. Des mensurations régulières du périmètre thoracique permettent de constater qu'il se développe régulièrement tandis que des examens radiographiques, pratiqués environ tous les trois mois, viennent faire constater la régression ou la sclérose de ganglions souvent

148 LA CURECDE SOLEIL

volumineux. Nos deux cliniques, destinées l'une aux garçons. Fautre aux fillettes, disposent de vastes galeries à ciel ouvert qui servent à la fois de galeries de cure, de salles de gymnastique et d'école en plein air. Dès que sa température s’est régularisée, le petit malade pratique le bain de soleil suivant la technique que nous avons exposée. Il est indispensable de surveiller de très près les réactions locales, générales ou thermiques, et de

subordonner toujours. au début, à ces différents facteurs la durée des

Fig. 32. L’école en plein air des garcons aux « Noisetiers ». (1000 m. d'altitude).

oénérale et intercalons

expositions. Nous visons toujours à linsolation g

souvent, pendant la durée de la cure matinale, des leçons de gymnastique rationnelle. Le reste de la journée est consacré à l’enseignement, à des travaux de jardinage, à l'exercice des sports ou à la vie des champs. Pendant tout ce temps nos petits malades continuent à bénéficier du bain d'air et de soleil, en restant dans un costume aussi sommaire que possible. Et c’est un spectacle charmant, pour l'artiste comme pour le médecin, que de voir ces enfants à la musculature merveilleusement reconstituée, aux téguments bronzés, vraies fleurs humaines en plein épanouissement, se mêler aux fleurs des champs, ou sillonner, en skis

ou en luge, les pentes élincelantes de neige.

- À QC >HUMATISME DE PONCET 149

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