RHUMATISME DE PONCET
Quoique Poncet et Leriche, dans leur ouvrage sur le rhumatisme tuberculeux, paru en 19091, n'aient pas cru devoir parler du traitement héliothérapique, nous avons, depuis longtemps déjà, commencé à appliquer la cure de soleil à ceux de nos malades atteints de ces formes rhumatismales de la tuberculose si bien décrites par l’Ecole de Lyon. Notre technique, en pareil cas, ne s’écarte pas de ce que nous avons dit d’une manière générale. Le bain de soleil est appliqué suivant la manière dont le malade le supporte ef nous agissons pour chaque localisation comme le commandent les circonstances. Lorsque les lésions sont encore douloureuses, nous appliquons souvent Fextension, afin démne pa lussercieS membres prendre uner attitude Micieuse/MNoUs n'oublions pas, néanmoins, toutes les fois que les douleurs ont suffisamment cédé devant l’action du soleil, de prescrire du mouvement, afin que l’ankvlose ne se produise pas. Il convient d’ailleurs de noter que les formes de rhumatisme tuberculeux sont tellement variables, que chaque malade exige, pour ainsi dire, une conduite différente, de sorte qu'il serait vain de vouloir poser des règles générales à propos d’une affection aussi polvmorphe. Quoi qu’il en soit, nous avons obtenu les résultats les plus remarquables dans les différents cas qui se sont présentés à nous. Nous ne saurions donc en aucune manière souscrire à l'affirmation, un peu prématurée, semble-t-il, de Poncet et Leriche?, qui estiment «la cure » hélio-marine méditerranéenne très supérieure à la cure solaire d’alti- » tude. »
Voici l'observation d’un cas grave qui fut très bien guéri à l'altitude:
B. B., âgé de dix ans, sans antécédents héréditaires, arrive à Leysin en décembre 1911. À partir de l’âge de sept mois, il a commencé à présenter fréquemment des bronchites, des entérites, des angines. A partir de trois ans. on constata une hernie inguinale gauche, que le port d’un
IA. PoncerT et R. LEricHe, Le rhumatisme tuberculeux. Paris, 1909. — Dans leur second ouvrage : A. Poncer et R. LERICHE, La tuberculose inflammatoire, Paris 1912, ces deux auteurs se sont étendus sur l'héliothérapie, qu’ils considèrent comme «lagent indispensable de toute luberculose » (p. 568).
? Poxcer et LericHe, La tuberculose inflammatoire (p. 569).
bandage fit disparaître au bout de quelques années. À part une varicelle dont la marche fut normale et qui survint à l’âge de huit ans, l'enfant n'eut pas de maladie infectieuse. A dix ans, en faisant une chute, il se contusionna l'articulation tibio-tarsienne gauche, qui se mit à enfler et à le faire souffrir pendant la marche. Au bout de cinq mois, l’état local ne S'améliorant pas, maloré des compresses et des bains de pied chauds, on fit une radiographie dont le résultat fut de faire immobiliser l'articulation. Un peu plus tard, en 1911, l’enfant commenca à se plaindre du genou sauche qui augmenta un peu de volume et qui devint difficile à mouvoir. Une radiographie fut prise à ce moment, et le médecin traitant PAM O DIS AAA OISMENTENOUEUMÉIDIC ÉETAOUtUe Men Tan SANROATETrÉ deux fois par semaine dans de l’eau iodée. Pendant l’été 1911, il fit un séjour à l’altitude. L'état local s’améliora médiocrement, mais l'enfant repritdes iorces et auementa de poids Aula fin d'octobre dela même année, 1} fallut l’aliter: 1l éprouvait des douleurs au niveau non seulement du pied et du genou gauche, mais de la hanche droite : il commençait à avoir de la fièvre et à maigrir. Les médecins consultés envoyèrent le petit malade à Leysin. À son arrivée. dans nos cliniques JMS décembre torts l’aspect général est mauvais ; l’enfant est grand pour son âge, maigre et pâle. Les lèvres et les muqueuses sont presque exsangues, la musculature est peu développée. Les veux sont brillants. Il tousse un peu. mais n’expectore pas. Il est étendu sur son lit, le haut du corps légèrement soulevé et les extrémités inférieures immobilisées par l'enflure des articulations et la douleur qu'il éprouve à chaque mouvement. Le thorax à la forme paralytique ; l’ampliation est de 4,5 centimètres seulement. Le sommet gauche du poumon accuse de la submatité et un murmure vésiculaire affaibli : l'expiration est traînante et un peu soufflante. On percoit aussi quelques râles et des crépitations fines et humides. Le sommet du poumon droit présente les mêmes anomalies. Le cœur est de orandeur normale. Les bruits sont nets. Le foie et la rate sont normaux. Le ventre, lévcèrement ballonné, ne renferme pas de liquide. L'urine ne contient ni albumine ni sucre. La diazo-réaction est positive. La température est subfébrile. Le pouls, faible, est à 110. Les extrémités supérieures ne présentent rien de particulier. L'enfant évite les mouvements
du tronc qui pourraient entrainer le bassin. Aux extrémités inférieures