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On pourrait donc supposer que les pigments ainsi produits sont des ) sensibilisateurs. »
Les plantes de soleil. — Dans un domaine aussi complexe et où lexpérimentation na encore donné que des précisions insuflisantes, on ne trouvera pas inutile d'appeler à l'aide Ta botanique. Si étrangère qu'elle soit à la médecine proprement dite, elle n’en étudie pas moins des êtres vivants qui, comme tels, réagissent à des causes analogues à celles par
lesquelles les animaux.supérieurs sont influencés. Il serait sans doute
1 WALTHER HAUSSMANN, Ucber optische Sensibilisatoren. Fortschr. d. naturiwiss. Forsch. VE "1912 Pare 252:
2 Drs RoLzLier et RosseLET. Bull. soc. vaud, se. nat. Décembre 1908.
9/4 TRAITEMENT ROLLIER
superflu de revenir sur la question, pourtant encore bien mal connue, de l'assimilation chlorophvllienne et du phototactisme. Il convient en revanche de rappeler — ce qu'on oublie trop souvent — que chez les plantes supérieures l'assimilation des nitrates est considérablement facilitée par la lumière, ce qui explique qu’à l’ombre, dans les forêts, les branches inférieures meurent souvent.
Les différences que présentent les plantes suivant qu'elles ont poussé à l'altitude ou dans la plaine, à la lumière ou à l'ombre, sont nécessairement très difficiles à déterminer puisqu'il n’est jamais possible de faire varier l’un de ces facteurs indépendamment de tous ceux qui peuvent agir sur la végétation. Mais peut-être n'est-il pas si nécessaire qu'on le croit dans ce domaine d'éliminer toutes les causes perturbatrices. On peut considérer un ensemble, même complexe, de phénomènes simpiement caractérisés par la prédominance de tel ou tel facteur. Aussi bien d’ailleurs les problèmes que soulève la cure de soleil ne sont pas simples. mais au contraire compliqués par un très grand nombre de données. C'est pourquoi les travaux d’Arnold Engler, de Zurich, ont un intérêt tout spéclal. Préoccupé de caractériser les variétés physiologiques ou les formes climatiques, il a étudié avec minutie les différences que présentent certaines essences forestières suivant leur habitat. Il a pu montrer ainsi que les pins provenant de la plaine et poussant à l'altitude étaient beaucoup plus sensibles au froid et aux cassures par la neige et par le vent. Au contraire, les pins d'altitude présentent dans la plaine une végétation plus luxuriante. De même, entre les plantes d’une même essence qui ont poussé à l’ombre et celles qui ont poussé au soleil, on observe des différences intéressantes. Les plantes d'ombre, aux rameaux grêles et longs, aux feuilles rares, larges et étalées, se distinguent très aisément des plantes de soleil aux rameaux trapus et au feuillage abondant. A ces caractères extérieurs viennent s’en ajouter de biologiques : les plantes d'ombre sont moins résistantes aux intempéries que Îles plantes de soleil, et leur descendance hérite de la même faiblesse. Leurs graines donnent un déficit appréciable si elles ne sont pas semées dans les conditions où elles se sont produites.
! ARNOLD ENGLER, Untersuchungen über den Blattausbruch und das sonstige Verhalten von Schatten- und Lichtpflanzen der Buche und einiger anderer Laubhülzer. Mitt. d. Schweiz. Centralanstalt f. d. forstliche Versuchswesen.
M. Rosselet et nous. dans le travail déjà mentionné, avions insisté sur une autre observation des botanistes, à savoir que Île tissu pallissadique, c’est-à-dire le tissu riche en chlorophylle d’une plante donnée comportait souvent à l’altitude une augmentation du nombre de ses couches. Nous avons attribué à Fintensité plus grande des radiations ultra-violettes. La cause de ce phénomène ne pouvait être, en effet, recherchée auprès des radiations lumineuses relativement peu absorbées par l'atmosphère : les radiations infra-rouge ne pouvaient lavoir produit, bursquéendestexnéménce té lCaStonmMEvnMlenont Montre quesous ler influence se produisait, au contraire, une réduction des couches du tissu pallissadique et de la chlorophvlile.
Assurément, à vouloir trop conclure de ces faits, on risquerait fort de ne rien prouver du tout. [l n’en est pas moins significatif de voir que les plantes qui naissent à la lumière, à l'altitude, à l'air, soient plus résistantes que celles qui poussent relativement à l’abri des intempéries et à l'ombre. Et pour nous, médecins, qui cherchons moins à détruire l'agent infectieux qu'à rendre le malade résistant à l'infection en l’endurcissant progressivement, il y à là des indications précieuses auprès desquelles celles qui nous sont fournies par des travaux biologiques d’une application apparemment plus immédiate, perdent un peu de leur intérêt parce que, au lieu de relever de l’ensemble, elles n’ont de valeur que pour ces cas trop particuliers.
Conelusion. — (Juelle conclusion comporte ce bref examen de l'influence générale que la Ilumière exerce sur l’organisme? On avouera que malgré les recherches, somme toute assez abondantes, qui ont été faites dans ces dernières années sur la Jumière, on n’est évidemment pas arrivé à établir des faits bien démonstratifs. De ce que la lumière fait apparaitre du pigment, de ce qu'elle développe la circulation cutanée, de ce que. force vive, elle est absorbée parles tissus, ilest bien difficile de tirer une conséquence quant à ses effets sur l’état général. Sans doute on peut dire que son action physiologique est importante. Mais on pourrait assez légitimement hésiter entre des conceptions qui se fonderaient sur l’action nécrosante des rayons de courtes longueurs d'ondes et les théories de Darwin
et de Solger d’après lesquelles le pigment constitue une réaction efti-
30 PASCDREND ED LET
cace de défense de l'organisme contre des causes d'infection. Ne voit-on pas des auteurs considérer la pigmentation comme un phénomène dont l'apparition doit être évitée ? Cependant une manière aussi simpliste d’expliquer nos connaissances, si minces qu'elles soient, ne saurait être admise. Actuellement, au point de vue théorique, la balance penche de la manière la plus nette en faveur des hypothèses qui font de la lumière soit un moven de guérir au sens propre du mot, soit un moven de rendre Pindividu plus résistant contre l'infection. D'ailleurs. comme il arrive bien souvent, l'observation pratique — traitement des maladies de la peau ou de la tuberculose des os — montre que les conceptions vers lesquelles tend la science pure sont effectivement vraies.
La conclusion qui paraît en définitive s'imposer c'est donc qu'à de certaines doses la lumière doit jouer un rôle bienfaisant. Mais sutlit-elle à elle seule. qu'elle soit artificielle ou qu'elle provienne du soleil, pour jouer ce rôle efficacement? Nous ne sommes pas tenté de le croire parce que la clinique montre qu'il n'en est point ainsi, mais au contraire que l'action de la lumière est singulièrement favorisée par un climat approprié. Nous allons donc maintenant examiner quels climats augmentent Ie plus
lPelficacitté delature de Solerl:
Les données météorologiques qu'on possède sur les différents climats où la cure de soleil paraît praticable sont en général insuffisantes sur beaucoup de points. Cela tient à ce que les sciences physiques ont marché dans ces dernières années avec une rapidité qui n'avait jamais été atteinte. La découverte des ondes hertziennes, des rayons X, des rayons a, Bety, et par suite les découvertes concernant l’ionisation de l’atmosphère, n'ont pas permis encore de procéder comme il l’aurait fallu aux observations météorologiques qui nécessitent, on le conçoit, un temps considérable. D'autre part sont venues très récemment s’adjoindre à ces découvertes physico-chimiques celles des actions physiologiques de la lumière. Si bien-que sur ‘toutes ces questions du plus haut intérêt le clinicien désireux de se renseigner ne trouve qu'un nombre assez modeste de documents utilisables.
Généralités. — En ce qui concerne la température, les observations météorologiques n'ont pas tout l'intérêt qu'on leur attribue quelquefois. Qu'on emploie un thermomètre à mercure placé à l'ombre et à l'abri du vent où un thermomètre à cuvette noire, qu'on utilise le pyrhéliomètre à compensation d'Angstrom, l’actinomètre de Michelson ou l’autographe solaire de Camphell-Stokes, on n'arrive que très approximativement à
caractériser les phénomènes thermiques auxquels sera soumis le malade
exposé sur une galerie de cure à l'altitude ou au bord de la mer. Chacun de ces appareils, en effet, n’enregistre qu'une partie des énergies calorifiques dont les multiples formes agissent simultanément dans un même lieu. Le thermomètre à cuvette noire, bien qu'il absorbe un grand nombre de radiations calorifiques, ne saurait être comparé, même de loin, au point de vue de ses propriétés absorbantes, au corps d’un individu en train de prendre son bain de soleil. [l ne tient d'abord pas compte de la chaleur par conduction, entouré qu'il est par un manchon où le vide à été fait. Il réagit, en second lieu, à des influences difficilement définissables comme le montre un exemple noté par Dorno‘: Une légère chute de neige fut suivie un matin d’une éclaircie qui fit fondre complètement la mince couche blanche dont le sol était recouvert. Au fur et à mesure que la neige disparaissait, et sans que l'intensité des radiations solaires variât, le thermomètre à cuvette noire descendait de 9 centigrades. On peut se demander si, dans cette circonstance, le thermomètre n’occupait pas une situation très spéciale sur un toit, bien en vue, et par conséquent pas nécessairement comparable à celle d’un malade étendu, nu, sur une galerie, partiellement à l’abri des regards indiscrets et de la réflexion dela neive®?;
Un autre exemple de Dorno montre que la mensuration des températures donne des résultats discutables. Un mince nuage passant sur le soleil fit baisser, un jour, les indications données par Fappareil de Michelson de 50 °/,, tandis que l'autographe solaire de Campbell-Stokes ne variait pas. On est donc réduit, au point de vue de la chaleur, à des approximations qui ne sont pas comparables entre elles.
En ce qui concerne les radiations lumineuses, nos connaissances n’ont pas non plus toute la précision désirable. Aïnsi, par exemple. les radiations ultra-violettes ont été encore si peu étudiées qu'en 1911 Dorno ne pouvait comparer le résultat de ses observations à Davos qu'avec ceux trouvés par Elster et Geitel à Wolfenbüttel. Pourtant ses chiffres diffé-
1 Doro, Studie über Licht und Luft des Hochgebirges, Braunschweig, 1911.
? En présence de cette insuffisance des appareils météorologiques, différents auteurs se sont préoccupés, sans grands résultats semble-t-il, de trouver un système permettant d'apprécier les influences thermiques en fonction de leur action sur l’organisme. Citons : J. VincenT, Nouvelles recherches sur la température climatologique, Bruxelles, 1907; Warp, Bull. Amer. geogr, Soc., April, 1904; FRANKENHxUSER, Ueber die Grundzüge einer vergleichenden Klimatik der Kurorten. Mediz. Klinik, 1913.
raient de ceux d’Elster et Geitel dans une forte proportion, puisque son appareil ne lui permettait guère de mesurer que l’intensité des radiations émises par le soleil, tandis que celui qui fut employé à Wolfenbüttel enregistrait les radiations ultra-violettes émises par la totalité du ciel. Il est à remarquer qu'au bord de la mer comme à l’altitude, un appareil qui enregistre les radiations émises par la totalité du ciel est insuffisant, car la réflexion, soit par la surface de l’eau au bord de la mer, soit à l'altitude, par la mer de brouillard et par la neige. comme on vient de le voir pour les radiations calorifiques, constitue un élément d'appréciation d’une importance bien difficile de traduire en chiffres comparables entre eux, mais dont il faudrait cependant tenir compte.
L’électricité atmosphérique a été étudiée à diverses reprises. Malheureusement ce domaine est encore loin de permettre des applications cliniques: nous ignorons en effet complètement l’action physiologique de ces quantités d'électricité, et il ém est d’ailleurs de même pour1la radioactivité qu'on observe à l'altitude. En revanche, on a des renseignements très précieux, au point de vue biologique, sur la pression barométrique et sur la tension de la vapeur d’eau.
À vrai dire, ces divers éléments d'informations seraient parfaitement insuffisants si un réactif singulièrement délicat ne venait nous montrer comment, d’une manière globale, tous ces phénomènes météorologiques agissent sur l’homme. Ce réactif, c’est l'observation clinique, et, dans quelques cas, l’expérimentation. Nous allons donc donner quelques brèves indications sur les elimats qui offriront à la cure de soleil les meilleurs adjuvants sans oublier de noter avec toute la précision possible l'effet que ces climats ont par eux-mêmes sur l'organisme.
Le climat d’altitude. — Le climat d'altitude, on est obligé de le reconnaître, a fait l’objet de travaux d’une importance considérable; aucun autre climat n’a été étudié avec autant de soin. La raison de ce fait, c’est qu'il est le seul à présenter une caractéristique dont l’action physiologique peut être mise en évidence de la manière la plus simple. Cette caractéristique, c'est la diminution de la pression atmosphérique. Depuis longtemps, les physiologistes se sont préoccupés d'étudier l'influence de ce facteur sur l'organisme. Déjà en 1877, Paul Bert consacrait un travail
40 LACOUREUDEMSOLEILL
à la pression barométrique. Après lui. les recherches sur ce problème se sont multipliées. Etant donnée l'importance de l'oxygène pour les êtres vivants en général, la question de savoir comment les organismes supérieurs réagissent à la diminution de la pression partielle de loxvgène pouvait être considérée comme une des plus pressantes de toutes. IT ne saurait être question d'examiner ici en détail quelles réponses les recher-ches récentes ont apportées à cette question. L'important n'est peut-être pas tant de connaitre l'influence particulière des différents facteurs du chmat d'altitude que de savoir comment 1l agit globalement.
La tension de la vapeur d'eau diminue avec l’altitude suivant une formule connue. Elle baisse beaucoup plus vite que la pression atmosphérique. Supposé que, toutes choses égales d'ailleurs, elle soit de T au niveausdlestanmertellenesiedet0 2000 tn uStqueMlaepression atmosphérique passe dans les mêmes conditions de 1 à 0,61 seulement. C'est ce phénomène qui explique pour une part importante la baisse de la température avec l'altitude. La vapeur d’eau absorbe les radiations calorifiques et constitue ainsi une sorte de réservoir de chaleur. Il résulte de 1à que les corps situés à l'altitude, s'ils recoivent beaucoup plus de chaleur du soleil, en irradient également beaucoup plus. Cela revient à dire queîles échanges calorifiques augmentent avec la raréfaction de Fair. Ce phénomène, auquel les physiologistes n’ont pas toujours, semble-t-il, attribué limportance qu'il mérite, peut-être à cause des difficultés qu'il y à à l’étudier seul et indépendamment de tout autre facteur, nous paraît avoir une importance considérable dans l'explication des effets physiologiques de l'altitude sur l'organisme. L'abaissement de la tension de la vapeur d’eau est, en effet. la raison pour laquelle, sur les hauteurs, la vianche sèche à l'air sans se putréfier. Or c’est, comme on la vu plus haut, ce phénomène qui amena Bernard de Samaden à pratiquer lhého thérapie.
L'humidité relative à été peu étudiée à la montagne à cause du froid : elle ne varie pas d’une manière régulière, mais suivant la direction générale des vents, l'exposition de la région considérée, etc. Elle ne peut donc Jamais caractériser qu'une station particulière. Il en est de même pour la nébulosité et pour les précipitations, qui peuvent être considérables ou très
faibles, à la même altitude, en deux endroits peu distants l’un de l’autre.
Les températures baissent avec l'altitude suivant une Toi approchée. établie par l'observation, comme le montre le tableau suivant qui donne. pour les différentes saisons et pour différentes régions montaeneuses, l’abaissement de la température movenne pour une élévation
le TOUMNeTreSE
RÉGIONS HaRz ERZGEBIRGE SUISSE Latitude: 02° ,— 502,9 470, — Hiver : DSÆS 00,43 0,45 Printemps : OO GA EAN Te 0°,69 00,68 povre Autonne : 0°,91 0956 os?
Moyenne annuelle : 0,58 00,59 0,98
Cette loi n'est pas sans comporter des exceptions. Hannt, en Carinthie, dans la vallée de Gôrschitz à constaté que la température peut monter
avec l'altitude:
LOCALITÉS ALTITUDES JANVIER HIVER Klagenfurt : 4A( mètres — (6°,2 — /9,6 E’berstein : SN) — 499 en oe Hüttenberg : 1 D — 30.1 — 20,5 Lolling : SAUT) — 20,9 — 1°,6
(au fond de la vallée) Lülling : 1400 » 10,0 1
(sur le versant sud)
Stelzing : TF0 oi — 302
On explique ce phénomène par l'ascension des couches atmosphé riques intérieures que -réchautie le Contact de la terre "D'autre part 4 chaleur irradiée par le soleil est beaucoup plus considérable à l’altitude que dans la plaine. Ce fait est en rapport direct avec la diminution de la tension de la vapeur d’eau. Dorno? à constaté que si les valeurs maxima sont, à Davos, peu supérieures à celles de Potsdam, la moyenne annuelle y est de 50° plus grande. En hiver, la différence atteint 75%,
1 Juzius Haxx, Handb. d. Klimatologie, Stuttgart, 1908-1911. Les tableaux qui sont reproduits pages 43 sont également extraits de cet ouvrage.
2ADOENO, 1 CDp.18;
quoique, par les montagnes qui lentourent, Davos soit privé de soleil trois heures par jour, en moyenne. Ainsi, l'altitude est définie, au point de vue des radiations thermiques directement émanées du soleil, par une très grande constance. Voici d’ailleurs quelques chiffres, à titre de comparaison, extraits d’un tableau de Dorno et dans lesquels sont données les sommes réelles de chaleur pour l’unité de surface horizontale et pour l’unité de surface normale à l'incidence des rayons, en même temps que la latitude :
SURFACES LOCALITÉS LATITUDES horizontale. normale.
T'reurenberg : 199,9 16,820 23,610 Potsdam : Dour 53,890 98.510 Montpellier : 45%0 HHES OU — Davos : 46°,8 Fe dE 137,904
Ainsi s'expliquent les chiffres souvent cités de Frankland, qui a mesuré les températures à l’ombre et au soleil pour une même hauteur du soleil au-dessus de horizon à différentes altitudes :
TEMPÉRATURES LOCALITÉS ALTITUDES à l'ombre. au soleil.
Waitby : 20 mètres 3207 an te Pontresina : 1800 » 200.1 440) Bernina : DURE 190,1 469,0 Diavolezza : 2980 » 6°,0 SH RS
Ces différentes constatations donnent la raison pour laquelle les variations annuelles et les variations quotidiennes de la température diminuent avec l'altitude. M. Angot l’a constaté, il y a longtemps déjà, à la tour Eiffel, Voici un résumé du tableau qu'il a publié, à ce sujet. Il donne la variation moyenne de température en hiver et en été aux différents étages de la tour Eiffel :
HAUTEURS HIvER ÉTÉ 2 mètres 40,0 sl 193 » 20 9 6°.,4 17H) DIS DT
Les deux tableaux suivants empruntés à Hann témoignent du même phénomène. Le premier donne pour un certain nombre de localités situées à peu près à la même latitude, mais à des altitudes différentes, les variations quotidiennes moyennes pour l'été et pour l’année :
LOCGALITÉS ALTITUDES ÉTÉ ANNÉE Klagenfurt : 448 mètres 90,0 7,0 Bucheben : 1250 8° ,1 6°,3 Kolm Saigurn : 1605 » 90,8 10 8 Obirgipfel : 14. D 2030 Do Sonnblick : 108 :9 PM | 10,6
Le tableau suivant donne les variations annuelles de la température : LOCALITÉS ALTITUDES VARIATIONS ANNUELLES
Alistäütten ; 470 mètres 190,9
Trogen : 900» ES
Gübris : 12502" An
Rigikulm : done 140,4
Santis : 2500» 1 A
Sonnblick : 31056 in
Même lorsqu'elle est très pure, l’atmosphère exerce sur les rayons de différentes longueurs d'ondes des effets différents. Elle est moins transparente pour la partie violette du spectre que pour la partie rouge. Elle donne d’ailleurs dans l'infra-rouge des bandes d'absorption importantes. Le tableau suivant, extrait d’un livre récent de G. Abbot!, donnera une idée approximative de la réduction que l’atmosphère fait éprouver aux différentes radiations solaires suivant les longueurs d'onde et suivant la masse atmosphérique traversée. Sous les colonnes T cette masse est égale à 1 : le soleil est alors au zénith. Sous les colonnes 3, cette masse est égale à 3, et le soleil est alors à une distance du zénith de 70082". G. Abbot ne donne pas avec une très grande précision l’altitude des différentes Stations. L'observatoire de Washington est « près » du niveau de la mer: celui de Mount Wilson à 1800 mètres et celui de Mount Whitney à 4800 mètres environ («près » de 3 milles anglais).
1 G. ABBoT, The Sun. New-York and London 1911.
LONGUEURS D'ONDES MounT WHITNEY MouxT WILSON . WASHINGTON ] 9 ] 5) 1 D 0 à 490 y 0,250: 0,165 0252407121 D A127AAUUSS 450 à 700 — 0.666 0,970 DI0 5e 0 07 DS SU US 100 à = — Lol 0725 0,694 0.656 0,688 0,967 OA — OS MIE EC NE it 10249000
Ainsi, à l'altitude, le soleil est plus lumineux en rayons ultra-violets — compris entre 450 uu et 291 uu — et plus intense que dans la plaine, même par un temps idéalement clair.
En outre, au point de vue de la luminosité totale comme au point de vue des radiations thermiques. le climat d'altitude se distingue de celui de la plaine par une plus grande régularité saisonnière. Les maxima qui ont lieu en été ne sont pas beaucoup plus forts sur la hauteur que dans la plaine. Par contre, en.hiver, la différence est considérable : à Davos, par exemple, la luminosité est 6 fois plus grande, en hiver, qu'à Kiel et, en été, 1,8 fois plus seulement.
La partie bleu-violet du spectre dont la longueur d'ondes est, en moyenne, de 440 wu, et qui est la région active au point de vue photographique. présente des variations saisonnières plus fortes que les réocions du spectre constituées par des ravons de plus grandes longueurs d'ondes. Ces variations sont moins considérables à l'altitude qu'à Îla plaine.
Les ravons ultra-violets qui déchargent la sphère de zinc amalgamée et dont la longueur d'ondes est en movenne de 370 pu, n'ont fait l'objet que d’un très petit nombre de travaux. Notre collaborateur, le D' Alfred Rosselet, a publié, en 1912, le résultat d’un certain nombre de mensurations pratiquées. à notre instigation, en 1908, avec l'appareil d'Elster et de Geitel, alternativement, à Lausanne (453 m. d'altitude) et à Levsin- Village (1500 m.). Les mensurations ont permis de faire les constatations suivantes : « L'intensité des radiations ultra-violettes est toujours plus faible à Lausanne qu'à Levsin. et, dans cette dernière station, la différence dans l'intensité entre l'hiver et l'été est moins considérable qu'à Lausanne*?, » Voici, d'ailleurs, les résultats movens des observations faites.
1 ALFRED ROSSELET, Contribution à l'étude de l'intensité des radiations ultra-violettes solaires, Bull. de la Soc. vaudoise des Sc. nat. — Vol. 48, 1912.
Les chiffres indiquent, en secondes, les temps nécessaires à décharger la
sphère de zinc: ils sont, par conséquent, inversément proportionnels aux
intensités :
Mois LAUSANNE LEYSIN Secondes Secondes Mai : 19 10,5 Août : 0 (® Septembre : T5 Octobre : 15 12 Novembre : 42 2 Février : 44 249
Les figures! 1el2 représentent, les courbes /qui ont été. obtenueswa Lausanne et à Leysin dans les conditions qui viennent d'être exposées.
Dorno a fait des observations analogues. Il s’est servi du photomètre d'Elster et Geitel qui lui donnait l'intensité des radiations émanées directement du soleil et d’une région du ciel Himitée par un cercle dont le centre crandesolentet dont de ravonmesurat10%"Cenrait a empeéchetdétabtir des comparaisons rigoureuses avec les observations faites à Wolfenbüttel par Elsier et Geitel qui, eux, se servaient d’un appareil donnant l’intensité totale des rayons ultra-violets. Cependant, il y a lieu de noter que, si les intensités de Wolfenbüttel sont beaucoup plus fortes que celles de Davés, en-été, — par la raison qu'elles tiénnent compte de la:totalitétdes radiations, — elles sont plus faibles absolument pendant les mois de décembre et de janvier, ce qui suffit à démontrer la supériorité énorme de Davos pendant la saison froide. Dorno à noté, au surplus. que les ravons ultra-violets présentent des variations saisonnières cent fois plus fortes que les rayons calorifiques. Il à également constaté que la courbe des intensités s'abaisse moins vite qu’elle ne s'élève. Cest là un phénomène qui na pas d'analogue parmi les radiations solaires. Il importe de noter que l'humidité de Fatmosphère augmente l'intensité des rayons ultra-violets, tandis qu'elle diminue celle des rayons calorifiques.
La luminosité du ciel diminue avec l'altitude au profit de celle du soleil. Ce phénomène, connu depuis longtemps, est d'autant plus marqué
qu'il s’agit de rayons plus réfrangibles. Cest là une conséquence de la