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Le climat maritime varie dans des proportions considérables suivant qu'il S’agit de stations situées sur Ja mer du Nord, sur la Manche. sur l'Océan Atlantique ou sur la Méditerranée. Tandis que les unes sont exclusivement fréquentées en été, d’autres ne le sont qu'en hiver, d’autres enfin le sont plus ou moins en toute saison, 1l serait donc vain de chercher à caractériser dans le détail le climat maritime, qui ne se prête évidemment pas à un tel travail. Le mieux, assurément, est de prendre CoMIMe type une Station qui, comme celle de Berck amaitesestpreuves, et de demander à ceux qui la connaissent quels effets elle produit sur les malades. Voici donc ce que dit Ménard de la station qu'il connaît si bien, au cours de son «Etude sur la coxalgïe ! »
« Le froid et la chaleur sont toujours modérés au bord de FOcéan. » En été, on est rarement incommodé par la chaleur. Même lorsque l'été » est exceptionnellement beau, c’est à peine si une dizaine d'après-midi » sont trop chauds. La brise, du reste, ne cesse presque jamais sur la » plage. L'action bienfaisante de la mer consiste essentiellement à im- » primer aux fonctions respiratoires une réelle suractivité. En dehors de » la présence signalée de l’iode ou de l’ozone, l’air est d’une pureté par- » faite sur la plage. Il est exempt de toute poussière. Il faut encore noter » le rôle actif du vent et l'intensité de la lumière. Quelle que soit l’expli- » cation des chimistes et des physiciens, on constate chaque jour l’action » spécialement oxydante de l’air au bord de la mer. Le fer résiste mal: » il est d’un médiocre emploi dans la construction : la rouille le détruit » rapidement. On peut remarquer avec quelle rapidité les cheveux un » peu longs se décolorent au bord de la mer: la partie de la chevelure » directement exposée au soleil et à l’air est pâlie, si on la compare aux » parties profondément cachées ou voisines du cuir chevelu. On dirait » que l'extrémité des cheveux a subi une action chimique analogue à celle » de l'eau oxygénée. Même influence sur l’épiderme des parties décou- » vertes. Les mains, les pieds, les visages de nos malades sont plus » profondément brunis que s'ils habitaient un climat chaud et ensoleillé » comme la Provence ou l'Algérie. Le visage en particulier est modifié » d’une manière remarquable en deux sens différents, suivant le teint
1 V. Ménarp, Etude sur la coxalgie, 1907.
CLIMATOLOGIE Do
»detanpersonne: ul noircit Chez lesbruns: Alrouviticheztles. blonds: » Ces effets résultent de l’action simultanée de Fair maritime, du vent » et de la lumière. La grande fréquence des coups de soleil sur la face » ou sur les jambes nues, chez des personnes qui arrivent à Berck, » même dans les jours où le soleil est voilé, démontre assez bien lirri- » tation produite par l'air marin. Le principal bienfait du traitement » maritime est sans aucun doute obtenu par les promenades au bord de » la mer. Rentrés pour la nuit, les malades peuvent encore prolonger » la cure d'air, dormir la fenêtre ouverte par temps calme. »
Les effets qu’on obtient à Berck, à en juger sur l’exposé si autorisé de Ménard, ne sont peut-être pas aussi éloignés qu'on pourrait le croire de ceux qu’on obtient à l’altitude. Comme l’a récemment dit Calvé! « L'héliothérapie fait partie intégrante du climat marin et joint son » action à celle des autres agents stimulants de ce climat. » L'organisme est soumis sur la Manche, pour des raisons que nous pouvons supposer, — mais non définir en l’absence de toute recherche de physiologie pure — à des.conditions d'existence plus difficiles. Il se trouve ainsi excité dans le fonctionnement d’un certain nombre d'organes ou d'appareils et acquiert par là une plus grande force de résistance.
[ faut d’ailleurs noter que le climat maritime comporte des bains. Cest là un facteur qui, lorsque les localisations morbides le permettent, peut constituer un adjuvant d’une certaine importance. A Berck, par exemple, comme l’a fait remarquer Ménard au Congrès de physiothérapie tenu à Berlin en 1915, on baigne de plus en plus les enfants au moins à partir de cinq ans, de juin à septembre. En outre, les enfants, même très jeunes, courent pieds nus sur la plage et prennent des bains de pieds prolongés dans les bâches que laisse la mer en se retirant. Enfin, une piscine à eau de mer chaude a été installée dans les nouvelles constructons de l'Hôpital Maritime. Les stations de l'Océan Atlantique ont beaucoup d’analogie avec Berck : les vents y sont vifs, les bains de mer peuvent S'y pratiquer dans les mêmes conditions. Inversement, les stations de la mer du Nord ont un climat plus rude et par conséquent plus difficile à supporter en hiver.
1Cazvé, De l'importance des hôpitaux marins dans le traitement des tuberculoses chirurgicales. Congr. int. de la tuberculose. Rome 1912.
Les stations méditerranéennes ont des caractères un peu différents. D'abord, elles sont fréquentées en hiver. L'été, malgré le voisinage de la mer, semble y être moins facilement supporté qu’à Biarritz, par exemple, dont la latitude est à peine plus septentrionale que celle de la Riviera. Les bains peuvent être pris pendant la saison froide. Les médecins de la Riviera insistent depuis quelques années sur la vivacité du soleil dont jouissent leurs stations en hiver. Malheureusement, jusqu’à présent, au- CUITORIN OST DEC CATORELENDTIS CRTC LR OT CAUSES TMD OS EIDIÈAUS se rendre compte des différences qui existent à ce point de vue entre l’altitude et la Riviera. Espérons que cette lacune sera bientôt comblée. Au total. le climat méditerranéen paraît être assez différent de ceux que présentent l’altitude, les stations de la Manche ou celles de l'Océan. Il semble être plus sédatif et ne pas présenter cet élément excitant auquel nous attachons, pour notre part, une si grande importance comme adjuvant de ASCuresdeMlurmere ANT les tebhientEviIdentEAnVer eme STUNT Riviera MENCICIRESIAClarrSe Le Sole bn lea ec UTRécIa tie
PÉAuUteUIMASeUTRnCEre le venue nn IE ALELEUUTIESSD EE naturellement aussi variés que possible : if ne saurait donc être question de les examiner en détail ; ils valent, au point de vue de la cure de soleil, ce qu'y est la transparence de l’air, mais ils ne constituent pas, ou ils ne constituent qu'à un très faible degré, un adjuvant à l'héliothérapie. Dès lors, il est sans intérêt d'examiner quel peut être le climat de Lyon, de Cologne et d'autres endroits, où des chirurgiens pratiquent — non sans succès d’ailleurs — ÏIa cure de soleil.
Conclusion. — En résumé, de même que la lumière nous à paru développer dans l'organisme ce processus de défense qu'est, en dernière analyse, la pigmentation, de même nous sommes amené à conclure que le climat d'altitude rend l'organisme plus résistant. Sur les hauteurs, sur toutes les hauteurs — il n’est peut-être pas tout à fait inutile d'insister — ces deux moyens thérapeutiques se trouvent réunis et peuvent être utilisés toute l’année. C’est là un fait tout à fait capital et que les stations maritimes n'offrent jamais au même degré. À Ja mer il
existe un facteur, mal défini sans doute, mais dont on ne saurait pour-
tant contester l'efficacité et qui rend les individus plus résistants. La description clinique de Ménard, que nous avons reproduite, rapprochée des faits constatés par différents auteurs, et notamment par Finsen, relatifs à la vaso-dilatation des vaisseaux superficiels sous l'influence de la lumière et des intempéries, montre qu'un climat un peu rude possède, lui aussi, une influence excitante. Il est regrettable seulement que des expériences précises n'aient pas été faites à ce sujet.
D'autre part, le second facteur. le soleil, n’est pas également réparti sur toutes les côtes maritimes : il suffit d'ailleurs que le vent règne quelque part pour empêcher de prendre des bains de soleil complets. Aussi Ménard reconnaît-il qu'à Berck ses enfants n'en peuvent, pour ainsi dire, pas prendre. Il en est peut-être un peu autrement sur le golfe de Gascogne où les étés sont assez chauds pour que le bain de soleil puisse y être pris même par un peu de vent. La Riviera, où l'héliothérapie se pratique en hiver, a toujours été considérée comme sédative. Elle semble, par conséquent. être moins abondamment pourvue que les côtes de l'Océan ou de la Manche de ce facteur excitantet stimulant que l'altitude possède à un si haut degré et qui entre pour une si grande part, à notre sens, dans les résultats que nous obtenons à Leysin avec la cure de soleil.
Nous donnons en terminant quelques renseignements météorologiques sur Biarritz, Beaulieu et Leysin. Ces renseignements, empressons-nous de le dire, n'ont pas une valeur telle qu’ils puissent permettre des généralisations. Les facteurs les plus importants manquent. Il faudrait, par exemple, en ce qui concerne-les heures d’insolation, tenir compte surtout des radiations efficaces comprises en 310 et 250 uu et qui, comme nous l'avons vu, sont deux ou trois fois plus abondantes à l’altitude qu'à la plaine. Mais actuellement une comparaison de cette espèce n’est pas possible pour les stations climatiques.
Les renseignements que nous donnons dans les tableaux ci-après sont tirés, pour Îles stations françaises, de l'Atlas météorologique de G. Eiitel.
Les chiffres de Leysin nous ont été obligeamment communiqués par M. Ch. Bührer, professeur à l’Université de Lausanne.
Déc Biarritz M 12 moyenne de Be 1896-1905 ),) Beaulieu ne HÉTON E moyenne de > 1896-1905 m { Leysin \ 108 moyenne de Te 1891-1897 M —IU,X Déc.
Biarritz .
1886-1910 16 Beaulieu moyenne de 12 9 années Leysin ë 1894-1898 (3) Déc.
Beaulieu , 1908-1912 11?
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