‹ La Cure DécliveChapitre 18 sur 24 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Cette position de cure, en matière de traitement de la tuberculose pulmonaire, n’est pas une acquisition récente. Elle a été employée autrefois pour favoriser la stase sanguine et lymphatique dans le parenchyme pulmonaire apical lésé, et, pensait-on, de ce fait la sclérose,des lésions tuberculeuses du sommet. Elle est

cmployée encore classiquement à la suite des interventions sur le nerf phrénique pour accroître la dé- tente dynamique verticale provoquée par la paralysie du nerf. Quant à sa mise en pratique au cours des pneumothorax avec larges brides apicales, il ne semble pas qu’elle ait été sérieusement étudiée jusqu’à ces derniers mois. Le premier travail que nous ayons trouvé sur la question est tout récent el a paru dans la Presse Médicale du 26 se eptembre 1936 sous la signature de MM. Jacques-Philippe LELONG et Edmond PEYRE.

… La technique que nous avons employée est infiniment simple et ne nécessité aucun appareillage spécial, tel qu ’épaulières pour empêcher le malade de glisser. Nous croyons que le premier principe est de

mettre le sujet en une position suffisamment déclive pour que la force poids du poumon change de sens, mais sans exagération pour ne pas rendre la cure péjiible à supporter. Il faut que dans cette position le malade puisse se reposer.

Supprimant l’oreiller ou les oreillers, nous faisons placer simplement sous les deux pieds du lit des billots en bois ou des briques d’une hauteur moyenne de 20 à 30 centimètres. Un second principe, qu’il sera surtout nécessaire de mettre en pratique dans la cientèle hospitalière, c’est, au début tout au moins de la cure, de faire surveiller plus attentivement le sujet. On comprend que la position déclive ne peut avoir d'effets que si elle est gardée non seulement la nuit, mais aussi pendant la plus grande partie de la journée ; et souvent nous avons pu constater qu’un sujet, au début du traitement, profitait de quelques insants de non-surveillance pour s’asseoir sur son lit, alors que les malades en déclive depuis un certain temps restent d'eux-mêmes dans cette position.

cette position.

Il existe cependant une petite complication fréquente dans les débuts de la cure et qu’il nous semble utile de connaître, bien qu’elle ne soit d'aucune gravité : les malades se plaignent de pesanteur gastrique, de lenteur de la digestion. Hâtons-nouùs de dire que presque toujours ces petits troubles disparaissent d'eux-mêmes quand le sujet s’est habitué à la position déclive, Pour les éviter dans une certaine mesure, il sera bon d'autoriser les malades non seulement à

en.

CT

prendre leurs repas assis, mais encore à rester le thorax légèrement surélevé pendant une à deux heures après.

Nous n'avons nullement l'intention d’opposer la cure déclive aux sections d’adhérences, la section endo-pleurale, lorsqu'elle est possible, s'impose et constitue le (raitement le meilleur et le plus sûr. Il est même permis de concevoir que les deux traitements puissent s'associer dans certains cas particulier, soit que l’on désire laisser à une adhérence la possibilité d'une élongation avant l'intervention, soit que l’état général déficient commande de temporiser.

Les améliorations que nous avons obtenues par la cure en position déclive nous semblent dues surtout à la détente des lésions qu’elle entraîne, mais, sans sortir de notre sujet, nous croyons pouvoir mentionner que la stase sanguin et lymphatique au niveau des lésions peut être envisagée comme un facteur auxiliaire. Nous avons constaté, en effet, sur plusieurs clichés pris en position déclive une opacité plus

marquée du parenchyme pulmonaire apical,

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