‹ La Cure Libre de la Tuberculose Pulmonaire: Principes, Indications, Technique, RésultatsChapitre 8 sur 51 · CAS · texte numérisé non relu

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graves que ceux observés par Lalesque. Et il affirmait que « sauf quelques indications, d'ordre plutôt secondaire, la tuberéulose pulmonaire chronique, la plus commune, guérit indistinctement et aussi bien à la plaine qu’à la montagne, à la mer qu’au désert, sous la double et formelle condition toutefois, pour le malade, d'y trouver de l’air pur et d'y observer une hygiène toute spéciale, » ?

Aux faits cliniques cités par Lalesque, s’en ajoutaient

bientôt d’autres. Au Congrès de la tuberculose de Na-

ples (avril 1900), M. le D' Brunon présenta un important travail « démontrant que la cure faite librement en Normandie est assez efficace pour améliorer et guérir certains cas de tuberculose » et basé sur 50 observations suivies de 1892 à 1900. Sur ces 50 cas de tuberculose, M. Brunon publiait 14 cas de guérison ou d’amélioration persistante depuis plusieurs années. Quel sanatorium allemand pouvait se réclamer d’un aussi beau. résultat, d’un pourcentage semblable de guérisons ? Est-ce - que Brouardel et Grancher, d’après les statistiques allemandes mêmes, au Congrès de Berlin, n’affirmaient pas qu’il ne fallait pas espérer plus de 10,08 °/, de guérisons, et encore parmi les malades des classes aisées, c’est-àdire non déprimées par la fatigue du travail ou les privations ? |

Le professeur Landouzy avait su rendre justice à la cure libre, devant des résultats aussi manifestes ; il confirmait l’efficacité et la réalité de la cure libre, en écrivant dans la Presse médicale: « Pour se faire en des manières de home-sanatoriums libres pour se faire sur-

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veillée en villas-sanatoriums, en dehors de tout établissement fermé, pour se faire en climat marin, sur un bassin atlantique méridional, ou au milieu des pins, la eure

des tuberculeux ne s’en inspire pas moins de la méthode

de Dettweiler ; aussi les résultats qu’elle donne sont-ils

des meilleurs. »

Aussi, après cette voix autorisée, ilne faut plus compter les appréciations flatteuses, voire enthousiastes, sur la cure libre. Lemoine et Carrière conseillent la méthode de Lalesque, « chacun pouvant se guérir chez soi, en se reposant et en s’alimentant » (Bulletin médical, 1* mai 1901).

J.-M. Durand, médecin des hôpitaux de Bordeaux, reconnaît qu’ « à la formule.trop absolue des Allemands est venue se substituer une formule nouvelle, qui admet que le sanatorium, bon pour certains malades, n’est pas indispensable pour tous, et que le traitement méthodique de la tuberculose peut se faire tout aussi

bien en cure libre et donner d’aussi bons résultats que

dans les établissements fermés. » (Journal de médecine

de Bordeaux, décembre 1902.) Au Congrès international d'Hydrologie, de Climatologie et de Géologie, tenu à Grenoble le 29 octobre 19092, si Sersiron, trop pessimiste, craignait que l’adoption du système de Lalesque « au sein des familles de paysans ne prenne une importance inquiétante » dans un « avenir très prochain », et cela faute de mesures prophylactiques, et n’acceptait le sanatorium de fortune que comme « un pis-aller ou quelque chose de tout à

fait provisoire », Marcellin-Cazaux déclarait nettement

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que « ce système thérapeutique du sanatorium organisé chez soi, le home sanatoriumselon l’heureuse expression du professeur Landouzy, la cure libre, comme la. dénomme le D° Lalesque, conviennent aux malades avancés ou à toutes les périodes, aux malades riches qui ont la volonté de guérir. Ceux-ci s’astreindront â

suivre toutes les prescriptions du médecin, mème hors

de la présence de celui-ci, et pourront retirer du traitement fait chez eux le même bénéfice qu’ils auraient retiré du séjour dans un sanatorium fermé. Ils pourront même en retirer un bénéfice plus grand, car ils pourront faire leur cure sous un climat de choix... »

Au même Congrès, les professeurs Robin et Renaut

(de Lyon) ne se montrèrent pas moins affirmatifs à l’é-

gard de l'efficacité et des avantages de la cure libre. A l'étranger, la cure libre était acceptée même par les plus chauds partisans du sanatorium. A la Société berlinoise de médecine, à la séance du 14 janvier 1903, J. Katz déclarait que, jusqu’à ce jour, on avait trop négligé l’importance du facteur climat dans l'établissement des sanatoria. Et Sénator félicitait Katz d’avoir eu « le courage de nager contre ce courant d'opinion, déjà moins violent qu'auparavant, mais encore très fort, d’après lequel le meilleur moyen de lutter contre la tuberculose

consisterait à créer des sanatoria, sans prendre en

‘considération le climat ». En Allemagne, on organisait

d’ailleurs, depuis 1900, des sortes de cures d’airen forêt, les « Erholungstaette » où les malades venaient respirer l'air pur depuis le matin jusqu’au soir, soit étendus

sous les arbres de la forêt, soit se reposant dans des fau-

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