‹ La curiositéChapitre 14 sur 45 · LE MUSÉE CORRER A VENISE · texte numérisé non relu

LE MUSÉE CORRER A VENISE

galère amirale de Venise, ce fameux Bucenlaure que le doge ne montait que dans de rares et illustres occasions. Ce lambeau de soie, oublié au fond d’une salle humide, a vu pendant trois siècles s’incliner devant lui les dots de la Méditerranée, depuis la mer de Gènes où il était jalousé jusqu’aux Dardanelles où il était redouté. Le cicerone disparut pour faire place à un fils de Venise comparant avec tristesse le passé de sa ville natale à son présent. Le motif qui faisait trembler sa voix était le plus noble et le plus légitime des sentiments, l’amour de la patrie. Je m’éloignai rapidement, et une heure plus tard, à l’autre bout de Venise, je visitais, au milieu du silence de l’arsenal, les débris de ceBucentaure dont le pavillon est la curiosité la plus humble, mais non la moins glorieuse, de toutes les curiosités du musée Correr.

Mars 1862 .

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