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CHAPITRE I

Résultats généraux obtenus dans le traitement de l'hypertension artérielle permanente par la d'Arsonvalisation. Efficacité, rapidité, constance de la méthode. Durée des résultats. Importance du régime alimentaire. Résultats comparatifs de l'’autoconduction et de la condensation.

Dès que M. le professeur d’Arsonval eut découvert les courants de haute fréquence et fait connaître leurs propriétés physiologiques, les cliniciens tentèrent de voir quels bénéfices ils pourraient tirer au point de vue thérapeutique de cette nouvelle méthode.

Bientôt Apostoli, après avoir employé ce mode de traitement chez plusieurs centaines de malades, apportait comme conclusions de ses recherches les quatre modifications suivantes qui résumaient les effets thérapeutiques obtenus au moyen de l’autoconduction :

Retour du sommeil ; |

Relèvement des forces et de l’énergie vitale;

Réapparition de la gaieté, de la résistance au travail et de la

facilité pour la marche ;

Amélioration de l'appétit.

Les heureux effets obtenus dans le rhumatisme chronique furent indiqués parle D° Rilhac dans sa thèse inaugurale.

En un mot, toutes les maladies rangées par M. le professeur Bouchard dans le groupe des maladies par ralentissement de la nutrition sont susceptibles de bénéficier de ce mode de traitement.

Mais les résultats obtenus l’étaient à une telle échéance que des auteurs ne voulurent pas voir dans le traitement la cause de l'amélioration obtenue et vinrent dénier à l'autoconduction toute action thérapeutique.

Et le rapport présenté au congrès d'électrothérapie et de radiologie de Paris 1900, sur les propriétés thérapeutiques des courants de haute fréquence et de haute tension, concluait à la faiilite de l’autoconduction et à la seule efficacité thérapeutique des applications locales de haute fréquence à l’aide du résonnateur.

Mais, se plaçant à un point de vue tout autre, dans ces dernières années le D' Moutier constatait l’action efficace, énergique, de la d’Arsonvalisation dans l'hypertension artérielle permanente. A sa suite, quelques auteurs (1) sont venus confirmer ses résultats.

Le Dr Moutier résumant ses travaux dans une communication faite au Congrès de Grenoble en 1904, s'exprime ainsi :

« Actuellement, l’action de la d’Arsonvalisation ne peut plus être mise en doute, étant donné que l’on peut, après chaque séance, constater, à l’aide du sphygmomètre ou du sphygmomanomètre, chez les hypertendus, des abaissements de pression artérielle, dans des conditions telles que les résultats observés ne peuvent pas être imputés à une erreur de mensuration. Au débul

du traitement, à la première séance, nous observons, en effet,

(1) MM. Bonnefoy, Gidon, Ugo-Gay.

des abaissements de pression de 3, 4, 5 et même 6 cm. de mercure et cela dans l’espace de quelques minutes. »

A celte première constatation nous n'avons qu’une seule chose à ajouter, c'est que l’abaissement peut être encore plus considérable : dans un cas nous avons constaté un abaissement de 7 cm., et le D' Moutier nous a fait savoir qu'il avait lui-même constaté un abaissement de 9 cm.

Dans les séances ultérieures, les abaissements de pression sont moins considérables.

Le nombre de séances nécessaires pour ramener la pression d’un hypertendu à la pression normale, 15 à 16 cm. de mercure au niveau de la radiale selon l'appareil employé, est extrêmement variable.

Dans les 50 observations que le D' Moutier et nous-même avons publiées au Congrès de médecine de 1904 le résultat a été

obtenu :

En 1 séance dans 19 cas.

Mais nous avions affaire à des malades d’une nature toute spéciale (vieillards) et dans des conditions d’hygiène alimentaire toute particulière, ainsi que nous l'avons fait observer.

Aussi la tension artérielle, chez ces malades présentant une assez forte hypertension permanente, a-t-elle été ramenée à la normale en moins de trois séances dans la plupart des cas. « Il en est de même chez la plupart des préscléreux de Huchard ou les instables de Vaquez. »

Chez les malades de ville, «en général la pression normale est

obtenue après une série de 6 à 10 séances. toujours nous avons obtenu la normale après 16 à 20 séances » (Moutier).

Pour l'instant on peut dire que dans les cas observés par les divers auteurs le nombre de séances nécessaires pour ramener la pression de différents hypertendus à la normale a varié de 1 à 20 séances.

Au point de vue de la rapidité de l’abaissement les cas peuvent être classés en (1) :

Abaissement retardé, moyen, rapide, très rapide.

Il nous faut ajouter une classe : abaissement immédiat.

« La rapidité de l’abaissement de la pression ne semble, en général, être en rapport ni avec la gravité, ni avec l'ancienneté de l’artériosclérose, ni même avec le degré plus ou moins élevé de l'hypertension artérielle », et le D° Moutier ajoute : « Mais elle semble être en rapport, et dans un rapport très étroit, avec l'hygiène et surtout l'alimentation du malade ».

Et les 50 observations dont nous parlions sont venues vérifier cette conclusion, Ces malades étaient en effet des gens âgés, usés par la vie, soumis à une hygiène médiocre, mais surtout à un régime alimentaire tel qu’il constituait une stricte ration d’entretien. Pour la plupart même, ils étaient soumis à ce régime depuis un temps fort long.

Et même sept d’entre eux (2) étaient au régime lacté mitigé (c’est-à-dire 2 ou 3 litres de lait etau maximum 250 grammes de pain par Jour).

l'était à ce régime depuis Tans.

il = 4 — — 2 Gus.

— — 18 mois.

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= jp Pr = —

(1) D' Moutier, Com. au Congrès de l’Ass. Fr. pour l’Av. des Sc., Grenoble, 1904.

(2) Voir : observations XII, XXVIIL, XXX, XLVII, XLVIII.

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OT

Or ce régime, le régime par excellence, n'avait pas, durant ces longues périodes, déterminé l’abaissement de la pression que nous avons obtenu en quelques séances.

Et cependant, à l'encontre de ce que nous disions tout à l’heure, malgré ces régimes sévères, un certain nombre d’entre ces malides ne sont venus à la normale qu'après un nombre relativement grand de séances: ceretard paraît imputable dans la plupart des cas à des lésions organiques diverses.

Le malade de l'observation XIV était atteint de tabès et il fallut 9 séances de d’Arsonvalisation pour ramener sa tension artérielle à la normale.

Les malades des observations XXVIIT, XLVII, XLVIII, étaient atteints d'insuffisance et de rétrécissement aortique et il fallut respectivement, pour que leur tension artérielle atteignit la normale, 11 séances, 13 séances et 19 séances.

Enfin les malades des observations LI, LIT, LIT, étaient atteints d'hémiplégie, et il fallut 12, 12 et 9 séances pour que leur tension artérielle fût ramenée à la normale.

Les lésions organiques pourraient donc, comme les régimes insuffisamment sévères, augmenter la durée du traitement.

Nous venons de faire remarquer toute l’importance du régime alimentaire, si bien mis en lumière par le D' Huchard.

Le D' Gidon de Caen a rapporté les résultats qu'il avait obtenus par la d’Arsonvalisation chez 5 malades atteints d'hypertension artérielle, non soumis aurégime alimentaire.

Dans un cas l’abaissement a été obtenu en 8 séances ; la tension de 24 cm. a été ramenée à 16 cm., et, sous l'influence du traitement le malade a vu son appétit augmenter.

Dans un 2° cas, la tension de 25 a été ramenée à 15,5, en 11 séances.

Dans le 3° cas, la tension de 24 a été ramenée à 16, en 16 séances.

Enfin dans les deux autres cas, 14 séances n'ont amené respec-

tivement les tensions de 27 et 25 qu’à 18 et 19, et encore faut-il considérer ces chiffres comme non stables.

Ces faits confirment ce que nous disions plus haut. Dans ces cas, la longueur du traitement doit être attribuée en partie au régime alimentaire. Ils apportent toutefois cette notion intéressante, surtout au point de vue pratique, que dans certains cas on peut fort bien se passer du régime, quitte à prolonger un peu la durée du traitement.

Un régime alimentaire défectueux, des lésions organiques sont donc les deux principales causes qui peuvent apporter un retard dans l’abaissement de la tension artérielle. Il nous faut en signaler

de suite une troisième : la constipation habituelle.

Nous venons de voir l’action énergique de la d'Arsonvalisation, la rapidité des résultats obtenus, les causes qui pouvaient modérer cette rapidité. Un point intéressant doit nous arrêter maintenant : À quel moment de l'application du traitement se produit cet abaissement de la tension artérielle ?

« L’action de la d’Arsonvalisation est très rapide ; de nos recherches il résulte qu’elle s'exerce dans les premières minutes de la séance ; dans les cas que nous avons observés, cette action a toujours été complète au bout de cinq minutes, et même, en général, au bout de deux ou trois minutes, et nous n'avons Jamais obtenu un abaissement plus grand en prolongeant la séance » (Moutier).

Ces faits d'observation clinique que nous avons pu constater par nous-même, à savoir que: en quelques minutes la d’Arsonvalisation produit fout son effet, et qu'une seconde application de cinq minutes par exemple, une troisième même (1), n’amenaient

pas une nouvelle baisse de la pression, nous ont incité, sur les

(1) Nous ne parlons ici que des applications renouvelées d’un même mode de d’Arsonvalisation, cage ou chaise; nous verrons plus loin qu’il n'en est pas de même si l’on change de mode d'application.

conseils du D' Moutier, à faire quelques recherches sphygmographiques sur ce point.

En même temps ces recherches devaient nous montrer les modifications sphygmographiques apportées par cet abaissement rapide de la pression.

On sait, bien que de nombreux auteurs semblent l'ignorer dans leurs publications, que l'on ne peut comparer 2 tracés pris sur le même point d'une même artère d’un patient, si l’on a dérangé l'instrument transmetteur de sa première application.

Vu la rapidité d'action de la d’Arsonvalisation, nous avons pu employer un dispositif simple nous donnant des résultats d’où nous pensons avoir exclu cette cause d’erreur.

Nous placions dans la cage un malade, après lui avoir pris sa tension artérielle. Entre deux spires de la cage, nous lui faisions passer le bras qui venait reposer sur une table placée à côté. Nous assujettissions un sphygmographe à transmission et le mettions en communication avec un tambour à levier (1). Le style venait inscrire le tracé du pouls sur un grand cylindre enregistreur. Après avoir pris le tracé au repos pendant 1 ou 2 minutes, nous faisions passer le courant, sans interrompre l'inscription. Au bout de 5 à 6 minutes le courant était interrompu. L’expérience était terminée, inscrite à toutes ses phases.

Dans les tracés que nous publions, on peut remarquer les modifications qu’a entraïnées l'abaissement de la tension artérielle. Nous avons inscrit vis-à-vis de chaque tracé la valeur de la tension artérielle, car on ne saurait les lire sans tenir compte de cette valeur qui doit servir de terme de comparaison.

On peut voir que la forme du tracé est améliorée d’une façon générale: les crochets sont plus nets, plus marqués.

On n’observe pas de différence notable dans Pamplitude, car,

(1) Nous ne saurions trop remercier ici M. Charles Verdin, qui avec la plus grande bienveillance, nous a donné ses conseils, et a mis à notre disposition tous les instruments nécessaires,

si l’abaissement de la tension produit une augmentation de lélasticité de la paroi artérielle, — élasticité plus grande qui devrait entraîner en même temps une augmentation de l’amplitude, — il produit aussi une diminution de la force propulsive de l'ondée sanguine sur le bras de levier, — et cette propulsion moindre devrait normalement entraîner une diminution de l'amplitude.

Enfin la ligne d’ascension est légèrement plus oblique après l’abaissement qu'avant, indiquant ainsi une brusquerie moins considérable du pouls.

Que devient la pression artérielle dans les jours qui suivent une séance ?

Après la première séance, la seule qui permette de constater des abaissements vraiment considérables (1), la pression peut se comporter selon trois modes : soit rester au chiffre obtenu ; soit continuer à descendre sans nouvelle séance ; soit remonter légèrement. (Il en est de même après les séances ultérieures.) Ces légères variations de pression ne se produisent pas dans les heures qui suivent la séance, mais s’observent généralement le lendemain,

La lecture de nos observations montrera que les tensions artérielles de la plupart de nos malades ont continué à descendre, bien que légèrement, à la suite des séances d’électrisation. Nous devons revenir de nouveau sur le mode d’alimentation de ces malades, qui explique dans une certaine mesure Ja continuité des effets ; car, dans la plupart des cas publiés par les divers auteurs, Cas qui se rapportaient à des malades de ville, la tension artérielle remontait légèrement d’une séance à la suivante.

Quelle est la constance de cette action ?

Quelle est sa durée ?

« Nous avons toujours réussi à ramener la pression artérielle

(1) Voir les courbes.

A. CHALLAMEL. PI. JL.

RACINE OBS XVIIIe

Tracé À avant la séance.

Tension artérielle : 24.

Le tracé commence à se modifier durant la 2° minute.

Tracé B durant la 4° minute.

Tension après la séance : 17,5.

TrRACÉ N°2 — Os. XXXIX.

Tracé À avant la séance.

Tension artérielle : 21.

Le tracé commence à se modifier durant la 3° minute.

Tracé B durant la 4° minute.

Tension après la séance : 15,5.

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