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CHAPITRE IN

Rôle du canal nasal et des valvules embryonnaires dans la pathogénie des affections lacrymales congénitales

La dacryocystite congénitale est due souvent à uné imperforation de la cloison muqueuse qui, chez le fœtus, sépare les voies lacrymales des fosses nasales.

Une cause moins connue de dacryocystite congénitale, c’est celle sur laquellé insiste M. le Professeur Rollet : C’est l’obstruction complète on incomplète du canal par altérations osseuses. Ce sont des cas rares que nous n’envisageons pas ici.

Quant au mode d’action de ces facteurs de prédisposition, il est facile de l’exp'iquer. Déjà, la présence seule d’un flocon de mucus. dans un canal de calibre normal et non enflammé suffit à arrêter le cours de: larmes. Le rétrécissement du canal, à partir d’un certain degré, constitue un second obstacle.

La stagnation des larmes, dans les voies lacrymales, due à la coopération de ces facteurs, favorise l’infection. Dès que l'infection se développera sur de semblables canaux, il est évident qu’elle troublera l’élimination des larmes à un degré plus fort et d’une manière plus précoce. On comprend par là toute l’im-

portance des facteurs anatomiques.

1° Persistance de l’état fœtal. — C’est la cause la plus généralement admise des d2rryocystites congénitales, depuis les travaux de Rorhon-Duvigneaud.

Nous savons que lorifice inférieur du canal est terminé en cul-de-sac chez le nouveau-né : la perforation de ce cul-de-sac est due principalement à la distension progressive de la coiffe muqueuse par la masse gélatineuse qui emplit les voies lacrymales.

L’occlusion pouvant se prolonger après la naissance, soit par un retard d'évolution du fœtus, soit par suite d’une naissance prématurée, il en résultera une véritable prédisposition à la dacryocystite congénitale.

. 2° Présence de valvules. — Les différentes valvules décrites sur le trajet du canal nasal ont été incriminées comme prédisposant aux dacryocystites congénitales. Elles déterminent des rétrécissements, mais jamais d’occlusion complète.

M. le Professeur Rollet, qui a étrdié ces valvules, dit que ce terme de valvules doit disparaître, car il «est faux anatomiquement et physiologiquement. Macroscopiquement, ces replis tranchent nettement à linté-

rieur du conduit, ils atteignent parfois une longueur

ST nee

assez considérable; leur bord anñhérent est relative-. ment mince et semble continuer la paroi sans transi-

tion aucune. Chaque repli est constitué par l’ados-

sement à lui-même de lépithélium séparé par une

couche plus ou moins épaisse de chorion (Thèse de

Guédeney). Cette couche contient des vaisseaux, sou-

vent des tubes glandulaires et des follicules. Quand

on étudie à fond ces replis embryonnaires, il ressort une impression de variété infinie, variété quant au

nombre, au siège, aux dimensions, à l’orientation gé-

nérale, qui rend un essai de classification impossible On peut dire, cependant, que ces replis ont des sièges

d'élection, régions terminales des canalicules, région

du dôme, région lacrymo-nasale supérieure, région

lacrymo-nasale moyenne ; c’est ainsi que, fréquem-

ment, deux replis à bord adhérent éloigné tendent à

se joindre par leur bord libre pour déterminer la bi-

loculation du sac en long, sa biloculation en travers,

des loges isolées des-faces, exceptionnellement une

loge isolée du canal.

. Physiologiquement, le rôle de ces replis est nul dans la grande majorité des cas. Mais, par leur extrême sensibilité à linfection, par les cavités closes qu’ils tendent à déterminer, ils constituent un bon milieu de culture microbien; et, sans aucun doute, ils favorisent l’évolution ultérieure des dacryocystites.

.8° Bouchon muco-graisseux. — À la naissance, les voies lacrymales sont obstruées par une sorte de magma jaunâtre, constitué par la desquamation des cel-

lules épithéliales superficielles dégénérées. Ce bou-

chon non évacué obstruera les voies lacrymales, et constituera un bon milieu de culture microbien. Icard fait, de la présence ou de l’absence de ce bouchon, une application intéressante à la médecine légale. D’après lui, ce bouchon ne disparaît qu'entre. le deuxième et troisième jour. En cas d’infanticide, l’imperméabitité plaidera en faveur de la mère accusée, mais, par contre, dans les cas où il serait prouvé que l'enfant a vécu moins d’un jour, la perméabilité précoce constituera une présomption en faveur de l’infanticide par obstacle mécanique direct apporté vio-

lemment à l'entrée de l’air dans les poumons,

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