CHAPITRE III
Anatomie pathologique du canal nasal et du sac lacrymal
Jusque vers le milieu du siècle dernier, l'anatomie pathologiqué des voies lacrymales a été très obscure. Le sac n’était point alors extirpé, et les autopsies faites en vue de rechercher les lésions sacculaires et canaliculaires, exceptionnelles. ,
Béraud, de 1853 à 1855, s’occupa beaucoup de l'anatomie pathologique des voies lacrymales, il rapporte plusieurs observations. Dans l’une, le canal était complètement oblitéré par une exostose, et le sac rempli d’un mucus, épais, visqueux, jaunâtre. Dans quatre autres, il constata au contraire. une réaction analogue des deux segments, sac et canal : l’une présentait un sac et un canal également libres et de dimensions normales, quoique contenant tous deux du pus; dans les 3 autres, le sac était rétréci et le canal oblitéré, ce qui prouve une réaction semblable des
deux portions des voies excrétrices.
Plus tard ,en 1896, grâce à M. le Professeur Rollet, l'anatomie pathologique du sac devint facile à étudier. à
Toutefois, il faut signaler, en 1902, une article de | Tartufer, où il étudie lanatomie pathologique des dacryocystites catarrhales et purulentes. Il signale que, dan: tous les cas observés par lui, le canal nasal présentait les mêmes lésions que le sac, plus importantes même que le sac.
Enfin, en 1921, M. le Professeur Rollet, fit étudier les lésion du canal nasal. Cette étude fut commencée par Gabrielidès et continuée par André (1913), qui examina de nombreux sacs lacrymaux et canaux
membraneux.
Forme. — Le ER nasal, le plus souvent devient sinueux. Mais, d’autres fois, il présente de place en place des renflements ampullaires : c’est le type monoliforme. On peut voir des canaux infundibuliformes, par dilatation de la partie supérieure seule.
Dimensions. — La longueur du canal membraneux ne se modifie pas. Son calibre présente des variations considérables. Certains deviennent filiformes; d’autres, au contraire, s’ectasient.
Le canal pathologique est fréquemment rétréci de place en place, par des brides inflammatoires, au nombre d’une, deux ou trois, et séparées les unes des autres par des dilatations légères.
Oblitération. — L’oblitération r’est pas un aplatissement simple du canal, ni un étranglement : c’est
une véritable suppression de la lumière. Le canal membraneux est devenu un véritable cordon fibreux, au milieu duquel il est impossible de découvrir aucune trace d’épithélium.
Perméabilité. — Au point de vue de la perméabilité, les recherches faites par M. le Professeur Rollet, montrent que, dans bien des cas, un liquide injecté passe dans les fosses nasales. Ce fait n’est nullement en contradiction avec la présence de l’épiphora, constatée cliniquement; le rétrécissement peut céder de-
vant la force de l'injection et empêcher cependant la descente des larmes qui, elles, descendent sans
aucune pression.
Canal osseux. — Les lésions du canal osseux sont, si elles existent difficiles à percevoir. Les recherches
de M. le Professeur Rollet, ont montré que plus de la
moitié des conduits ont un calibre normal, et que, parmi les autres, on observe à peu près un égal nombre de rétrécissements et d’élargissements.
Anatomie pathologique microscopique. — Les lésions de l’épithélium sont variées, mais n’ont rien de caractéristique. On observe une dégénérescence muqueuse des cellules superficielles cylindriques ; plus rarement l’épithélium est réduit à quelques couches de cellules aplaties et dégénérées. D’autres fois, on voit se produire entre les cellules, une invasion de cellules inflammatoires et de vaisseaux néoformés et un tissu conjonctif de sclérose. Enfin, l’épithélium peut être réduit à sa couche génératrice où même
complètement dispar-
Les lésions du chorion sont la règle. Elles peuvent être groupées en deux types : lés'ons inflammatoires et lésions de sclérose qui, d’ailleurs, se succèdent et se
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combinent sur les coupes.
On trouve souvent, dans la muaueuse des voies lacrymales enflammées, des formations épithéliales qui font songer à des invaginations muqueuses. Pour M. le Professeur Rollet, il s’agirait de véritables glandes.
Le canal osseux est toujours sain. Il n’existe pas. d’ostéite spontanée. La carie de l’unguis et de la branche montante du maxillaire, peut être considérée comme élant due à une thérapeutique trop brutale.
Un point important a été mis en évidence par M. le Professeur Rollet. Le canal, contrairement à l’opinion des anciens auteurs, présente les mêmes lésions macroscopiques que le sac lacrymal ,et des lésions
microscopiques analogues.