‹ La Dacryocystite congénitaleChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

| Anatomie et physiologie -des voies lacrymales du nouveau-né

Aperçu embryologique. — Au 14 jour, chez l’embryon humain, la face est représentée par une fosse, premier rudiment de la cavité buccale, limitée en haut par le bourgeon frontal qui descend de la partie antérieure du crâne, et en bas par le premier arc -branchial complété par la soudure des arcs droit et gauche. Le bourgeon frontal descend entre les vésicules oculaires et se divise en 2 puis en 4 : bourgeon nasalinterne et bourgeon nasal externe, de chaque côté.

«Entre ces 2 bourgeons de chaque côté, on voit un sillon, la gouttière olfactive, origine de la narine. Latéralement, en dehors du bourgeon nasal externe, un autre sillon descend de la vésicule oculaire, limité en dedans par le bourgeon nasal externe et en dehors par le bourgeon maxillaire supérieur. Celui-ci naît de la partie postérieure de la première paire d’arcs bran-

chiaux, en arrière et au- Tous des vésicules oculaires, sur les bords de la fente palpébrale, avant que ceux-ci ne soient soudés sur la ligne médiane.

Peu à peu, les bourgeons maxillaires supérieurs se portent en bas, en dedans, en avant, et viennent s’appliquer de chaque côté contre le bourgeon nasal externe, laissant enire eux et lui, un sillon, qui s’étend de l’œil au sillon nasal; c’est le sillon lacrymal, origine de la gouttière lacrymale et du canal nasal. Mais à partir de ce moment, l’évolution est obscure. Coste pensait que le sillon lacrymal se convertit en canal par le développement des bourgeons limitants et forme, vers le milieu du 2° mois, le canal nasal et le sac lacrymal. Mais Born a trouvé chez les amphibies que le conduit lacrymo-nasal ne forme qu’une bandelette d’épithélium qui se replie, s’étrangle du nez à l'œil, se coude, puis se perfore pour se mettre en communication avec la fosse nasale.

Sur des embryons .de veau, Ewetzky a vu naître le long de la fourchette lacrymale, entre la 5° et la 6° semaine, une crête qui s'enfonce dans le mésoderme et devint canaliculée sur l'embryon de 10 em. Pour Legal, ce tube se prolongerait jusque dans la paupiere supérieure et constituerait le canalicule lacrymal supérieur ; l’inférieur se formerait plus tard par bourgeonnement.

Ewetzky admet que les canalicules naissent de la bifurcatian du conduit nasal primitif. Il résulte de cet exposé, que le canal n'étant pas une invagination en doigt de gant, mais une crête épithéliale qui se débouche de ‘haut en bas, la communication entre ce

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canal et le méat inférieur sera le dernier état de développement,

Etat des voies lacrymales à la naissance. — En soulevant et en réséquant le cornet inférieur chez le nouveau-né, on voit la terminaison du canal nasal sous la forme d’une saillie lenticulaire, marquée à son centre d’une tache blanchâtre. C’est en ce point que s’ouvrira le canal nasal par le mécanisme de l’abcès qui crève et que s’écoulera le contenu gélatineux des

voies lacrymales du nouveau-né. Dans quelques cas,

la petite sailke lenticulaire normale est remplacée par une vésicule relativement énorme, qui soulève le cornet et le refoule en dedans, ou bien, se développant vers le bas, dépasse son bord inférieur pour atteindre presque je plancher des fosses nasales. Cela paraît dû à ce que la coiffe muqueuse qui ferme originairement les voies lacrymales du côté du nez,possède dans ce cas, une résistance anormale ct se laisse distendre sans se rompre par l’accumulation des déchets épithéliaux. Dans ces circonstances, la distension ne porte pas uniquement sur le fond dépressible des voies lacrymales, mais peut s'étendre au sac lacrymal et au canal osseux lui-même. Cette dilatation des voies la-

crymales du nouveau-né ne paraît pas excessivement

rare ; elle est à coup sûr infiniment plus commune que la dacryocystite congénitale proprement dite. Sur des coupes vertico-transversales du sac et du sac lacrymo-nasal (Rochon-Duvigneaud, Stanculéanu), nous voyons que le sac et le canal sont cloi-

‘sonnés incomplètement par des replis de la muqueu-

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qui forment soit des diaphragmes perforés, soit des sortes de valvules latérales. Ces valvules latérales sont de forme semi-lunaire ou de simples bourrelets qui n’occupent qu’une partie de la circonférence du canal. Leur direction est très variable, certaines sont horizontales, d’autres s’inclinent plus ou moins, soit en haut, soit en bas, sur l’axe du conduit.

Le canal nasal est fermé en bas par un opercule, dû à l’accolement à ce niveau des deux muqueuses lacrymales et nasales. Cet opercule est fortement distendu par l’acumulation du contenu pâteux des voies lacrymales, jusqu’à dépasser largementsle bord inférieur du cornet. Malgré sa minceur, la paroi au niveau du point le plus saillant a encore une assez grande résistance, car un grossissement suffisant permet de reconnaître les vaisseaux indiquant la nutrition des tissus.

Dans d’autres cas, on voit que l’orifice inférieur du canal est fermé chez le fœtus et le nouveau-né par deux diaphragmes superposés. Le diaphragme supérieur est presque toujours perforé vers son centre. Quant à l’inférieur, désigné sous le nom d’opercule ou de coiffe muqueuse (à cause de sa forme en bonnet), il n’est pas toujours perforé à la naissance; il représente du reste la muqueuse, primitivement continue des fosses nasales, trandis que le diaphragme supérieur n’est sans doute jamais autre chose qu'un repli plus ou moins étendu de la muqueuse du canal.

Tout récemment, Guedeney, à la Clinique du Professeur Rollet, et Bourdon (le canal nasal) étudiaient les formations répondant aux valvules classiques et

PA | 2 ont montré qu’il s'agissait de replis muqueux, qu'il convenait de nommer replis embryonnaires et dont nous parlerons plus longuement dans la pathogénie. Les voies lacrymales sont obsiruées par une sorte de magma jaunâtre, constitué par la desquation des cellules epithéliales superficielles dégénérées, qui tapissent la paroi interne du sac et des conduits lacrymaux. Ce bouchon graisseux a-été comparé par Péchin au méconium, qui remplit la lumière du tube intestinal du nouveau-né, |

Physiologie. — La déhiscence de la vésicule, dite terminale donnera l’orifice nasal du canal lacrymal.

Le mode ,si variable, suivant lequel cette déhiscence s’accomplit, explique les nombreuses variétés qu’on rencontre dans l’orifice inférieur du canal.

Parfois, la déhiscence en question intéresse la cloison interne du segment membraneux terminal souspituitaire du canal nasal. Nous avons alors, le sillon lacrymal de Verga. Si la déhiscence se produit au centre de la vésicule, on peut avoir un orifice ovalaire ou arrondi, limité par deux replis valvulaires, cela est connu sous le nom de valvule de Hasner.

Le cas le plus simple est celui où le canal nasal membraneux, s’ouvrant au sommet du méat, comme

le canal osseux, présente un large orifice, bordé de

quelques rares vestiges, plus ou moins atrophiés de

l’opercule muqueux qui fermait en bas le canal nasal. Dès la première inspiration, il s'établit dans les

fosses nasales un courant d’air qui aspire ce magma

dont il ne reste plus trace au bout de 2 à 3 jours.

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