‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 118 sur 156 · I. Voir pi X., 2'^ position · texte numérisé non relu

I. Voir pi X., 2'^ position

une fois maître de l'incendie. Après des réparations sommaires, la Bellona et la Corona furent expédiées à Malte, mais elles furent trouvées dans un tel état qu'on renonça à les réarmer et qu'elles furent vendues ; YAinphion et la Volage durent aller en Angleterre pour y être réparés.

Les Anglais avaient fait d'énormes pertes : Hoste fut blessé ; sur les 254 hommes d'équipage du Cerberus, il en restait 26 intacts après le combat (rapport de l'officier autrichien). Le manuscrit anonyme de Raguse donne les pertes suivantes : tués, 50; blessés grièvement, 152, dont 1 1 ne survécurent pas, ce qui fait un cinquième de l'effectif.

Les Franco-Italiens eurent environ 200 morts et 500 blessés. Duhourdieu, la Meillerie et trois lieutenants furent tués; Peridier perdit un bras; Duodo, amputé des deux jambes, mourut le surlendemain du combat. Pasqualigo, commandant de la Corona, fut blessé; quand il voulut rendre son épée au commodore Hoste, celui-ci la refusa, disant que celui qui savait si bien s'en servir était digne de la garder. On l'envoya à Malte, d'où il écrivit plusieurs lettres fort curieuses ', et au bout de quelques mois les Anglais lui rendirent la liberté.

Le 15 mars, ÏAichhorn, restée à Comisa pendant la bataille, fut envoyée en parlementaire à Lésina pour demander la remise de la Flore ; on lui répondit qu'en supposant qu'elle eût amené, ce qui n'était pas prouvé, les Anglais avaient négligé d'en prendre possession et que le commandant de la Danaé avait été dans son droit en la reprenant ; que d'ailleurs la Volage était dans le même cas et qu'il ne semblait pas que le parlementaire anglais vînt en proposer la consignation.

Cette démarche des Anglais inquiéta le commandant Villon qui ne savait pas quelles étaient les forces dont disposaient encore les ennemis ; la rade de Lésina ne lui sembla pas sûre, et, profitant du premier vent favorable, il conduisit les trois frégates à Gravosa pour les réparer.

Racontons, pour terminer ce long récit, deux épisodes héroïques de ce combat mémorable.

Un des cadets établis à Lissa, pour y faire la police du port, appartenait au vaisseau ÏAinpbion : désespéré de voir ses camarades se battre pendant qu'il restait à terre, il se jeta à la mer et gagna son navire à la nage, non sans avoir essuyé la fusillade de la Favorite et reçu une balle dans la jambe. Aussitôt à bord, il se fit panser et courut à son poste de combat : on le nomme Pareil ou Farewell.

Le capitaine de vaisseau Epron, envoyé à Raguse pour diriger les réparations des frégates, raconte un autre trait dans une lettre particulière adressée à l'intendant Arnault, de Trieste : « Un nommé Legrand, jeune

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