‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 119 sur 156 · I. Aux Archives de la Marine {hc. cit · texte numérisé non relu

I. Aux Archives de la Marine {hc. cit

OPèRATtONS NAVALES (181O-1813) 4I)

« pilotin .\ bord de Li Flore, se trouvait employé à la mousqueterie pen-

« dant le combat de Lissa. Lorsque le commandant fut blessé et le second

« tué, l'officier qui prit le commandement ordonna d'amener le pavillon :

« ce jeune liomnie dont le poste n'était pas éloigne s'y opposa en mena-

« çant de brûler la cervelle à qui exécuterait l'ordre, et la trégate se bat-

« tit encore. Comme ce rapport ne peut être fait officiellement sans

« perdre quelqu'un, on n'en parle pas". » Cette anecdote prouve que si la Florf n'amena pas son pavillon, elle ne fut pas loin de le faire.

Le combat naval de Lissa et son issue flitale pour la marine francoitalienne eurent un immense retentissement, et on chercha à expliquer, par diverses causes extrinsèques, la victoire des Anglais; on accusa le capitaine Péridier de s'être tenu hors du combat pour amener la défaite de son ciHieniiDubourdieu, mais, si, à Ancône, Péridier s'était rendu coupable d'un grave manquement à la discipline, il eut pendant le combat une attitude irréprochable, et l'examen des foits met à néant une accusation calomnieuse ; en effet, la Flore, conduite par Péridier, engagea le combat aussitôt après la Favorite que montait Dubourdieu, et quand la Flore se retira de la lutte, Dubourdieu était mort, ce qui eût donné à Péridier le commandement de toute l'escadre, si sa grave blessure ne l'eût empêché de l'exercer. On a prétendu que les Italiens s'étaient tenus ou avaient été tenus à l'écart : ce qui est vrai, c'est qu'ils arrivèrent les derniers, mais parce que leurs navires, mauvais marcheurs, ou peut-être mal manœuvres, ne purent arriver plus vite ; une fois engagées dans la lutte, la Corona, la Belloiia et la Caroline se battirent héroïquement. On a multiplié les accusations contre Dubourdieu qui, étant mort, ne pouvait plus se défendre ; sa manœuvre pour engager le combat a été certainement malheureuse, mais on a eu tort d'insinuer que cette manœuvre était inspirée par des raisons mesquines d"amour-propre ou de rancune nationale indignes d'un brave officier qui, s'il pécha, pécha par un excès d'intrépidité, de furia francese.

La vraie raison de la victoire des Anglais est la supériorité de leurs officiers, de leurs marins et de leurs navires : la bravoure individuelle des Dubourdieu, des Duodo, des Pasqualigo ne pouvait donner aux bâtiments des qualités de marche et aux équipages des qualités d'instruction qui leur manquaient. La France n'a pas tenu rigueur à Dubourdieu de son désastre, et, en donnant son nom à un croiseur, elle a montré qu'elle ne désavouait pas ses enfents, même malheureux.

L'année 181 1, si tristement inaugurée, devait être encore fertile en désastres. Les croisières anglaises gardaient strictement les îles et le litto-

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