I. Regio Dalmata, 7 juillet
Traù et Curzola avaient des chantiers assez importants. Les paysannes fabriquaient elles-mêmes des tissus grossiers qu'elles couvraient souvent de broderies étranges qui dénotaient un certain sens artistique. Les animaux abattus donnaient du suif et des peaux : avec le suif, on faisait des chandelles, mais personne ne savait tanner le cuir, les chaussures des morlaques Çopanlr) étaient en peau fraîche, et les tanneries d'Italie achetaient le surplus.
Avec les ressources du pays, on aurait pu établir non seulement des tanneries, mais des fours à chaux, des briqueteries, des fabriques de papier, de savon ; mais personne n'avait eu l'esprit d'initiative et les capitaux nécessaires. On n'exploitait ni les gisements d'asphalte de Vergorac, ni les couches de charbon qui affleuraient aux environs de Demis. On avait des procédés défectueux pour faire le pain, le vin, l'huile et la slivavit:^a (eaude-vie de prunes).
La seule industrie de luxe était la distillation du marasquin, liqueur faite avec les fruits d'un arbuste qui tient du prunier et du cerisier; et encore n'y avait-il alors qu'une seule fabrique, celle de Drioli, qui obtint en 1799 un privilège du gouvernement autrichien.
Cattalinich nous donne (ch. XIII, p. 237), le tableau des importations et exportations de la Dalmatie vers 1797.