X, PREFACE
après un voyage fait, en 1874, sur les bords de l'Adriatique. Il ne m'appartient pas de critiquer ici une œuvre dont, sous plus d'un rapport, les mérites sont incontestables, mais il faut reconnaître qu'en voulant entrer dans quelques détails sur l'histoire de Dalmatie, M. Yriarte a dû recourir k des traditions peu dignes de foi ou à des ouvrages sans autorité qui l'ont souvent induit en erreur; de plus, en enregistrant un peu hâtivement certaines appréciations, il a eu le malheur de froisser l'amour propre un peu chatouilleux des Dalmates et de déchaîner des rancunes qui sont loin d'être oubliées.
Je m'empresse de dire que M. Yriarte n'a pas eu en cette circonstance la prétention de faire oeuvre d'historien; il voulait seulement rappeler en passant les événements dont avaient été le théâtre les lieux qu'il faisait visiter à ses lecteurs et qu'il a décrits avec une plume aussi élégante que fidèle.
M. Yriarte semble même appeler de ses vœux l'ouvrage historique qu'il n'a eu ni la fortune de trouver composé, ni le loisir de composer lui-même.
« Il y aurait, dit-il ', un chapitre bien intéressant à écrire « sur l'histoire de la domination française en Dalmatie. » C'est à cet appel que j'ai voulu répondre, car c'est à la lecture de ces lignes, parcourues en 1886 dans une heure de désœuvrement, que me vint la pensée de satisfaire à un désir aussi légitime.
Pour écrire cette histoire, il fallait consulter les archives du gouvernement que les Français avaient établi en Dalmatie, et pour pouvoir les consulter, il fallait savoir où les trouver. Je me garderai bien de faire ici le récit de mes recherches; il me suffira de dire que les Archives de la Lieutenance de