I. Z. L. 1797. III
tion de Cattaro.
38 ' LA DALMATIK DE I797 A 1805
iiabitants de la Poglizza; puis il reprit la mer et s'arrêta encore dans son voyage de retour aux iles de Curzola, Brazza, Lésina et Lissa. Ruk.iviiu Dans l'île de Brazza se produisit un fliit qui nous montre Rukavina
.1 Brjzza. ^^^^ ^^ aspect quc nous ne lui connaissons pas encore. Nous avons raconté plus haut' que la population de Brazza avait salué assez tumultueusement la chute du gouvernement vénitien et proclamé à cette occasion l'abolition de la noblesse et de tous les privilèges dont jouissaient les nobles : deux capitaines de navire nommés Hranotich et Nikolorich avaient été, un peu à leur corps défendant, investis du pouvoir, avec mandat de se rendre sans délai auprès des autorités autrichiennes et de leur demander de sanctionner les faits accomplis. Les délégués populaires manquèrent de diligence et se laissèrent prévenir par les délégués nobles qui, dès le 8 juillet, avaient vu Rukavina et l'avaient gagné à leur cause. Le I) juillet, comme Hranotich et Nikolorich se disposaient à partir pour Zara, VAustria, portant le général Rukavina, entra dans le port de Saint- Pierre; les deux députés se rendirent à bord, mais le général, sans vouloir les entendre et sur simple constatation de leur identité, les fit arrêter, mettre aux fers et conduire dans les prisons de Zara où le comte de Thurn les retrouvera un mois plus tard. Rukavina prit terre alors, parla brusquement aux délégués qui venaient le recevoir et laissa dans l'île deux compagnies qui devaient y tenir garnison et réprimer la moindre tentative de rébellion.
Malgré sa hâte de rentrer à Zara, Rukavina ne put effectuer que très lentement son retour à cause des calmes. C'est le 31 juillet seulement qu'il arriva dans la capitale.
Premières La première partie de sa mission était terminée, et si cette campagne
RuVavLa. "^ ^^''^ houneur à la prudence de celui qui l'a conduite, il ne convient pas cependant de prendre trop au sérieux les éloges qu'il se décerne à lui-même dans le rapport qu'il adressa à Vienne à son retour à Zara^. Si, en effet, en de nombreuses occasions, Rukavina avait été prudent, en bien d'autres cas il avait été maladroit; sa rudesse avait semé le mécontentement; par des paroles prononcées à la légère, il avait fait plus de concessions que le gouvernement n'avait l'intention d'en accorder, et enfin, cédant à un certain esprit particulariste qu'on avait su réveiller en lui, il avait encouragé chez une partie des Dalmates des tendances séparatistes que devait réprouver sévèrement la politique ultra-centraliste de Thugut; la faction dite le parti hongrois, faisant son chef de Rukavina, va créer aux Autrichiens des embarras qui dureront près de deux ans.
On ne peut cependant pas faire trop de reproches au gouvernement de