LES AUTRICHIENS EN DALMATIE
OÙ elle devait tenir garnison, il rencontra A nii-clieniin, an petit port de lassi, le \'ladika Ini-niènie venn .\ sa rencontre'; on monta sur un navire qui avait été préparé, et c'est par nier que le général entra A Budua. « LA, Voite-face « ecnt-iP, leveque me remit les clets de la ville, m assurant ne lavoir « occupée qu'au nom de S. M. l'F.mpereur, dans la crainte que, jusqu'à « mon arrivée, le peuple y causât quelque désordre, ou que les parti- « sans des Français y commissent quelque dégât au préjudice de la » cour impériale. » Dans la ville, on ne voyait que des banderoles portant ces mots : « Five François II, » et dans l'église, le Vladika renouvela publiquement ses déclarations. Rukavina qui s'attendait ;\ un tout autre genre de réception se conlondit en témoignages de gratitude : « Je l'ai « remercié respectueusement, écrit-il, de la fidélité qu'il avait témoignée, « et je lui jurai de faire connaître ses loyaux services à S. M. l'Empereur. »
Le serment fut prêté solennellement et les villages de Pobori, Maini et Braice furent occupés avec le même cérémonial et au milieu du même enthousiasme. Pierre I de Monténégro ne pouvait faire avec plus d'ostentation sa volte-face : ce ne devait pas d'ailleurs être la dernière.
Rukavina, après avoir été rendre visite au Vladika dans le couvent de Stanjevic, voisin de la frontière, rentra à Cattaro où il devait s'occuper de donner une administration provisoire au pays.
Il s'occupa avant tout d'établir ses troupes dans les points fortifiés, de , Organisafaire restaurer les ouvrages défensifs et établir des dépôts de vivres. Les banie. galères vénitiennes furent mises en réparation pour pouvoir à l'occasion tenir la mer; en tout cela, Rukavina se montra soldat expérimenté, mais il ne déploya pas la même habileté quand il dut organiser une administration provinciale.
Budua avait été pourvue d'un gouvernement composé de trois nobles et de trois plébéiens, que devait présider le capitaine commandant de la garnison. A peine quelques jours s'étaient-ils écoulés que les rivalités de caste se réveillèrent : un des conseillers nobles, Bubich, avait toujours été partisan de l'Autriche, et ce choix avait déplu au Vladika dont l'influence était aussi puissante à Budua le lendemain que la veille de la comédie qu'il avait jouée au crédule Rukavina. Oubliant tous leurs serments, les habitants de Budua firent dire à Rukavina que si Bubich n'était pas destitué, ils rappelleraient les Monténégrins; Rukavina obéit à cette sommation irrespectueuse, il alla même plus loin et fit mettre en prison l'ennemi du Vladika pour le remplacer par un de ses plus chauds partisans, un nommé M. Zanovich, qui avait été l'un des propagateurs des idées révolutionnaires; en plusieurs circonstances, les faveurs et les sévérités du