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sait-nt la carte autrichienne, et envoyaient a I ans de nombreuses rectihcations'. Danthouars et Maureillan, répondant directement aux intentions de l'empereur, fliisaient une étude des routes qui donnaient accès dans les provinces ottomanes de Bosnie et d'Herzégovine. Dès le 26 mai, ils rédigeaient un rapport détaillé ^ : suivant eux, il y avait entre la Dalmatie et Sarajevo cinq routes, ou du moins cinq passages où l'on en pourrait créer : de Knin et de Sinj par Travnik, d'Imoski et de Vergorac par Mostar, de Raguse par Trebinje; mais, pour le moment, il n'y avait que des sentiers où l'on pourrait à peine s'aventurer avec de l'artillerie de montagne.
Zavoreo, l'ingénieur vénitien passé au ser\'ice de l'Autriche, n'aurait pu quitter un pays pour lequel il avait déjà tant fait. Maureillan se l'attacha et conçut bien vite une grande estime pour cet homme modeste et dévoué qui connaissait à fond son métier, et qui était au courant de toutes les questions relatives aux travaux de défense, aux voies de communication et aux édifices publics; lui seul pouvait dire le prix et la valeur des matériaux, les conditions de la main-d'œuvre et les ressources
I . C'est cette caserne dont le dessin figure dans le Tour du monde sous le titre de caserne construite par les Français. | 2. A. G. Rapports de santé, juillet. | 3. A. G. juin et juillet. I 4. A. G. juin.
1)6 LA DALMATll- DH 1806 A 1 809
trùs limitées que pouvait donner le pa3's pour les travaux publics. Dandolo et Marmont se disputeront ce pn'xieux auxiliaire.
Enfin, en l'absence d'officiers de marine, le génie eut A s'occuper de réparer quelques barques oubliées par les Autricbiens, modeste flottille d'un prix inestimable dans un pays dépourvu de routes et bordé par une infinité d'îles. Nous verrons quels services rendirent, en août 1806, les barques armées par les soins de Maureillan; c'est grâce à elles que Curzola put être enlevée aux Russes.
Le provisoire subsistait dans l'administration civile, cependant un décret rendu le 28 avril permettait d'en entrevoir la fin prochaine; la Dalmatie allait passer sous l'autorité d'un provéditeur général, mais auparavant elle allait avoir une crise à traverser et, pendant deux mois, l'attention sera détournée des questions administratives par les graves événements survenus ;\ Cattaro et à Raguse.
ciiArrrKi- ii LES RUSSES A CAU'ARO - SlÈGli DH RAGUSE
I. Prcpanuits de Molitor pour occuper Cattaro. Ghislieri et les généraux français. Les Russes dans l'Adriatique. Agitation des Monténégrins. — II. Les Russes occupent les Bouches; retraite des .\mrichiens; explications de Ghislieri. Le Vladika du Monténégro aux Bouches. — III. Les Russes attaquent les iles de Lissa, Curzola et Lésina. Molitor s'attend X un débarquement. — IV. Les Ragusains cherchent à jouer les Français et les Russes. — V. Marche de Lauriston. Occup.uion de Raguse. — VI. Siège de Raguse. Retraite des Français. Combat de Bergatto. Investissement; incendies; bombardement; négociations. — VI!. Molitor dégage Lauriston. — VIII. Organisation du protectorat français à Raguse.
Nous ;ivons vu que, d'.iprès son ordre de m.u'chc établi .'i Tricstc, le 5 }■. ''f"^-
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gênerai Molitor comptait arriver le 21 tevner a Lattaro. Molitorpour
La difficulté des chemins avait fait perdre du temps à ses colonnes, ^^'^^'^^^P^^'Catl'artillerie et les munitions avaient dû rester en arrière ', et comme, à à mesure qu'il avançait, Molitor était mieux renseigné sur les dispositions hostiles des habitants des Bouches, il comprenait chaque jour davantage la nécessité d'arriver à Cattaro avec un effectif important, du canon, et beaucoup de munitions.
Or ces canons et ces munitions n'avançaient que très lentement à travers la Croatie ; d'abord Molitor avait envisagé ce contre-temps sans beaucoup d'inquiétude, parce qu'il pensait trouver de l'artillerie dans les places de Dalmatie : en effet, dans une convention militaire annexée, le 5 janvier, au Traité de Presbourg, il avait été stipulé que les Autrichiens laisseraient en Dalmatie tout le matériel de guerre qui leur appartenait et qu'en échange on leur rendrait une partie du matériel conquis sur eux .1 Venise et en Allemagne; on évitait ainsi, de part et d'autre, des transports coûteux. Mais il se trouva que cette convention n'avait pas été exécutée, et quand Molitor visita les arsenaux, il les vit à peu près vides; il y avait seulement de vieux canons vénitiens ; les boulets n'étaient pas de calibre ; et, en tait de poudre, les Autrichiens n'en avaient laissé que de fort petites quantités. Tout le reste avait été embarqué et transporté à Fiume. On crut d'abdrd à un regrettable malentendu; par la suite, les généraux français, aigris par leurs mécomptes, prétendirent tirer de ce fait la preuve