I. Il l'est encore
incendies.
SltcE DE RAGUSE 1/')
icùif^icr A temps dans R;ii;use, furent massacrés et quelqucs-tins atroccmcnt tortures '.
Le 22 juin, il y eut ime suspension d'armes : le cadavre décapité de Delgorgue lut rendu aux l'rançais qui lui firent de solennelles funérailles, l.e consul Tiinoni profita de l'interruption des hostilités pour aller demander ;\ Siniavin la permission de faire sortir du port deux bâtiments autrichiens, et i\ Timoni se joignit M. de Lagrangc, secrétaire de l'ambassade de l'rance ,\ \'ienne, qui était arrivé le i6, veille de l'investissement, porteur d'une dépêche où l'on annonçait que la Cour impériale de Russie avait promis l'évacuation des Bouches de Cattaro ; le maréchal Bellegarde devait en prendre possession au nom de l'empereur d'Allemagne et d'Autriche. Lagrange communiqua cette dépèche à Siniavin, qui répondit n'avoir reçu aucune instruction à ce sujet, et, en fait, s'il y eut une convention passée au sujet de Cattaro, on ne connaît que celle qui fut signée le 20 juillet suivant par M. d'Oubril, et qui resta sans effet parce que l'empereur Alexandre ne la ratifia pas. Siniavin ne voulut donc pas même entrer en pourparlers sur cet objet, mais il pria Timoni et Lagrange de dire à Lauriston qu'il était disposé à accorder une capitulation, menaçant, en cas de refus, de prendre la ville d'assaut et de la livrer aux Monténégrins. Timoni rentra sans avoir rien obtenu, même le passeport que Lagrange demandait comme agent diplomatique; il ajoute, dans son journal du siège, que l'amiral lui avait paru préoccupé de l'arrivée prochaine de Bellegarde et semblait vouloir brusquer les choses à Raguse pour avoir les mains libres quand arriveraient les Autrichiens.
La population civile apprit avec douleur l'insuccès de la mission que Timoni s'était donnée, et les nobles s'imaginèrent qu'ils amèneraient Lauriston à capituler s'ils lui fliisaient part de leurs terreurs ; ils lui adressèrent donc le message suivant - :
Pressés par les remontrances réitérées de toutes les classes de notre peuple , nous ne pouvons nous dispenser, Excellence , de vous présenter respectueusement leurs prières, et de vous supplier de vouloir bien les accueillir avec humanité. La crainte et la consternation de ce peuple sont extrêmes, Excellence, après avoir perdu dans un instant la navigation , après avoir vu sous ses yeux brûlées ses maisons, pillés ses biens et ravagées ses campagnes, dernière ressource de sa malheureuse subsistance, il se consolait jusqu'à présent par le sentiment de son innocence et de la sûreté de sa vie qui lui était garantie par l'asile de sa patrie. Mais l'assemblage des circonstances les plus alarmantes lui fait appréhender que sa vie même est en danger! N'osant pas apprécier par soi-même les raisons de
I. Aujourd'hui, il y a encore dans la campagne de Raguse plus de ruines que de maisons reconstruites. | 2. L'original français de cette requête est aux Archives publiques de Raguse.
l8o LA DALMATIE DE 1806 A 1809
sa crainte, il se lait un devoir de les soumettre avec confiance à la considération de V. E. La position extraordinaire de cette ville qui est dominée et veillée de tout côté par la hauteur d'une montagne qui se trouve au pouvoir de l'ennemi, les batteries qui se multiplient tous les jours au sommet de la montagne d'où elles offensent à chaque moment la ville , sans pouvoir en être offensées , les mouvements de l'ennemi qui tous les jours nous menacent par terre et par mer, sans que nous vovions le moven de les empêcher, le siège qui nous presse, la pauvreté et la multiplicité des réfugiés qui nous inquiètent, les besoins de l'intérieur qui commencent à se fiiire sentir, avec tous les maux dont le nombre et la pesanteur s'augmentent en raison de la durée du siège, voilà les véritables motifs de l'appréhension qui oblige notre peuple à recourir à la magnanimité paternelle de y. E. pour en implorer au plus tôt quelque remède et quelque soulagement. Nous joignons nos prières et nos larmes aux siennes (de leur peuple, dont ils ne se souciaient probablement guère). Excellence, accablés de malheurs, entourés de nouveaux dangers décisifs, nous ne connaissons plus de moyens d'encourager ni le peuple, ni nous-mêmes. Convaincus cependant de la grandeur de vos sentiments, nous osons vous supplier de vouloir par justice et par générosité sauver cette République innocente qui a la gloire d'être protégée par S. M. I. et R., au nom de laquelle \'. E. a eu la bonté de j-romettre secours et protection à nos vies et à nos propriétés sous la foi d'une proclamation publique et de votre parole sacrée. Nous nous croirons fort heureux si \'. E. voudra bien nous honorer de quelque réponse consolante. Nous avons l'honneur d'être, avec le respect le plus distingué, etc. Le Recteur et les Conseillers de la République de Raguse.
Lauriston fit répondre au.\ signataires de cette suppliante requête qu'ils s'exagéraient le danger, niais qu'il consentirait à donner un asile dans les casemates à ceux qui auraient peur. Une demande analogue, présentée le 5 juillet, reçut la même réponse.
Pendant que le bombardement se poursuivait, on regardait avec un œil anxieux du côté de la mer pour \oir arriver Bellegarde dont la seule présence suffirait, pensait-on, pour faire lever le siège. Le 26, parut un brick autrichien, qu'on supposa détaché de l'escadre de M. de l'Epine : on le vit s'approcher et jeter l'ancre devant Breno, à peu de distance du vaisseau amiral russe, et la journée du 27 se passa sans qu'on eût de nouvelles. Le 28, une embarcation apporta un parlementaire qui remit à Lauriston une sommation d'avoir à remettre Raguse aux Russes, la garnison devait être prisonnière de guerre : la .sommation taisait valoir la position déplotions. rable de la ville, dominée par le canon de l'assiégeant et insuffisamment ,
pourvue de moyens de défense, les pertes déjà faites par la garnison, la destruction des maisons d'un peuple innocent et le peu d'espoir d'être secourus.
Sans accepter les conditions qu'on lui proposait, Lauriston envoya cependant son aide de camp près de Siniavin, en lui recommandant de ciiercher
Négocia-
SlkiU DE KAt;USIi l8l
;\ avoir un ciuivticn i\iitii.-iilii.-r .ivcc M. de l'Upinc, commandant des forces navales autrichiennes, qu'on pensait bien être ;\ bord du brick arrive l'avant-veille. L'oi'ticier fut introduit en présence de l'amiral et, en effet, M. de l'Epine était avec lui, mais pendant toute la durée de l'entrevue, on ne les laissa pas communiquer. Le Vladika prit aussi part à la conférence ou plutôt v assista; un officier russe lui traduisait tout ce qui se disait; les pourparlers s'en<;;agèrent.
L'envoyé de I.auriston offrit de remettre les choses dans l'état où elles étaient le jour où les troupes françaises étaient entrées dans l'Etat de Rajjuse; ces troupes poursuivraient leur marche vers Cattaro, que les Russes consigneraient aux Autrichiens, lesquels le remettraient au même instant aux Français. Les Russes retourneraient à Corfou , et les Autrichiens mettraient une garnison dans Raguse. On donna acte à l'otHcier français de ses propositions et on le congédia sans lui donner de réponse.
Le 29, le brick autrichien leva l'ancre et alla rejoindre Bellegarde qui était avec ses troupes .\ Lésina; les Russes recommencèrent le bombardement.
Dans la nuit du 29 au 30, une sortie fut tentée sans succès sur la batterie russe.
Le 30, les Monténégrins s'avancèrent dans les faubourgs et mirent le feu à un grand nombre de maisons : une sortie les obligea à la retraite.
Le corps de place tirait faiblement sur l'ennemi ; n'ayant que peu de poudre, Lauriston avait recommandé d'en user avec économie; les Russes ne manquaient pas de munitions, mais il fallait des efiorts immenses pour monter les gargousses et les projectiles jusqu'au sommet de la montagne; le feu n'était donc d'aucun côté très nourri, ni très meurtrier et le siège tournait au blocus.
Le 6 juillet, vers 6 heures du soir, les assiégés virent une agitation 5 vu. Déinsolite du côté des ennemis, qui descendaient avec précipitation vers la iù"use. mer en emportant leur artillerie : peu après, on vit arriver, du côté de Breno, des soldats revêtus de l'uniforme français, et un officier vint jusqu'à la porte Ploce demander si la ville était toujours occupée par le général Lauriston : on attendait si peu la délivrance, et l'on pensait surtout si peu à voir les libérateurs venir de la direction opposée à la Dalmatie, qu'on crut d'abord à quelque ruse de guerre; à la fin, l'officier se fit reconnaître; on lui ouvrit une poterne et il raconta que, par une marche audacieuse, Molitor venait de surprendre les Russes et qu'il était en train de les poursuivre. Peu après, Molitor lui-même taisait son entrée dans la ville au milieu de l'enthousiasme universel.
l82 I.A DALMATIE DE 1806 A 1809
Voici ce qui s'était passé : au moment de la déroute de Bergatto, le 17 juin, Lauriston avait eu le temps d'expédier ù Molitor un courrier porteur d'une dépêche, où la situation était présentée comme extrêmement critique. Cette dépêche avait déterminé une immense émotion non seulement à Zara, mais dans l'Europe entière. Marmont, nommé le 12 juin au commandement de l'armée de Dalmatie, avait reçu de l'empereur l'ordre de hâter son départ et de prendre avec lui autant de troupes qu'il le croirait nécessaire.
Pendant ce temps, Molitor s'était hâté de réunir tout ce qu'il avait de soldats disponibles. Dès les premiers jours de l'occupation, on avait eu le 5', le 23= et deux excellents bataillons du 79= qui venait de faire la campagne désastreusement terminée à Trafalgar'. Peu après, le général Guillet avait amené d'Istrie le 81''; le vice-roi, aux premières nouvelles d'hostilités à Raguse. avait envo\-é le 60", annoncé depuis deux mois; le 8' léger était arrivé, on attendait le 18^' léger et le 84= de ligne ^. On parlait aussi de la venue de troupes italiennes : un bataillon de carabiniers et un bataillon de vélites de la garde royale, et le bataillon des chasseurs de Brescia.
Laissant à Spalato le 60", fatigué par une longue marche, Molitor ne prit avec lui que les deux bataillons du 79' et les compagnies d'élite du Si"". Les chasseurs d'Orient étaient joints à l'avant-garde; c'était un corps franc, formé en Egypte de Grecs, d'Albanais et de Syriens; il était réduit à peu de chose et comptait plus de gradés que de soldats, mais c'étaient des gens braves qui valaient mieux que leur réputation. Enfin Molitor prit 600 hommes de garde nationale dalmate, recrutés par les soins du colonel Danese , et mis sous les ordres du colonel Nonkovich ; nous ne les indiquons que pour mémoire, car, sauf les officiers et le chapelain, ils disparurent tous au premier coup de fusil.
Molitor quitta Makarska le 7 juillet, il avait avec lui le général Delzons, et le colonel Minai, du 79", commandait l'avant-garde ; le 4, on arriva .à Stagno où un détachement monténégrin fut mis en fuite; le 5, l'avantgarde était à Cime près de Malfi, à une lieue de Gravosa, à vol d'oiseau. Mais, pour atteindre Raguse, il fallait contourner la rivière d'Ombla, dont la source est au pied de la montagne du Goluhcrv-Kavicn : de ce point, on est à égale distance, une lieue environ, de Gravosa et de Bergatto ; Raguse est plus près, mais on en est séparé par la montagne Saint-Serge '. Molitor choisit la voie de Bergatto et, pour arriver à Rozato, entra résolument sur
I. Le 3' bat.iillon du 79= avait eu 600 hommes faits prisonniers au Ferrol et n'était pas encore reconstitué. | 2. Le 84'-' de ligne reçut contre-ordre quand on apprit la levée du siège de Raguse, et il retourna en Frioul. | 5. Voir la carte IV.
SliiGE DE RAGL'SE 183
le territoire ottoman; il pensait ainsi surprendre les Russo-Monténégrins et couper la retraite à une partie des forces assiégeantes.
11 n'avait avec lui que 2.000 hommes, 1.670 d'après son rapport, 2.200 au plus, et eut recours à un stratagème qui, pour ne pas être nouveau , n'en semble pas moins ingénieux : il expédia à Lauriston une dépêche où il lui annonçait son arrivée à la tète de to.ooo hommes et s'arrangea pour que le messager se fit prendre par les Russes; comme complément de sa ruse, il inventa autre cliose : il y avait au deh\ de la rivière d'Omhla une partie découverte qu'on voyait très distinctement des positions russes, et le chemin suivait le pied d'une muraille de rochers derrière laquelle on pouvait passer sans être vu. Il donna à deux compagnies l'ordre de défiler en colonne allongée dans ce passage, puis, dès que les soldats seraient hors de la vue de l'ennemi , ils rebrousseraient chemin, reviendraient au point de départ en se dissimulant derrière le mur de rochers et repasseraient de nouveau. Ce manège dura plusieurs heures, et les officiers russes, qui observaient les mouvements des Français, purent constater le passage de plusieurs régiments.
L'état-major averti n'attendit pas une attaque et donna l'ordre d'évacuer immédiatement les batteries de Saint-Serge. Pendant ce temps , l'avantgarde de Molitor donnait à l'improviste sur les postes de Bergatto et y déterminait une panique : Russes et Monténégrins se précipitèrent du côté de la mer pour s'embarquer au plus vite ' ; si Lauriston avait profité de cette déroute pour se porter vers Gravosa, il eût pu ramasser plusieurs milliers de prisonniers, mais, en cette occasion, il fit preuve d'une véritable incapacité et prêta le flanc aux accusations que Marmont ne se fera pas faute de lancer contre lui -.
Quant à Molitor, il fut pendant quelques jours le héros de l'Europe; il rentra en Dalmatie et, chemin taisant, fut l'objet d'ovations enthousiastes et de discours dithyrambiques', mais il n'arriva à Zara, le
1 . Sur la levée du siège de Raguse, voir A. G. Rapport de Molitor au vice-roi, 8 juillet. I 2. Ces accusations, formulées dans le livre IX des Mémoires de Marmont, ont provoqué une réplique plus violente que démonstrative du fils de Lauriston (Paris, 1857). Le consul Timoni, dans sa dépêche secrète du 27 septembre 1806, énumère les griefs que tout le monde avait contre la conduite militaire de Lauriston. | 3. î. L., 1S06, XX, 75 et 165. — Regio Dalmata.
Voici une poésie (?) faite en l'honneur de Molitor par quelque Tyrtée de Spalato :
Le Fils de Mars, les Français et l.i Gloire, Des Spiïlatins animent chaque cœur.
Ils voudraient tous célébrer la victoire De Molitor, héros toujours vainqueur.
Et pour louer de si hauts faits Avoir chacun des pinceaux ragusais.
Bon général, sur ta tête foisonnent
Raguse.
31 octobre, que pour remettre la Dalmatie ;\ Marmont, son successeur; rappelé auprès de l'empereur, il quitta Zara le 14 octobre '.
;;vin.Or- Lauriston resta à Raguse pour suivre les négociations relatives à l'occudu'protVa(> pat'O" J^ Cattaro par Bellcgarde et h la rétrocession éventuelle de l'Albaratfrançaisà nje vénitienne à la France.
Bruère n'occupa que d'une façon transitoire les fonctions de commissaire près du Sénat de Raguse; le 23 juillet, M. Raymond se présenta au Minor consiglio pour lui notifier sa nomination; il fit savoir aux sénateurs que toutes les affaires traitées soit au Minor consiglio, soit dans l'assemblée plénière des Pregadi, devaient lui être préalablement communiquées et qu'aucune décision ne pourrait avoir de suite sans son assentiment. Il se réservait le droit d'assister quand bon lui semblerait aux séances. Enfin, vu l'état de délabrement où les Ragusains disaient qu'étaient leurs finances, aucun payement ne pourrait être effectué sans avoir été ordonnancé par lui^. Raymond fut bientôt remplacé par un auditeur au Conseil d'Etat, M. Bouvier du Molart, qui resta en fonctions du i"' au 5 septembre et donna sa démission pour cause de santé, après une vive altercation et des coups échangés avec l'ordonnateur Noury '. Les fonctions de commissaire furent remplies, dès lors, par le chef d'étatmajor de Lauriston.
Les mesures de rigueur prises par les Français avaient pour cause les agissements secrets du Sénat : un émissaire, envoyé à Constantinople, avait été trouvé porteur d'un réquisitoire d'une violence inouïe contre les Français + ; le consul de Raguse à Trieste avait été chargé de porter luimême à Pétersbourg une longue dépèche pour le prince Kourakin, à qui
lauriers touffus et niyrthes verdoyants.
L'amour, la gloire et Thymen te couronnent! Vive Molitor et ses guerriers vaillants !
[A. G. Juillet 1806.]
1. Molitor, né à Hayange en 1770. Engagé en 1791 aux volontaires de la Moselle. Capitaine en 1792. Chef de brigade en 1794, sert sur le Rhin dans les armées de Pichegru, Moreau et Jourdan. Général de brigade en 1797. Fait, en 1799, la campagne d'Helvétie et tient tète dans les Grisons à Suvarov; général de division en l8oo et commandant de la division militaire de Grenoble. Après la campagne de 1805 est envoyé en Dalmatie. En 1806, il est fait grand officier de la Légion d'honneur et est nommé gouverneur de la Poméranie suédoise. .\près la campagne de 1 809, est gouverneur des villes Hanséatiques, puis de la Hollande après l'abdication du roi Louis (1811-1813). Reconnaît Louis XVIII, mais défend l'Alsace pendant les Cent Jours. Exclu momentanément de l'armée, il est bientôt fait inspecteur général. Commande une division en Espagne en 1825, est fait maréchal et pair de France. Il sert le Gouvernement de Juillet, devient gouverneur des Invalides (1847), st grand chancelier de la Légion d'honneur (1848). Meurt en 1849. j 2. R. P. juillet. 1 3. A. G. sept. | 4. R. P. Papiers Lauriston. juillet.
Slfef.ii DK KAGUSE 185
il devait demander de vive voix d'inteivenir en faveur de l'iiuiépendance de Raguse; ce même envoyé devait, en passant ;\ \'ienne, aller exposer la situation aux ministres et taire son possible pour arriver jusqu'à l'r.mpereur. Hnlin, un troisième agent était parti pour Paris, avec la double' mission de présenter A l'Empereur une lettre du Sénat, et de demander :\ l'ambassadeur ottoman , Mahib-bey, de protester contre l'occupation d'une république vassale de la Turquie =.
Les recherches des commissaires avaient fait découvrir une partie des pièces établissant la situation financière de la République. Il avait été fait ;\ la banque Schuller de Vienne un dépôt de 700.000 florins; sur cette somme, ^65.700 avaient été retirés en mars et juin, sans qu'on pût savoir quel emploi en avait été fait; restaient encore 240.000 florins qu'il fallait empêcher de disparaître et qui furent frappés d'opposition.
Nous verrons plus loin la suite des luttes du Sénat de Raguse contre l'autorité française, et le dénouement de ce drame sera la transformation de l'occupation en prise de possession définitive le 30 janvier 1808.