CHAPITRE ni PROVÉDITEUR ET GÉNÉRAL EN CHEF
§ I. Le provéditeur Dandolo; son origine; sa nomination. — ^ II. Malentendus avec le vice-roi et Marmont. — j III. Le général Marmont ; causes du conflit avec le provéditeur.
Yo'id que vont entrer en scène les deux personnages qui rempliront tout le cadre de cette histoire pendant la période qui va de 1806 à 1809. Nommés l'un le 28 avril parle vice-roi ', l'autre le 12 juin par l'Empereur % Dandolo et Marmont vont apporter en Dalmatie une activité qui justifiera amplement le choix de l'Empereur : l'un dans l'ordre administratif, l'autre dans les affaires militaires, ils se montreront à la hauteur de ce qu'on attendait d'eux. Pourquoi faudra-t-il que de mesquines rivalités d'influence soient venues jeter la discorde entre ces deux hommes et compromettre sans remède le succès d'une commune entreprise ? Il semble que la faute, s'il en fut commis une, pourrait être rejetée sur l'Empereur lui-même. Le fait est qu'il se produisit dès l'origine un fâcheux malentendu qu'on ne sut pas dissiper lorsqu'il en était temps encore.
ji.Lepro- Napoléon, quand il dut désigner le chef de l'administration civile en
vediteur. . . *"
Dalmatie, décida de donner à ce chef le titre de provéditeur général. Bien qu'elle n'eût pas une population supérieure A celle des départements créés en Italie, la Dalmatie était beaucoup plus étendue qu'aucun département italien : un titre un peu plus sonore que celui de préfet convenait donc à ce pays à qui les Autrichiens avaient conser\-é le nom de royaume. Or, de tous les titres qu'on pouvait donner à cet administrateur, celui de provéditeur était sans doute le mieux choisi, parce que c'était celui que portaient les administrateurs vénitiens, et l'on savait que, dans toute l'étendue de la Dalmatie, la domination de Venise était unanimement regrettée; c'était donc préparer un bon accueil au gouverneur que de lui donner un titre qui était encore aimé et respecté.
Quand il ftUut choisir celui qui occuperait le poste de provéditeur général, l'Empereur se souvint d'un iiomme qu'il avait connu à \'enise,