‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 67 sur 156 · I. Z. C, Rapport gcncral sur · texte numérisé non relu

I. Z. C, Rapport gcncral sur

s'im;igine qu'il peut en réformer toutes les iustitutions sans tenir compte de tout un passé Je traditions qui constitue le droit canonique, et sa tentative est condamnée ;\ avorter misérablement.

Le nombre des diocèses était réduit à quatre : un arclievèché à Zara et trois évèchés : un aux îles du Quarnero, remplaçant Veglia, Arbe, Ossero et Cherso, Sebenico absorbant Traù et Scardona, Makarska réunissant les circonscriptions insulaires de Lésina et Curzola et faisant disparaître l'antique église de Salone devenue archevêché de Spalato. En donnant un traitement de 60.000 livres à chaque évèque, on réalisait une économie de 50 000 livres, [-a réduction proportionnelle des chapitres permettait de fliire de ce côté 35.000 livres d'économie.

La gestion des biens des menses, séminaires et tabriques passait à l'Etat, et Dandolo se taisait fort d'en doubler le revenu.

De ce fond, donnant 600.000 livres de rentes, il mettait à part 150.000 livres qui serviraient tant à améliorer la situation des curés qu'à doter les séminaires. Il en existait cinq, dont quatre seraient conservés : celui de Spalato seul pouvait subsister dans l'État où il se trouvait; ceux de Zara, Almissa et Ossero étaient insalubres et trop étroits, on les reconstruirait en transportant celui d'Ossero à Cherso, celui de Priko, près Almissa, à Makarska; les bâtiments affectés au séminaire de Lésina seraient utilisés pour une autre destination, encore que l'évèque actuel les eut construits à ses frais.

On exigerait de tous les clercs un certain temps de séjour au séminaire avant d'autoriser leur promotion dans les ordres. Les évêques ne pouvaient trouver mauvais que le Gouvernement fournît aux aspirants au sacerdoce le moyen de passer quelques années dans un séminaire, puisque c'était ainsi qu'ils pouvaient connaître leurs futurs auxiliaires et leur faire donner la tormation qui les préparerait à remplir dignement leurs fonctions ; par contre la prétention élevée par Dandolo de leur donner ou de leur refuser la permission d'ordonner leurs sujets était jugée abusive; mais ce qui provoqua la révolte, ce fut le plan d'études que Dandolo voulait introduire dans les séminaires.

Ce que voulait Dandolo, c'était former ce qu'il appelait « un clergé éclairé », et par clergé éclairé, il semble qu'il entendait celui qui aurait été moins soucieux d'obéir au Pape qu'à l'Empereur.

Dans les séminaires créés par le provéditeur, des maîtres choisis par l'autorité civile devaient donner à leurs élèves un enseignement scientifique et littéraire; peu de théologie, on pouvait se borner à la théologie naturelle : l'existence de Dieu, la providence, mais 11 fallait appuyer sur la morale, sur les devoirs de l'homme envers son souverain, la hunille et la société; enfin, un cours d'agronomie devait mettre les futurs curés à

même de donner autour d'eux les enseignements agricoles et de placer dans leurs prônes quelques avis salutaires sur la pratique des fumures et la plantation des pommes de terre.

Enfin, tout cet enseignement devait être donné en italien ; la langue nationale devait être proscrite : il f;mt, dit Dandolo, que le clergé la désapprenne et travaille à italianiser les Dalmates.

Tel était le plan d'études que Dandolo cro3'ait pouvoir imposer; de ces séminaires i la feçon de Joseph II et du concile de Pistoie devaient sortir des prêtres <omme en voulait Napoléon : des fonctionnaires bien disciplinés qui devaient prêcher aux peuples les bienfaits de la conscription.

Pour ce clergé régénéré, Dandolo prépara une série de règlements dans lesquels il ne cherche plus à dissimuler la main mise absolue de l'État sur l'Église.

L'évêque ne pouvait nommer un ecclésiastique à aucun poste si le sujet n'avait justifié de ses talents par un concours. Mais, pour participer au concours, il fiUait y être autorisé par le provéditeur, qui soumettait les postulants à une enquête portant surtout « sur leurs relations avec le gouvernement ' ». Enfin, pour être certain qu'aucun ecclésiastique ne manquerait aux engagements qu'on lui faisait prendre, Dandolo décida que tout titulaire d'un bénéfice ecclésiastique serait révocable ad nutuin.

Le provéditeur nommait dans chaque diocèse un fonctionnaire ecclésiasique, qualifié inspecteur du culte, qui avait à surveiller la conduite du clergé et l'administration de ses revenus; c'est entre ses mains que tout ecclésiastique doit prêter serment de fidélité à l'Empereur, c'est lui qui détermine quelle somme on pourra dépenser à l'occasion des fêtes religieuses.

Les religieux sont traités avec plus de rigueur encore que les séculiers; les vêtures et professions sont interdites; les communautés exemptes, qui avaient obtenu de Venise la reconnaissance de leurs privilèges, en sont dépouillées : leurs membres dépendront .à l'avenir des évêques, au même titre que les prêtres séculiers.

Telle est en abrégé la constitution civile du clergé de Dalmatic : elle montre chez son auteur une profonde ignorance ou un profond mépris du droit canonique et une volonté clairement, naïvement exprimée de foire de l'Église un rouage quelconque de la machine administrative, une espèce de gendarmerie vêtue de noir.

L'Empereur donna-t-il son approbation à l'œuvre de Dandolo ? Rien ne permet de le croire, et aucun document ne nous autorise à affirmer

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