LA CAMPAGNK DE 1809 3 II
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Le ^o avril, toute l'armée de Muiudiu se porta en avant : pendant que Combat liii-iiièmc dirigeait une attaque de front sur la position de Kravni-Brod, la Brod^icbc-r brigade Sovez, gravissant les pentes du Debelo-Brdo, à la gauche des J>;M-'rmo"t- Autrichiens, cherchait ;\ occuper le village de Bender, au pied du mont Kita, position qui n'était défendue que par trois compagnies; une fois maîtres de Bender, les Français prenaient à revers le pont et ses défenseurs.
L'attaque du pont fut extrêmement vive, mais les Autrichiens ne se laissèrent pas entamer. Marmont comptait sur le mouvement tournant de Soyez ; s'il réussissait, les ennemis devaient abandonner précipitamment la position qu'ils défendaient avec tant d'acharnement, et s'ils ne se retiraient pas rapidement, ils étaient à sa discrétion. Mais le général Stoissevich avait été averti à temps de la manœuvre des Français et avait envoyé une colonne de ses meilleures troupes chargée d'attaquer par le flanc le général Soyez avançant à la tête de sa brigade. Le ii'^ et le i8'= léger marchaient péniblement vers Bender sur un terrain extrêmement accidenté, en repoussant devant eux les trois compagnies autrichiennes qui reculaient en bon ordre, quand les mamelons de Velika Strana, situés à leur gauche, se couvrirent de tirailleurs autrichiens que suivaient deux colonnes, lesquelles, fondant sur les Français à la baïonnette, leur firent essuyer des pertes importantes et les obligèrent à reculer. Soyez, blessé, continua à diriger sa brigade et, revenu à la position de Debelo-Brdo d'où il était parti, il s'y établit solidement et arrêta la marche des Autrichiens qui menaçaient de tourner la division qui attaquait Kravni-Brod. Une tempête de pluie et de neige mit fin au combat ; la journée n'avait pas été heureuse pour Marmont, et malgré toutes les explications qu'il donne dans ses Mémoires, il faut reconnaître qu'il avait voulu forcer le passage et ne put pas le forcer.
Cependant son échec était réparable, puisqu'il avait conservé toutes ses positions ; il est probable que, dès les premiers jours de mai, il eût renouvelé son attaque, si le 30 avril au soir il n'avait appris que, le 16 avril, le prince Eugène s'était fait battre à Sacile par l'archiduc Jean. Dans ces conditions, Marmont, même vainqueur, ne pouvait songer à s'aventurer en Croatie pour tomber avec 10.000 hommes en plein pavs ennemi, sans espoir de pouvoir rejoindre l'armée d'Italie. Il fallut donc suspendre les hostilités en attendant les nouvelles; l'armée française recula sur Kistanje, Demis, Scardona et Zara ' en conservant son avant-garde à Knin.
De leur côté, les Autrichiens retirèrent leurs postes avancés et se contentèrent d'occuper sérieusement le cours de la Zermanja; ils s'y trouvèrent dans une situation assez difficile : la neige tombée le 30 avril avait rendu impraticables les passes du ^'ellebit, les réquisitions françaises