LA CAMPAGNE DE 1809 3I
.lUait lui donner une nouvelle preuve de sa confiance en le faisant, après la paix, gouverneur général des provinces illyriennes.
Quel avait été le sort de la Dalmatie après le départ de Marniont ? 5 v. in-
Derrière Marniont, le cercle s était rererme, et la province, dégarnie de Daimatiepar troupes, se voj'ait condamnée ;\ une prociiaine invasion. ciiiens.""^'
Dans une lettre adressée le 13 juin au vice-roi, Dandolo se désespérait de cet abandon. « La Dalmatie est donc le rebut, la scorie de l'Empire? Deux « mille hommes ne sont rien dans la grande armée et nous préserveraient « ici de désastres incalculables'. » Dandolo se trompait : deux mille hommes suffisent parfois pour décider le sort d'une bataille, et, vaincu sur le Danube, Napoléon eût dû de toute manière renoncer à la Dalmatie, tandis que ses victoires obligèrent les Autrichiens à sortir non seulement de la Dalmatie, mais de la Croatie et de la Carniole.
Dandolo, admirable administrateur en temps de paix, joua pendant la guerre un rôle assez ridicule. Comme certain personnage de la comédie italienne, il passe des rodomontades à la terreur panique, se répand en larmes et en imprécations, puis, quand tout est fini et bien fini, il sort de sa cachette en disant bien haut que le succès est le prix de sa bravoure.
Pendant la première période de la guerre, Dandolo commença par seconder fort utilement Marmont dans la réquisition de 2.000 bêtes de charge, et pour la levée de i.ooo pandours; il adressa même aux pandours plusieurs proclamations destinées à les électriser. Au fond, Dandolo en revenait toujours à son système, qui était qu'en temps de paix comme en temps de guerre, les pandours devaient constituer l'unique force armée de la Dalmatie; si donc les pandours s'enrôlaient volontiers et se battaient bien, Dandolo avait démontré la moitié de sa thèse. Nous savions déjà ce qu'il fallait attendre des pandours en temps de paix; nous avons vu qu'à l'apparition d'un peloton de cavaliers autrichiens, les i.ooo pandours s'insurgèrent, passèrent à l'ennemi, et, en dépit de toutes les amnisties, allèrent former un des corps de l'armée d'invasion.
Le 18 avril, la direction du génie demanda à la provéditure les fonds nécessaires pour achever les travaux de défense de Zara. On n'a pas oublié avec quelle activité, avec quel amour, Dandolo conduisait les finances dalmates dans les voies de l'équilibre budgétaire ; rien ne pouvait le contrister plus qu'une demande d'argent : « J'exposai au général en chef l'impos- « sibilité où j'étais de fournir cette somme, et je lui demandai de créer « un gouvernement militaire qui saurait, par des expédients « solda-