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I. Tullio Dandolo, Ricordi

320 LA DALMATIE DE 1 8o6 A 1809

« tesques » (sic), trouver les fonds demandés". » Marmont trouva la mesure prématurée, mais la proposition de Dandolo est à retenir et pourra lui être opposée quand il voudra protester contre l'établissement de l'état de siège.

Le 30 avril, Dandolo reçoit le premier la nouvelle de la défliite du prince Eugène à Sacile, et c'est lui qui en tait part à Marmont dans une lettre qui révèle un complet accablement moral ; il annonce que les Français ont perdu 20.000 hommes, que le régiment dalmate « est anéanti » ; il termine en disant : « Le quartier général est sur le Mincio, « mais à quoi bon, puisque nous n'avons plus d'armée d'Italie. » Voilà les exagérations dictées par la peur, mais voici la bravoure qui reparaît : « Le préfet d'Istrie a été massacré » (fausse nouvelle) ; « quant à moi, « dussé-je subir le même sort, je démasquerai les scélérats qui ne feignent « d'être attachés au gouvernement que pour le bouleverser. »

Le 5 mai, l'espoir lui revient : « \We Napoléon! il vient de détruire « l'Autriche plus tôt que nous ne l'aurions cru ! »

Ces extraits, que nous pourrions multiplier indéfiniment^, car, à cette époque, Dandolo a écrit un prodigieux nombre de lettres sur ce ton, montrent le phénomène singulier d'un homme positif et pratique, mais impressionnable au point que le sang-froid, le caractère, la dignité même, lui font absolument défaut dans les circonstances difficiles. Il convient cependant de dire que de telles circonstances étaient bien faites pour démoraliser les gens les plus calmes. Il n'y avait plus d'argent, les sels de Pago venaient d'être saisis par les Autrichiens, les douanes ne rendaient plus rien; sur mer, les Anglais; en Croatie, les Autrichiens, et, en Dalmatie, l'insurrection !

Cependant l'impression que firent coup sur coup les nouvelles de la victoire d'Eckmûhl, de la retraite de l'archiduc Jean et du passage victorieux de Marmont à travers la Croatie amena une détente, et les menées insurrectionnelles semblèrent s'arrêter. Knesevich, donné comme successeur à Stoissevich, avait à réorganiser complètement son armée que les désertions et les sept combats livrés à Marmont avaient réduite de moitié. Il se passa donc six semaines sans que la tranquillité fût troublée, sinon par quelques corsaires que Dandolo, dans ses proclamations, appelait des pirates, et les insurgés indigènes, que le provéditeur traitait de brigands et d'assassins. Un moment, Dandolo, vo3-ant la garnison de Zara assister impassible à leurs allées et venues, alla trouver le général de Maureillan '

I. Leitre au vice-roi, citce par Tullio Dandolo. | 2. Voir notamment la série des proclamations de Dandolo dans le Rigio Daliiiala : 10 mai {K. D. du 12), 15 mai (i?. D. du 19). 25 mai {R. D. du 26), :8 juin (/?. D. du 23), 18 juillet (R. D. du 21), et les lettres publiées par Tullio Dandolo. | 3. Dandolo au vice-roi, 30 m.ii (Tullio Dandolo, Ricordï).

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pour lui demander « 300 fusils et des balles » ; lui, Dandolo, formerait un corps franc, .\ la tète duquel il irait combattre les assassins! Maureillan, qui doutait des aptitudes militaires du provéditeur, ne déféra pas à son désir; il jugeait d'ailleurs imprudent de lancer ainsi dans le pays une troupe à laquelle les Autrichiens auraient pu contester la qualité de belligérants, et enfin, il avait des raisons pour craindre que le plus grand nombre des volontaires levés par Dandolo n'allassent grossir les rangs des insurgés.

Dandolo se montra très piqué du manque de confiance que lui montrait Maureillan' et dut se contenter d'inonder la province de proclamations; il crut même à l'efficacité de cette arme : les Autrichiens n'avaient pas encore fait un pas, et le provéditeur en trouve la raison dans la sagesse des mesures qu'il a prises : « Ce qui me réconforte, écrit-il, c'est que je « puis dire que, sans troupes, sans forces, absolument abandonné, j'ai « ramené l'ordre dans cette province horriblement agitée aussi longtemps « qu'elle a été occupée militairement. »

Bientôt Dandolo en vint à se sentir rempli de l'esprit prophétique : le 8 juin, il écrit à Marmont : « Cat mi pressentiment intime qui, me rendant « prophète, me fait prédire que, le 2S juin, la puissance autrichienne sera « ccrasée^\ »

La confiance que sa vision de l'avenir inspirait à Dandolo ne fut pas de longue durée. Le 5 juillet, l'avant-garde autrichienne se montrait sur tous les points du cours de la Zermanja. Le 13, Knesevich quittait Gracac, poussant ses tètes de colonnes jusqu'à Palanka, près de Kravni-Brod. La cavalerie s'avança en reconnaissant le pays jusqu'à Kistanje sans rencontrer un seul soldat français. Cette disparition complète de l'ennemi inquiéta fort le général autrichien qui, redoutant quelque piège, n'avança qu'avec une extrême prudence. Le 19, il porta son quartier général à Kravni-Brod', d'où il envoya 3.000 hommes investir Knin : on essaya même d'un siège, Blocus de mais, avec des canons de montagne, on ne pouvait rien contre une forteresse perchée sur un roc inaccessible ; on dut se contenter de la bloquer-*.

Le 20 juillet, Knesevich marcha sur Ostrovica et ensuite sur Demonico. A l'annonce de l'approche des Autrichiens, l'insurrection reprenait ; le 17 juillet, Scardona se prononça en £iveur de l'Autriche; le major Hrabowsky s'y rendit de Knin, y entra le 21 juillet, et, à la place des tonctionnaires français qui s'étaient retirés à Sebenico, il nomma un gou-

I. Dandolo au min. de l'intérieur Aldini, 10 juin (//;/</.). | 2. Cette lettre, reproduite d'après la minute, est publiée par TuUio Dandolo, fils du provéditeur, le dernier qu'on puisse accuser d'être un mystificateur. | 3. W. K. F. 13, n. 47. | 4. Z. L., Arch. secr.,

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vernement provisoire à la tctc duquel il plaça le P. Dorotich, revêtu du titre de commissaire général militaire'.

Soulève- Le même jour, 21, le capitaine Millenberc; poussa jusqu'à Sebenico; la

""=nt gène- • ,■ . J 1 f c xr 1 '. • • 11- i

rai. compagnie laissée pour garder le tort ban-Nicolo s était établie sur les rem-

parts de la ville et tira pendant deux heures en faisant subir aux assaillants une perte d'une cinquantaine de tués ou blessés; vers le soir, les Autrichiens entrèrent dans la place, grâce à la connivence des habitants, et les Français se retirèrent au fort^ dont le blocus fut confié aux volontaires dalmates soutenus par une compagnie du régiment « Reisky'. »

Le 30 juillet, les Autrichiens entrèrent à Traù, qui ne fut pas défendu, et, à cette nouvelle, Spalato se souleva •♦ ; le 2 août, après un simulacre de résistance fait par une partie de la garde nationale, Millenberg entra triomphalement, à la tète d'une centaine de volontaires et de 47 soldats du régiment « Reisky ». Les officiers français avaient pu se réfugiera Klissa.

Le II août, les Autrichiens se présentèrent devant Lésina; le commandant de place français fit savoir à l'officier qui les conduisait qu'un armistice, signé à Znaïm, ordonnait la cessation des hostilités, et, voyant que l'ennemi ne tenait pas compte de cette communication, il l'appuya de quelques coups de canon; les Autrichiens se retirèrent. Le 15 août, la population célébra avec enthousiasme la fètc de l'empereur Napoléon; mais, par un curieux revirement, elle se souleva le lendemain et arbora le drapeau autrichien ; toute l'île fit cause commune avec les insurgés, et le délégué dut lui-même substituer le drapeau autrichien au drapeau italien pour ne pas être massacré. La ville de Lésina fut occupée, le 19, par les paysans, qui pillèrent les maisons des partisans de la France; dans celle de l'abbé Bonicelli, inspecteur du culte, on brûla la riche bibliothèque que lui avait laissée son oncle, le savant M^' Stratico, dernier évèque de Lésina'. Ces scènes de pillage durèrent trois jours et ne furent arrêtées que par l'arrivée d'un navire autrichien.

Dans l'intérieur, tout le pays, de Verlika à Sinj, s'était soulevé le jour où les Autrichiens avaient passé la frontière. A Sinj, l'énergie du podestà et du juge de paix Cattalinich empêcha les mécontents d'agir, et le flot insurrectionnel s'arrêta là pour le moment. La Poglizza et le Primorje de Makarska s'insurgèrent le 25 juillet. Le général Deviau fit alors sortir de Raguse 150 hommes du 60' de ligne et autant de pandours dont la seule apparition fit cesser les manifestations séditieuses. Le capitaine Guyard, qui commandait cette petite troupe, crut pouvoir s'avancer jusqu'à Spalato;

I. Z. L., Arch. secr., 454, 464. | 2. Z. L., Rapport général sur l'insurrection. — Arch. secr., n. 439. — F. XVII 10.143. | 3. W. K. F. 15, n. 47. | 4. Z. L., Rapport général /. c. d'où sont tirés presque tous les détails qui vont suivre. (V. p. 328.) | 5. Z. L. F. XIV, 2 558.

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il appela à lui les pandoiirs d'Imoski et de Duare, et un détacliemcnt de la garde u.itioiuile de Siiij, et dès que sa colonne arriva en vue de Spalato, les insurgés l'cvacuèrent. Mais, le surlendemain, ils reparurent avec quelques centaines de paysans armés; Guyard, dont presque tous les pandours avaient déserté, se retira à Klissa, d'où il envo3'a la garde nationale de Sinj taire une reconnaissance dans la vallée de la Cetina; cette opération fut malheureuse : les gardes nationaux turent surpris et dispersés; le 13 août, Guyard fut bloqué dans Klissa, et Sinj occupé, le 14, par les insurgés '. Les partisans assez nombreux que la France avait à Sinj durent fuir pour échapper à la fureur des paysans : les uns allèrent rejoindre le capitaine Guyard à Klissa, les autres passèrent en Bosnie où le consul s'occupa de leur procurer un asile'.

Enfin, au milieu de tous ces désordres, les nobles raguSains reprirent leurs intrigues». L'aga de Mostar, gagné par eux, publia un fiux ordre du pacha ordonnant une levée contre les Monténégrins, et, une fois à la tète de quelques milliers d'hommes, il se faisait fort d'entrer à Raguse, quand le pacha de Travnik, complètement dévoué à la France, désavoua l'aga, licencia les troupes qu'il avait réunies, et fit alors seulement part au consul du danger que Raguse avait couru -f.

Pendant que les envahisseurs se répandaient jusqu'à Sinj et Spalato, le Siège général Knesevich entreprenait le siège de Zara5.

Nous avons laissé les avant-postes autrichiens à Benkovac, le 23 juillet; ce jour-là, l'ennemi s'avança jusqu'à Demonico et prit un convoi de 60 bœufs avec les hommes qui cherchaient à le faire entrer dans Zara. Le 24, la ville fut mise en état de siège et, le 25, plusieurs sorties furent faites pour retarder l'investissement. Le 26, se présenta un parlementaire « qui somma le général de Maureillan de rendre la place, lui donnant « l'assurance que la garnison serait traitée favorablement, et qu'en cas de « refus, après le troisième coup de canon tiré, on ne recevrait plus de « proposition et que la garnison serait passée au fil de l'épée. » « M. le « Gouverneur répondit au parlementaire qu'il ne pouvait acquiescer à « une pareille demande sans se déshonorer aussi bien que la garnison; « que la menace... etc. ferait redoubler d'ardeur au soldat, et que, quand « même le gouverneur le voudrait, la garnison l'en empêcherait^. » Le parlementaire se retira et les hostilités continuèrent le 26 et le 27. La flot-

I. W. K. F. 15, n. II. ] 2. A. E., Turquie 219; 21, 24, 26 août, 12 septembre. |

3. A. E.. ibid.. 9, II, 12, 30 août, 12 septembre. | 4. A. E., Turquie 219, 11 août.

I 5. A. G., I^apport de ce qui est arrivé devant Zar.i, depuis le mois de juillet jusqu'au

18 août 1809, faisant connaître les événements qui se sont succédé avant et après que

l'armée autrichienne eut bloqué la même place. | 6. A. G., Mémoire cité plus haut.

tille italienne, composée de .six grosses canonnières et de six barques armées, cherchait à maintenir libre le canal de Zara, dans lequel aucun bâtiment ennemi ne s'était montré depuis un mois.

Le 28, un nouveau parlementaire autrichien se présenta et annonça la conclusion d'un armistice; il fut convenu que les hostilités cesseraient de part et d'autre et que le lendemain on arrêterait les termes d'une convention. Pendant que cette convention se discutait, la flottille autrichienne arriva ; elle se composait d'une dizaine de petits bâtiments et commença à capturer les barques qui, à la nouvelle de l'armistice, apportaient à Zara des vivres et du vin. On fit savoir au commandant de la flottille que l'armistice était signé, mais celui-ci répondit qu'étant sous les ordres du comodore anglais, commandant les forces britanniques, il n'avait pas à Armistice, tenir compte d'un armistice auquel les Anglais n'avaient pas adhéré ; il y eut donc un engagement assez vif entre les Autrichiens et la flottille italienne, qui était sortie pour reprendre les prises faites par l'ennemi; deux trahacoli furent ramenés dans le port de Zara. Le lendemain 30, le commandant de la flottille adhéra à l'armistice. Il était stipulé dans la convention particulière signée entre Maureillan et Knesevich que Zara, Knin, Klissa et San-Nicolo seraient ravitaillés de cinq en cinq jours, que les Autrichiens ne dépasseraient pas le cours de la Cetina et ramèneraient en arrière de cette rivière les corps de partisans qui opéraient au delà de Sinj.

De nombreuses contestations se produisirent au sujet de l'exécution de cet armistice : nous avons vu qu'au mépris des conventions, les Autrichiens occupèrent Sinj le 14 août et Lésina le 19; cela fut connu à Zara à la fin du mois et de vi\-es réclamations s'élevèrent; de plus, quand, le 28 juillet, le parlementaire avait proposé d'arrêter les bases d'une convention, il avait affirmé que déjà les Autrichiens occupaient Traii et Spalato, et l'on sait que ces villes ne furent occupées l'une que le 30 juillet, l'autre que le 2 août; Dandolo releva ce dernier point dans un article paru le 18 août dans le Regio Dahnata, et il le fit dans les termes les plus violents. Knesevich crut devoir adresser à Maureillan une protestation, et, visant toute la série des articles de Dandolo à l'adresse de ses soldats ', il réclama notamment contre l'appellation de cljcfs de brigands et d'assassins que le provéditeur ne cessait d'appliquer à ses officiers; il ajoutait que, si les Autrichiens étaient entrés à Sinj le 14, c'est que le 9, le capitaine Guyard était entré à Spalato, ce qui n'était pas moins contraire à la convention : on n'avait fait que repousser une attaque faite en violation de l'armistice. Knesevich reconnaissait enfin que Spalato n'eût pas dû être occupé la

I. R. D., 5, 12, 19 mai, 16, 23 juin, 7, 21 juillet, 11, 18 août 1809.

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prcmicrc fois que le capitaine Millenberg y était entré; il promit que cet officier serait puni et fit remettre en liberté vingt-quatre soldats français qui avaient été pris A Spalato et ;\ Salone, le 2 août.

L'armistice fut employé par Maureillan à compléter les travaux de défense de Zara, par Kncsevich ;\ organiser les volontaires qui se présentaient en foule à son camp. Le colonel Danese, qui était rentré en Dalmatie .\ la suite des Autrichiens, divisa les volontaires en i8 centuries, donnant un etiectif de 2.160 hommes ; on forma de plus une centurie de cavalerie et deux compagnies de canonniers, qui se chargèrent de défendre Sebenico et Spalato. L'armée régulière fut complétée par l'arrivée de quelques escadrons de hussards, et enfin un matériel de siège fut expédié de Porto-Re et de Carlopago '.

Pendant que Knesevich enrégimentait une partie des insurgés, les autres continuaient leur marche en avant. La Poglizza, qui s'était calmée à l'apparirion du capitaine Guj-ard, rentra en insurrection quand celui-ci fut enfermé dans Klissa ; Almissa, Duarc, Imoski reçurent les insurgés, et Makarska se vit entourée de bandes menaçantes. La compagnie d'infonterie, qui y était de garnison, se voyant hors d'état de résister c\ des milliers d'agresseurs, s'embarqua, le 1 1 octobre, pour rentrer à Raguse ; mais une tempête jeta les navires sur la côte de Lésina où ils faillirent faire naufrage; les habitants de l'île s'étaient rangés sur le rivage et saluaient les bâtiments français par une fusillade continuelle, pendant que des embarcations armées cherchaient à leur couper la retraite. C'est à grand'peine que les Français purent échapper à tant de périls réunis-.

Les insurgés entrèrent le 17 octobre à Makarska; en sorte que les Français n'eurent plus, au nord de la Narenta, que quatre places où ils étaient strictement bloqués.

C'est le 4 novembre que les Autrichiens apprirent que la paix était jvi.Traisignée depuis le 14 octobre. Le traité de Schônbrûnn restituait à la France '^ ,'''= Schonla Dalmatie et lui cédait la Croatie, l'Istrie autrichienne, Trieste, la Carniole et un certain nombre de cantons de la Carinthie, de la Styrle et du Tyrol.

Les Autrichiens, qui avaient remporté en Dalmatie des avantages continuels, étaient exaspérés de recevoir l'ordre de battre en retraite; quant aux Dalmates, ils se voyaient livrés aux vengeances du vainqueur et leur désespoir ne connut pas de bornes. Ils conjurèrent Knesevich de rester avec eux et de continuer la guerre; sur le refus du général, ils le menacèrent de tourner leurs armes contre lui, et enfin, comprenant que la lutte

I. \\'. K., F. M, n. II. I 2. W. K. F. 15, n. 1 1. — '/.. L., Arch. secr., n. 492.

ne pouvait se prolonger, ils se dispersèrent dans les provinces turques ou passèrent à bord des bâtiments anglais.

Knesevich crut cependant prudent de rester dans le pays jusqu'à l'arrivée des régiments français; c'était le seul moyen d'empêcher une insurrection analogue à celle de Cattaro en 1806'. Ce n'est que dans les derniers Retraite jours de novembre que Knesevich put emmener sa petite armée- qui, si chiens^"'^'" ^^'^ ^'^'^'^^ P^" souffert du feu de l'ennemi, avait été décimée par des maladies épidémiques et des fièvres paludéennes contractées en campant sans abri dans des localités malsaines, à l'époque la plus chaude de l'année. L'autorité française reçutàNona le soin de 300 malades, qui ne pouvaient encore suivre la retraite de leur corps'.

Les Anglais n'avaient pris qu'une part très restreinte aux opérations; ils s'étaient contentés de s'établir à Lissa, et, encore cette fois, l'occupation ne fut-elle que temporaire ; leurs vaisseaux et leurs corsaires venaient seulement y relâcher et y entreposer des munitions ou des marchandises de contrebande.

Une seule fois, le i" décembre, la corvette la Volage, poursuivant un navire de commerce, entra derrière lui dans le port de Spalato, et ouvrit le feu tant contre le navire que contre la ville. La garde nationale prit les armes, et voulant ftire oublier aux Français toutes ses infidélités passées, attaqua l'Anglais avec bravoure. Deux canons du bâtiment marchand furent descendus à terre et mis en batterie dans une position si dangereuse pour la corvette que celle-ci abandonna son ancre et prit le large avec d'assez fortes avaries. L'ancre fut relevée et gardée comme un trophée; quand les Anglais s'emparèrent de Spalato en 1813, on ofl^rit de leur restituer cette ancre, mais le comodore Hoste répondit que les Spalatins devaient la garder, qu'en attaquant leur ville le commandant de la Volage avait violé les instructions qui lui prescrivaient de respecter le littoral et, à plus forte raison une ville ouverte, et qu'en rentrant à Malte on l'avait traduit devant une commission militaire et privé de son commandement -f.

sicge.

Uét,it de La retraite des Autrichiens et le retour des Français, ramenés par les généraux Clauzel et Bertrand, rétablirent complètement le calme en Dalmatie et mirent fin à toutes les manifestations insurrectionnelles. En attendant la mise en vigueur des lois du nouveau gouvernement des provinces illyriennes, dont la Dalmatie devait taire partie, l'état de siège, proclamé à Zara, le 24 juillet, fut étendu, le 5 novembre, à toute la province, et le général de Maureillan fut nommé gouverneur par intérim.

I. AV. K. F. 18, n. 24. I 2. W. K., F. 15, n. 26, a. | 3. Z. L., 1809, Police, 854, 1810, ihiJ., 143. I 4. Citt.ilinich. 0. c. p. 157.

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