‹ La Dalmatie de 1797 à 1815Chapitre 90 sur 156 · LES PROVINCES ILLYRIENNES 34I · texte numérisé non relu

LES PROVINCES ILLYRIENNES 34I

et personnages marquants, ;\ commencer par les gouverneurs généraux : Marmont lui inspire une grande admiration : « On ne peut, dit-il, citer Mamiont

., , 1 I' ' . VI i> et Bertrand.

« aucun projet utile a ce pays, sans qu on ne dise aussitôt qu il 1 a conçu, i> préparé ou tenté. 11 en aimait les habitants, il s'en est fait aimer, et sa mémoire leur sera toujours chère. Il accordait un peu facilement sa con- « fiance, mais tout instrument devenait bon entre ses mains. » Ce qui avait contribué ;\ foire chérir Marmont, c'était sa munificence ; brouillé avec sa temme, n'ayant pas d'enfants à pourvoir, il dépensait sans compter les larges revenus que lui donnait ses charges et sa dotation, et tout autour de lui on suivait son exemple. « Pour la première fois, dit Pellenc, Lay- « bach eut une cour; outre son palais et ses fêtes, Marmont avait une « maison de campagne avec des terres et un grand parc, dans lequel il « emplovait une quantité de journaliers; sa table était magnifique, il avait « de nombreux domestiques, cent chevaux et des meutes. » Le maréchal invitait i\ ses chasses l'aristocratie du pays et réconciliait insensiblement ceux qui semblaient devoir être les derniers à reconnaître les fxits accom-

plis.

Le général baron Bertrand n'avait ni le goût des munificences, ni les moyens de s'y livrer ; son traitement était sensiblement inférieur à celui de son prédécesseur, et ses goûts bourgeois lui inspiraient même quelque répulsion pour les cérémonies d'apparat : c'est ce que Pellenc insinue discrètement. Le maire de Laybach alla plus loin et lui reprocha d'avoir meublé sa résidence de Trieste au détriment du palais de Laybach, de telle façon que, lors du voyage du prince Eugène, on ne trouva ni draps, ni couvertures pour sa suite '.

Néanmoins, Bertrand sut se faire aimer, et quant il partit, « tous « regrettèrent cet homme doux, affable, incapable, dit Pellenc, de com- « mettre une injustice. »

Heureux dans le choix des deux premiers gouverneurs. Napoléon avait été moins bien inspiré dans la nomination -des intendants généraux de finances.

Dauchy, nommé le 14 octobre 1809, avait reçu, par le décret du Lesimen- 2) décembre, la mission d exercer, sous 1 autorité du gouverneur, tous les r,,ux. pouvoirs autres que ceux qui se rattachaient aux services de la guerre et de la justice, et son administration fut désastreuse. Il avait cependant de beaux états de ser\-ices : en Piémont et en Toscane, il avait montré une grande capacité en réorganisant les finances de ces deux pays, et il avait été récompensé par le titre de conseiller d'État. Pellenc dit, avec de grands

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