‹ La dame à la plume noire (volume 2)Chapitre 11 sur 24 · LA FETE DE LA VIE · texte numérisé non relu

LA FETE DE LA VIE

On s'embrassait dans les rues.

Une foule plus nombreuse que les étoiles du ciel sillonnait les quais et les boulevards de la ville, conduisant au Champs-de-Mars, où avait lieu la Fête de la Vie, donnée par souscription en l'honneur du savant docteur Jean-Baptiste Garassus. qui venait de délivrer si miraculeusement l'humanité de son plus grand fléau : la Mort.

Le peuple riait en chantant mille chansons faites pour la circonstance.

Les sr-n? du monde, les heureux, avaient l'air assez indifférents à l'événémenl du jour. Les enfants, insouciants suivant leur habitude, semblaient tout à l'ait étrangers â l'affaire.

La joie <Ujs pauvres, des infirmes, des mendiants touchait au délire.

Pour les militaires, ils paraissaient consternés, el semblaient dire : o Si l'on ne meurt plus, comment ferons-ni ius p< mr vivre ? »

Un beau soleil fêtait ce grand jour. Les fenêtres de la ville étaient pavoisées et ornées de fleurs. Les boulevards présentaient un aspect féerique. Des arcs de triomphe avaient été élevés de distance en distance, par des corporations désireuses de complimenter l'illustre docteur.

D'immenses mats, plantés régulièrement, étaient chargés de fleurs qui répandaient dans l'atmosphère de suaves émanations, et de banderoles qui s'agitaient dans l'espace comme des vagues de mille couleurs.

A midi, un immense cri se lit entendre.

— Le cortège! cria la foule.

— Le voilà qui arrive !

— Ce sont eux !

— Xe poussez pas !

— Vous m' étouffez !

— 11 n'y a pas de danger, on ne meurt plus.

— Vive le docteur Gara-sus !

Assis dans un splendide carrosse traîné par huit chevaux blancs, Jean-Baptiste Garassus. en compagnie de Karnix et de sa fille Hélène, saluait la foule avec majesté.

Derrière le char qui emportait Garassus et sa gloire, une multitude de voitures, appartenant aux gens les plus notables de la ville et aux ambassadeurs étrangers, formaient un magnifique cortège.

Vingt fois la foule s'était élancée avec l'intention bien arrêtée de dételer les chevaux et de traîner ellemême le sublime Gascon. Mais vingt fois la garde nationale, qui formait la haie, avait, à coups de crosse, repoussé les enthousiastes.

— Bon! avait dit un ouvrier en blouse blanche, les voici qui font leur tète, ceux-là ; on voit bien qu'on ne meurt plus.

Le char triomphal arriva sans encombre au Champde-Mars. Le docteur fui reçu par une députation de

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savants et de philanthropes, qui commença à le féliciter; après quoi, elle le conduisit sur une estrade recouverte d'un dais de drap d'or, autour de laquelle siégeaient tous les membres français ei étrangers de l'Institut.

Trente-deux discours furent prononcés par les quarante membres de l'Académie française, qui n'était plus qu'an nombre de sept.

On sait que, depuis 1933 jusqu'en 1977, la France se trouva complètement dépourvue d'écrivains.

Cette nation, qui prétendait depuis des siècles à l'honneur de diriger la pensée du monde entier, cette nation qui s'intitulait la reine de l'idée; cette nation qui s'en allait criant : «Je domine l'univers; c'est moi qui donne le la à l'esprit humain. Je dois ma prépondérance sur les autres contrées bien plus encore à mes penseurs, à mes philosophes, à mes écrivains, à mon théâtre, à mes artistes qu'à mes armes. » Cette nation, le jour de la Fête de In \'i<\ ne comptait dans son sein que sept hommes sachant parler et écrire correctement en français.

Et encore !

Ce? sept illustrissimes étaient connus dans le public sens le Dom de a perruques. »

Les 'j;vn> sensés Les regardaient avec une espèce

d'admiration superstitieuse, — comme les orientaux regardent les fous. — et ils les respectaient tout en se demandant pourquoi des hommes doués d'un extérieur vénérable, d'une physionomie intelligente, d'un savoir certain et éprouvé, s'amusaient à écrire des livres que personne ne lisait.

Les sept académiciens ne prêtaient aucune attention à ces clameurs absurdes, parce qu'ils vivaient dans les nuages de l'idée : l'âge, d'ailleurs, les avait rendus sourds, et ils continuaient à représenter l'esprit français du mieux qu'ils le pouvaient.

On voyait bien çà et là. dans la ville, courir de jeunes hommes vêtus d'habits noirs malpropres, de pantalons frangés, chaussés de bottes fallacieuses, riantes, couronnés de Longs cheveux mal peignés, lesquels semblaient, par un étrange caprice du sort, avoir poussé pour déposer sur le col des habits la graisse qui manquait à ceux qui les portaient.

Pour ces perruques- de l'avenir, l'admiration des bourgeois faisait place ;i nu autre sentiment. En le-

voyant, les citadins mettaient un cadenas a leurs poches, afin qu'il ne leur manquât ni le foulard qu'ils allaient se faire voler aux Champs-Elysées, ni Time des actions qu'ils allaient déposer chez un banquier en partance.

C'étaient cependant de braves et nobles jeunes hommes, qui n'avaient qu'un défaut, la pauvreté.

Bêlas! on les appelait les bohèmes.

Et ce nom était bien le leur, car ils étaient paresseux et insouciants. Ils s'en allaient par les chemins, chantant sans se soucier du lendemain, admirant la belle nature de Dieu et remerciant le créateur de l'avoir faite si grande et si sublime pour eux seuls qui savaient la comprendre et l'aimer.

La confiance qu'ils avaient dans leur supériorité exaspérait le vulgaire, mais elle leur donnait la force de Vivre lôifi des joies du monde et de rire en faisant danser leur misère au son lointain des louis d'or qu'ils n'apercevaient jamais.

Parfois les bohèmes se disaienl :

— Pourquoi ne nous faisons-nous pas épiciers? Ne saurions-nous pas vendre à faux poids de la chicorée pour du café?

— Qui nous empêche d'être financiers? Ne saurions-nous pas créer des châteaux en Espagne à faire rêver toutes les familles de gogos de Marseille au Guadalquivir?

— Sans aller si loin, nous serait-il impossible de vendre de l'eau de citron faite avec des acides pernicieux ou de l'absinthe faite avec du poison? Cela tue, mais cela rapporte.

Par bonheur, le veut de la jeunesse soufflait sur ces horribles pensées, et les bohèmes allaient aimer el souflrir en attendant des jours meilleurs qui ne venaient jamais.

Quand, poussés par de cruelles nécessites, ils se voyaient forcés de changer en métier leur profession, ils faisaient imprimer des morceaux de papier qu'on désigna sous le nom de gazettes, puis plus tard sous celui de journal.

Ges petits carrés . qui parlaient de tout et d^ rien, de la comédie qui se joue sur les planches et de celle qui se joue ailleurs, devenaient quelquefois amusants,

et le public les prenait en grande faveur. Lorsqu'un semblable bonheur arrivait, les bohèmes étaient ven-

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gés. Les bourgeois, chapeau bas, venaient assaillir leur porte.

— Maîtres ! disaient-ils, nous venons vous prier de ne point parler dans votre spirituel journal de l'affaire de Paul, qui est parti pour l'Amérique emportant le galion.

— Mais il a ruiné cent familles !

— Sans doute , mais s'il n'avait rainé personne, nous n'aurions aucune raison de vous demander ce service.

— Maîtres, continuaient-ils, voulez-vous faire une bonne action? ne dites pas un mot de Pierre, qui a un peu assommé son fils.

— Maîtres, passez sous silence les détails du procès en séparation intenté par la vicomtesse de Barbanchu à son mari ; faites cela pour les enfants.

Etc., etc., etc.. etc., etc., etc.. etc.. etc., etc.

— Allez en paix, disaient les bohèmes, nous ne parlerons qu'après Polichinelle.

Les bourgeois partaient, méprisant un peu plus les bohèmes.

Heureusement, il arriva qu'un ministre, devant le

nom duquel la postérité s'inclinera, envoya à MM. les préfets la circulaire que voici :

<( Monsieur le préfet .

Le roi David est, grâce à ses psaumes, le monarque le plus connu de l'antiquité.

Virgile, Horace, Esope, Lucrèce, Tite-Live. Juvénal. Plante et Térence sont plus connus à eux huit que tous les guerriers de la Grèce et de Rome.

En France, on sait les noms des chevaliers de la Talile -Ronde qui faisaient des chansons, et l'on ignore ceux des chevaliers qui moururent au combat des Trente.

Rabelais et Montaigne ont une notoriété autrement grande que Samblançay etJacquc--CLtur.

Corneille est aussi grand que Richelieu.

Il n'est pas un enfant qui ne sache l'histoire du soulier du poëte , presque tous ont oublié le siège de La Rochelle.

Mieux qu'en lisant L'histoire , on apprend le siècle de Louis XIV en écoutant les comédies de Molière.

Voltaire, Diderol et Jean-Jacque< Rousseau ont les

premier- t'ait pressentir aux peuples les grands principes de 89.

Sous la Restauration, deux hommes, deux Français

osèrent dire leur respect et leur admiration pour le plus grand héros des temps passés et à venir. Ces deux hommes étaient deux poètes, L'un se nommait Chateaubriand, l'autre Déranger.

Victor Hugo a été plus grand pour avoir t'ait Ruy- Bios que pour s'être assis à la chambre des pairs du royaume.

Jocelyn a obtenu pour Lamartine le pardon de la postérité.

La France aura toujours une larme pour Gilbert, un regret pour Miïrger.

La mort d'un pauvre poëte fou. Gérard de La Brunie de Nerval, a été un plus grand événement que ne l'eût été la mort de deux maires et de trois adjoints.

Il tous suffira, monsieur le préfet, de lire attentivement ce qui précède pour bien comprendre ma pensée. Je veux que votre sollicitude éclairée soit constamment portée sur l'une des classes les plus utiles de la société et à coup sur la plus méritante. Comme ce

n'est point avec de l'argent qu'un peut encourager les lettres. — le génie ne : aurait se payer, — je désire que. par les moyens que vous jugerez convenables. vous fassiez entendre à vos administrés que l'homme de lettres honorable est digne de l'estime et du respect de tous. Sans chercher à définir l'immense mérite de l'écrivain qui trace l'histoire de son temps ou qui en peint les mœurs, qui en raille les ridicules, ou de celui qui conserve la langue dans toute sa pureté, vous vous attacherez à inculquer dans l'esprit des masses que L'homme qui . avec un peu d'encre et de papier et les éclairs qui jaillissent de son esprit, produit un livre ou une œuvre dramatique, est supérieur à tous les industriels. 11 fait vivre un grand nombre de gens, tels que comédiens, costumiers, peintres, machinistes, imprimeurs, fabricants de papier, sans compter une classe nombreuse de marchands qui vendent cette œuvre. On ne saurait mettre en doute que cet homme ne soit plus utile et plus respectable qu'un trafiquant qui débite du suif ou de la cassonnade.

Agréez, monsieur le préfet, etc. »

Mai^ cette bienheureuse rirculaire n'avait pas en-

core vu le jour, et il n'y avait, cola a été dit, que sept académiciens à la Fête de la Vie. Aussi les vaillants lettrés avaient fait plusieurs discours pour donner à croire qu'ils étaient plus nombreux, mais personne ne s'y était trompé et chacun avait répété en bâillant :

— Si véritablement on oe meurt plus, ces gens-là ne deviendront jamais immortels.

Un académicien grand seigneur, qui présidait la compagnie, se leva, et. prenant la couronne d'or, il la déposa sur le front ému de Jean-Baptiste Garassus.

— Cette couronne, dit-il avec onction, est la plus noble des récompenses ; elle vous est due a vous, qui êtes parmi leshommes celui qui s'est le plus approché de Dieu en découvrant le plus important des secrets de la nature

Ivre d'orgueil et de bonheur, Jean-Baptiste Garassus s'écria d'une voix triomphante :

— Ce jour est le plus beau de ma vie! Plus heureux que Galilée, Salomon de Caus et tant d'autres. je puis jouir de la gloire que vous me décernez, je puis voir mon œuvre s'accomplir. Cette heure , si douce à mon âme. me fait largement oublier mes veilles, mes

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rudes labeurs et surtout les jalousies sombres et les douleurs qu'une bosse et odieuse envie me suscitait hier encore...

En prononçant ces paroles, Garassus cherchait des yeux son confrère et contradicteur Grenuchot, pour l'accabler du poids de son triomphe.

Le docteur se donnait une peine inutile; Grenuchot était derrière lui, tenant par la main le squelette de l'infortuné Oscar Lavernol. l'amant d'Automne Bizet. la fille du pharmacien.

En apercevant son plus cruel ennemi, armé de sa formidable pièce de conviction, Garassus se troubla et ne put extraire la moindre parole de son gosier contracté.

— Messieurs les académiciens, s'écria Grenuchot d'une voix de stentor, il est temps de démasquer l'imposture. Cet homme est un fourbe, lâche et ténébreux, qui a voulu tromper l'Institut tout entier. Cet homme, messieurs, pour parvenir aux honneurs et à la fortune, n'a pas craint de toucher à la chose la plus sacrée, la plus saintement respectée : la Mort ! Ah ! messieurs ! honorables confrères î de quelle indignation ne suis-je pas saisi en voyant tant d'audace, d'à--

tuce et de supercherie. Je ne ferai pas de discours ; non, messieurs, en face d'une si immonde fourberie, toute colère cesse pour faire place au mépris le plus profond. Et d'ailleurs, messieurs et chers confrères, pas de paroles inutiles. Lorsqu'on accuse, il faut des preuves, non des mots. Ma preuve, la voici, messieurs. Ce squelette est celui d'un sieur Oscar Lavernol, élève en pharmacie, décédé hier au soir en présence de cinq cents personnes attirées par le bruit de son suicide. Ce sujet, messieurs, à la suite d'un chagrin d'amour, avait absorbé quatre onces d'acétate de morphine ; il est mort sur le coup ; je l'ai disséqué instantanément. Un artiste habile a passé la nuit à le préparer ; il est là, prêt à en témoigner. Eh bien ! messieurs, maintenant que vous avez vu, maintenant que vous avez touché, je vous le demande : la Mort existe-t-elle ? Le docteur Garassus est-il un fourbe ?

L'Institut était frappé de stupéfaction. Cinq minutes se passèrent avant que les membres de la docte assemblée pussent recouvrer leur sang-froid et retrouver le fil de leurs idées, qui venait d'être tranché par un événement bizarre et inattendu.

La contrariété se peignit sur tous les visages.

Aucun des savants ne regrettait la résurrection de

la Mort et ses suites funestes, nul n'y pensait ; mais ii- se voyaient dans l'absolue nécessité de dire oui ou non sans être préparés, et leur chagrin était extrême.

Il fallait faire un discours dans une circonstance grave; personne n'osait s'exprimer pour l'affirmative ou la négative.

La plupart des savants eussent dit oui ou non indifféremment, mais à la condition d'avoir été prévenus le matin, afin d'être brillants.

Donc, on se taisait.

Dans ce péril imminent et ridicule, le président jeta un regard suppliant sur un de ses collègues et dit :

— La parole est au docteur Durand.

Le savant désigné s'avança en secouant la tète.

Ce docteur Durand était un homme de soixante ans, à la figure de chat, aux yeux noirs et durs. Doué d'une vivacité d'esprit remarquable et d'une grande volonté, il avait pensé que le meilleur moyen de se faire un nom était le travail. Chirurgien en chef d'un hôpital, il avait acquis une grande autorité. L'Académie des sciences s'était bien un peu moquée de cer-

taines découvertes facétieuses qu'il avait prises sous son patronage ; mais comme lui-même et mieux que les autres il avait ri le lendemain de ses erreurs de la veille, il ne lui était resté aucun ridicule. Le silence religieux qui se fit à son apparition lui prouva le cas que l'assemblée faisait de son avis.

— Messieurs, dit-il d'une voix calme, depuis un mois je n'ai point parlé dans nos séances, je me suis tu dans mes visites à mon cours; je n'ai dit que juste ce qu'il fallait pour les nécessités de mon service. Depuis un mois, je suis rentré dans moi-même pour examiner avec tranquillité jusqu'où peut aller la stupidité humaine.

Tous les visages parurent inquiets.

Le docteur reprit :

— Oui, messieurs, je voulais voir cela et je l'ai vu. Vous me demandez lequel de ces deux hommes est un imposteur, je vous répondrai avec assurance qu'ils vous trompent tous les deux. Le docteur Grenuchot veut vous en imposer lorsqu'il vient dire qu'il est possible de mourir. Le sujet qu'il vous a montré ne signifie rien. Ce sont des os et voilà tout. Pour savoir si le suicidé est véritablement mort, il faudtait avoir

sous les yeux toutes les parties de son corps que l'opérateur s'est empressé d'égarer. Qui sait, messieurs! peut-être à l'heure où nous parlons, le cœur ou le cerveau de ce misérable gémit de son infortune dans quelqu'infect charnier.

L'assemblée entière et les auditeurs assez rapprochés de l'estrade pour entendre l'orateur firent un mouvement d'effroi.

Jean-Baptiste Grassus, voyant un prince de la science donner un démenti à son ennemi, ne se sentait pas d'aise, mais sa joie ne fut pas de longue durée. Le docteur Durand reprit :

— Je conclus. Le docteur Grenuchot ment ou se trompe. Quant au docteur Garassus, la question est plus grave. Lorsque la Mort a arrêté son cours, M. Garassus a été le premier à s'en apercevoir, mais au lieu de signaler cet événement à l'Académie et de rechercher avec elle les causes d'une pareille perturbation dans l'ordre naturel , poussé par son orgueil gascon, par la cupidité, par toutes les passions viles qui rongent le cœur de l'homme, il s'est écrié avec une outrecuidance stupide : « J'ai tué la Mort ! » Ah ! messieurs, si M. Garassus avait par un hasard quel-

conque trouvé le secret de la nature, s'il avait réellement arrêté la Mort dans son œuvre destructive, ce ne seraient point des couronnes qu'il faudrait lui décerner : il mériterait d'être chargé de chaînes, et nul supplice ne serait suffisamment cruel pour le punir du mal qu'il aurait fait à ses semblables. Quelques mots encore et vous partagerez mon opinion; ou plutôt attendez : dans quelques instants, ces banderoles vont se changer en drapeau de deuil, cette foule joyeuse et insouciante va se tordre éperdue dans une agonie sans fin.

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