‹ La dame à la plume noire (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · UN CHANGEMENT DE FRONT · texte numérisé non relu

UN CHANGEMENT DE FRONT

— Monsieur, dit Georges Pudler avec amertume, vous êtes jeune, vous avez des illusions, ce n'est pas

moi qui chercherai à vous les ôter, à Dieu ne plaise; vous allez vous marier, -oyez heureux. C'est mon vœu le plus sincère, et maintenant que me voulez-vous?

— Monsieur, répondit Robert, je suis vraiment malheureux que la vue de notre bonheur ait ravi vides chagrins auxquels je compatis plus que je ne saurais vous l'exprimer.

— Passons, Que voulez-vous?

— Nous venions chez vous chercher notre père, un vieillard auquel hier vous avez dû donner l'hospitalité au moment où il venait d'échapper à un grand danger.

— Quoi ! s'écria Pudler, vous seriez les enfants de ce digne philosophe que j'ai recueilli sur les bords de la Seine, et qui cette nuit même a dormi sous mon toit?

— Nous le sommes, répondit Hélène.

— Ah ! mes chers enfants , que ne le disiez- vous plus tùt? je vous aimais sans vous connaître, et mon affection pour votre père m'eût empêché de troubler par d'amères réflexions la joie de vos amours.

— Merci, fit Karnix.

— Maintenant, continua Pudler, dites-moi, de grâce, comment il se fait que votre père ne soit pas rentré en son logis? il m'a quitté pour aller à votre recherche. Toutes mes instances pour le faire rester auprès de moi ont été vaines, tant son désir de vous revoir était grand!

— Pauvre père, murmura Hélène.

— Rien n'est plus facile à expliquer, reprit Karnix, En sortant d'ici, le docteur a dû se rendre à sa maison, qu'il aura trouvée démolie. Ignorant le sort de

sa fille, il doit errer à l'aventure, le cœur plein d'inquiétude et de douleur, désespérant de retrouver son enfant, dont l'affection lui serait si douce au milieu de ses infortunes.

— Heureusement, le mal n'est pas sans remède, dit l'inventeur; j'ai six cents ouvriers qui hier ont vu votre père durant tout le jour et qui ne sauraient manquer de le reconnaître. Je vais les envoyer dans toutes les directions; ils vont fouiller la ville, et nul cloute qu'avant la fin de la journée vous n'ayez le bonheur d'embrasser celui que vous cherchez.

— Soyez béni, vous qui me rendez l'espoir, dit Hélène en saisissant la main de Pudler.

— Monsieur, reprit Karnix, nous n'oublierons jamais, le docteur Garassus et moi, le service que vous nous aurez rendu.

En entendant prononcer ce nom abhorré, Georges Pudler poussa un cri terrible et fit un bond comme s'il eût été mû par un ressort d'acier.

— Garassus! s'écria-t-il. n'avez-vous point dit Garassus?

— Oui, répondit Karnix. qui. voyant qu'il avait fait

une faute irréparable, cherchait .à faire bonne contenance.

— Quoi ! hurla l'inventeur, cet homme auquel j'ai donné l'hospitalité, cet homme que je tenais dans ma main, c'était cet infâme savant qui a tué la Mort ! C'était lui et je ne m'en suis pas douté!... Malheur à moi qui n'ai pas su me venger. Oh! que n'est-il encore là, que je le déchire de mes propres mains pour jeter un à un ses membres à mes chiens!

— Oh ! monsieur, que vous a donc fait mon père pour le traiter de la sorte? dit Hélène en pleurant.

— Ce qu'il m'a fait, ma douce effrontée, ce qu'il m'a t'ait, coureuse blonde...

Pudler ne put continuer, une main de fer venait de l'étreindre.

Karnix. menaçant et terrible, lui cria:

— Tu vas mourir.

L'inventeur se débattait de toutes ses forces afin de se dégager, mais sans pouvoir y parvenir. Sa face était devenue violette et ses yeux sanglants semblaient prêts à s'échapper de leurs orbites.

Cependant, à un cri d'alarme poussé par le vieux serviteur de Pudler, cinq rcnts ouvriers s'étaient

précipités dans la maison et étaient parvenus, non

sans peine, â retirer leur maître des mains du Karnix.

Pendant qu'on s'empressait autour de l'inventeur,

Robert, s'emparant du bras de sa fiancée, cherchait à

gagner la porte de sortie. Il venait de traverser la première cour; quelques pas de plus, il allait franchir la grande porte qui se trouvait ouverte.

— Garde à vous, bourgeois ! cria tout à coup Zidore, qui formait i'arrière-garde.

Karnix se retourna et considéra, avec une certaine crainte, justifiée par la présence d'Hélène, l'inventeur qui arrivait en vociférant, suivi de ses ouvrier-.

— Enfant, dit Karnix àZidore, pars avec elle: fuyez vite pendant que je vais les contenir à cette porte. Mais, de grâce, ne perdez pas un instant.

— Je ne veux pas fuir, dit Hélène: si je dois te perdre, j'aime mieux mourir.

— Pauvre ange! on ne meurt plus, mais un souffre,

— Je souffrirai près de toi.

— Partez, partez! cria Robert, les voici, partez! Isidore, emmène -la de force.

Puis, >aisi>sant l'une des barres de fer qui jonchaient la terre, il vint se camper fièrement au mi-

teu de la porte qui séparait les deux cours. Jetant un regard audacieux sur la horde furieuse, il dit d'une voix haute mais calme :

— Que l'un de vous avance, s'il ose!

Les ouvriers reculèrent.

— Oh! les lâches! cria Pudler. Vous ne m'avez donc pas entendu? Cet homme qui est devant vous est le gendre de cet ignoble médecin qui a tué la Mort; cette gourgandine qui le suit est la fille de cet infâme Garassus, qui est cause que vos souffrances n'auront jamais de fin et que pendant l'éternité vous serez rivés à la misère et au travail. Si vous avez encore une goutte de sang dans les veines, vengez- Vous!

— Malheur au premier ! criait Karnix.

La foule était partagée entre la haine et la frayeur.

— Swantz. cria Pudler en s'adressant à son contremaître, Swantz. tu as juré de m'ohéir; souviens-tui que ta vie m'appartient! Swantz. mort à cet homme! Si tu ne peux le tuer, brise-le s<»us tes poignets de fer!

Swantz. un véritable hercule germanique, s'avança vers Karnix.

— Rends-toi, lui dit-il, ou je t'écrase!

Robert, avec une merveilleuse facilité, fit tournoyer dans l'espace sa formidable barre de 1er. et frappant d'un coup vigoureux le pauvre Allemand, il lit voler sa tête à quinze pas.

L'assistance poussa un cri de terreur.

Le corps du décapité remua* les bras en signe de détresse, fit trois pas en avant et tomba raide.

— Vive la Mort! cria la foule,

Georges Pulder avait suivi la lutte avec une rage curieuse. Lorsque son contre -maître S^antz tomba, et qu'il vit ses ouvriers, trompés par les apparences, oublier leur ressentiment pour crier : « Vive la Mort! » il fut pris d'un accès de fureur insensée < Saisissant une barre de fer pareille à celle que brandissait Karnix, il s'approcha de lui.

Dans cette cour si bruyante une minute auparavant, il se fit un silence de mort.

Robert, appuyé contre le mur, attendait son adversaire, en affectant un calme bien loin de son cœur.

Cet homme, qui, à force de braver la Mort, avait Qui par la rendre amoureuse de lui. cet homme qui

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avait souri en face de tous les dangers imaginables, cet homme avait peur.

Il avait peur et cependant il savait qu'il ne mourrait point, il savait la Mort morte, bien morte, et il avait peur.

Il avait peur, parce qu'il aimai! !

Ah ! le beau mérite vraiment d'être brave lorsqu'on n'aime personne ; et voilà une belle chose pour qu'on y tienne, une vie sans amour!

Quand l'amour ne fait pas faire des prodiges de courage, il fait commettre des prodiges de lâcheté.

Karnix venait de faire preuve de courage, mais il était en train de passer à la seconde manière, il avait peur. Un mauvais pressentiment parcourait son esprit. Depuis près de deux mois, il ne s'était jamais trouvé seul. Il s'effrayait de cet isolement de dix secondes, ant il est vrai que l'homme le plus fort a besoin de son frère.

Georges Pulder s'avançait, la rage au cœur, Lorsqu'il fut à porté de son adversaire, il leva sa terrible masse. Robert semblait paralysé ; on eût dit que son courage, son esprit, son sang-froid l'avaient abandonné. Il pensait à sa fiancée : il se demandait où il irait la

retrouver si, parmi hasard heureux, mais bien invraisemblable, il avait la chance de se retirer saut* du mauvais pas dans lequel il était engagé.

— Défends-toi ! hurla Pulder.

Karnix ne bougeait pas. Mais tout à coup un tressaillement parcourut son corps : il venait d'entendre la voix d'Hélène qui lui criait :

— Sauve-nous, mon Robert, défends-toi!

Cette voix ranima son courage; il venait de comprendre combien il était aimé par cette frêle enfant qui aurait pu fuir et qui préférait partager ses dangers. Levant' son bras puissant, il para le coup qu'allait lui porter l'inventeur. Le choc fut si terrible, que Pudler ne put retenir la lourde barre de fer qu'il tenait en main ; il se baissa pour tâcher de la ressaisir, mais lorsqu'il se releva , la massue de Robert lui décolla la tête, ainsi qu'il ('tait arrivé pour l'Allemand.

Saisis d'effroi, les assistants s'enfuirent ; en un instant, la cour fut déserte, on n'entendit plus que des clameurs lointaines qui s'éloignèrent peu à peu, et il se tit un silence profond.

Karnix. épouvanté de son œuvre, restait appuyé

contre La porte qui séparait les deux bâtiments. Les deux troncs des décapités agitaient leurs bras dans le

vide et, comme .-'il- eussent voulu reprendre leurs têtes souillées de sang et de boue-, poussaient des

hurlements plaintifs. Celle de l'Allemand disait :

— Mon bon monsieur, ayez pitié de moi, je ne suis pas coupable vraiment ; si j'ai voulu vous frapper, c'était pour obéir au maître qui me donne du pain : vous comprenez parfaitement que. dans ma position, je ne pouvais agir que selon ses ordres. Monsieur, ayez pitié de moi : ce serait fort mal à vous de me laisser chercher mon corps pendant des siècles sans pouvoir l'atteindre. Ce serait fort désagréable.

— ■ Infâme misérable ! criait la tète de Pudler. tu peux abattre ma force, tu n'abattras pas mon eou^ cage : un jour ou l'autre mon corps et ma tète se rejoindront ; ce jour-là tu [tasseras dans ce laminoir que tu entends tourner, tu en sortiras écrasé comme un ruban de fer: ce jour-la tu seras lancé dans la chaudière dont tu entends siffler la vapeur. Va, lâche, abandon ne-moi, je suis vaincu, mais j'aurai mon heure.

— Ne lïcoutez pas. mon bon monsieur, reprenait

la tête <lc l'Allemand. A entendre mon maître crier ainsi, on le prendrait pour un mauvais homme, mais la vérité est qu'il est très-doux ordinairement; vous savez qu'il a eu quelques chagrins de ménage : ça a heaucoup changé son caractère, ça l'a rendu hargneux, grincheux, mais au fond c'est un charmant garçon.

— Te tairas-tu, misérable brute ! criait la tète de Pudler. Oses-tu supplier cet assassin ? — Lâche î lâche ! Je me vengerai. — Dieu n'est pas aussi puissant qu'on veut bien l'imaginer. Il a mal fait, il a déplorablement construit cette machine qu'il a appelée l'homme. Si toutes les parties en eussent été soigneusement faites, le corps ne resterait pas inerte alors que la tète pense. Dieu soit maudit!

— Blasphème! dit Karnix. blasphème! On ne meurt plus.

Hélène et Zidore «''pouvantes sortirent de la retraite où ils s'étaient cachés pour attendre Robert.

— Fartons, ma bien-aimée, s'écria Karnix avec transport, fuyons ces lieux maudits.

La fille du docteur était pâle et tremblante.

— Ami. dit-elle, allons-nous nous retirer en lais-

sant ces deux créatures humaines livrées au désespoir ?

— Oh! répondit Karnix. plus de pitié pour personne. Est-il un seul être sur terre qui ait pitié de nous ou de votre père infortuné? Croyez-moi. Hélène, plus de fausse générosité. Je rendrais la vie à cet homme indigne et lâche, il s'en servirait pour se venger sur vous des griefs qu'il croit avoir contre votre père. Croyez-moi donc, ne vous attendrissez pas sur son sort, il l'a mérité.

— Mon Robert, reprit Hélène, au nom de mitre amour, changez de résolution. Vous êtes fort, nul ne saurait vous vaincre: soyez généreux et pardonnez.

— Je ne voudrais vous rien refuser, chère aimée. Je consens à céder ,;i Mitre prière. Si ces hommes se repentent, je les sauverai : tentons l'épreuve.

S'adressant à la tète de l'Allemand, il lui dit :

— Si je te rends ton corps, qu'en feras-tu ?

— Je vous bénirai, vous et l'ange blanc qui vous accompagne, dit la tète.

— Après?

— N'est-ce pas assez ? que faut-il faire encore?

— Abandonner ton maître dan- l'état où il est.

— Je l'abandonnerai.

— Bon. ditKarnix; et toi, maître inventeur, que feras-tu si je te rends ton corps?

— J'écraserai la tête de ta fiancée sous le marteau de ma forge.

— Vous, voyez, reprit Robert, l'un est ingrat, l'autre est méchant. Partons !

— Cependant, murmura la jeune fdle, c'est un bien grand forfait que de laisser deux âmes désespérées, alors qu'on peut les secourir.

— Mamselle, dit tout bas Zidore, partez sans crainte, je me charge de les raccommoder.

— Oh ! non , fit Hélène, tu es si faible que tu deviendrais leur victime.

— N'ayez donc pas peur, reprit l'enfant d'un ton malin ; n'ayez pas peur, j'ai trouvé un truc.

— Dieu t'assiste !

— Partez en paix.

Karnix, préoccupé, avait pris le bras de la fille du docteur sanssesoucierde son guide. Lorsque son bourgeois fut sorti de la grande cour, Zidore s'approcha des décapités et leur dit :

— Un peu de patience, mes petits agneaux, on

va vous raccommoder vos boussoles dans les prix doux.

S'approchant avec précaution de la tête de l'Allemand, il la saisit par les cheveux et la plaça délicatement sur le corps de l'inventeur. Puis revenant à la tète de Pudler, il la prit et la posa sur le tronc de l'Allemand.

— Voyons, mon brave homme, dit-il, ne faites pas le méchant : tout à l'heure, vous disiez comme ça que le bon Dieu n'avait pas bien fait les choses ; nous allons mettre ordre à tout ça. il ne s'agit que d'être un peu intelligent. Bon, voilà qui va bien. Vous, voyezvous mon bourgeois, vous, qui êtes ce qu'on appelle un malin fini, vous avez de l'esprit comme vingt-six, et vous faites des inventions épatantes. C'est trèsbien, mais vous êtes un mauvais garnement, il n'y a pas à dire non. Tandis que voici le bon Swantz qui est bon comme le bon pain ; il ne ferait pas de mal à un soldat, mais en revanche il est bète à faire rougir unmelon. Vous lui dites : cogne, il tape; ilne voitpas plus loin, lui. Eh bien! j'ai mis votre boussole sur le corps du bon Chouflik, ça vous rendra bon garçon.

Comme Zidore l'avait supposé, il se produisil un phénomène assez bizarre. La tête de l'inventeur, mimante de colère, Lançait à L'enfant des regards

furieux et un torrent d'injures, pendant que le corps le pressait sur son cœur avec reconnaissance.

— Pas si près, fit Zidore, pas tant de reconnaissance, tu me mordrai-.

A quelques pas de là, la tète du bon Allemand appelait l'enfant, sa voix était douce, son regard souriant.

— Viens près de moi, cher sauveur, disait-elle, viens que je t'embrasse, toi qui m'as donné un corps.

Pendant que la tète parlait le corps gesticulait avec fureur et les pieds essayaient de marcher, les poings menaçaient le jeune chirurgien.

— Viens à moi, mon jeune sauveur, disait toujours la tète en suppliant. Les bras s'agitaient avec fureur.

— Plus souvent que j'irai! s'écria Zidore, je la connais, celle-là, mon vieux : c'est moi qui l'ai inventée. Et il se mit à courir pour rejoindre son bourgeois.

Robert Karnix et Hélène marchaient pensifs et silencieux. Les événements passaient dans leur esprit et y laissaient une trace sombre.

— Hélas ! soupira Hélène, je ne retrouverai jamais mon père.

— Espérez, dit Karnix.

— Je n'ai pins de courage, je sens que mes forces sont à bout. N'avez.- vous pas entendu avec quel mépris cet homme m'a traitée ? il m'a appelé coureuse en ajoutant un autre vilain mot que je n'ai pas compris ; ce que cet homme a dit, d'autres peuvent le penser. J'ai eu la force de supporter les malheurs qui nous ont frappés, je n'en ai pas pour subir la honte.

• — Ma bien-aimée, s'écria Karnix. comment se fait-il que vous, si admirablement douée, vous n'ayez pas compris que l'insulte s'adressait à l'enfant du docteur Garassns et non à la jeune fille? Oh! croyez-moi, je vous aurais vengée si Ton mourait encore.

— Vous aussi, vous allez maudire mon père?

— Écoute-moi, Hélène, reprit Karnix: si la destinée ne veut pas que nous revoyions ton père, tons nos efforts pour le retrouver seraient inutiles ; viens.

fuyons. Que nous importe le monde! nous irons sur le Nil, nous vivrons seuls dans ma cange; au lieu des tourments que nous souffrons ici, nous aurons un amour sans fin, un bonheur étemel.

— Mon Dieu! s'écria Hélène, pourquoi mon père a-t-il tué la Mort? nous serions si heureux.

Zidore allait parler, mais un regard de Karnix cloua sur ses lèvres les paroles prêtes à s'en échapper.

— Non, reprit Karnix gravement, votre père n'a pas eu tort de tuer la Mort ; la vie est mauvaise pour ceux qui souffrent, mais elle est douce pour ceux qui aiment. Depuis que je vous ai vue, depuis que je vous ai aimée, je ne voudrais pas, au prix des trésors de l'Asie, perdre une minute de mon existence. Tenez, tout à l'heure, moi qui n'ai pas tremblé devant le tigre du désert ni au milieu des batailles alors qu'on mourait, j'ai eu peur, maintenant qu'on ne meurt plus, en songeant qu'une blessure pouvait me séparer de vous, ou qu'une égratignure à la joue pouvait me défigurer et nie rendre ridicule.

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