‹ La dame au gant noirChapitre 15 sur 18 · AI! GANT X01P · texte numérisé non relu

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Lemblin avait hérité de son premier mari, qui était immensément riche, cela vous explique comment le capitaine a aujourd’hui deux cent mille livres de rente.

— Après? fit Armand avec une impatience mal contenue.

— Un jour, l’année dernière, il y a environ quinze mois, le capitaine fit une chute de cheval, il s’ouvrit je front, et ou le rapporta au château sanglant et inanimé. Pendant la nuit, -il eut le délire. Madame le veilla seule. Quand j’entrai le matin dans sa chambre, madame était bouleversée. Sans doute un affreux secret était échappé au capitaine durant sou délire qui avait été plein de visions et de fantômes...

Germain s’arrêta, voyant que le fils du colonel l’écoutait avec curiosité. En même temps, dans la pièce voisine, la Dame au gant noir plongeait un regard inquisiteur sur le capitaine dont les dénis claquaient de terreur et dont les atroces souffrances physiques paraissaient dominées par une torture morale plus atroce encore. Germain reprit : — A partir de ce jour, madame, qui jusque-là avait été la plus heureuse des femmes, devint d’une tristesse navrante. En vain, le capitaine qui s’était promptement rétabli, la questionnait-il sur le sujet de cette tristesse ; en vain lui prodiguait-il ses caresses : elle repoussait ses prévenances et gardait un silence farouche.

» Le capitaine, deux mois après, fit un voyage à Paris, un voyage de huit jours. En son absence, madame bouleversa tous les tiroirs d’un secrétaire que son mari fer-

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niait toujours avec le plus grand soin et qu’elle m’ordonna d’enfoncer. Ce secrétaire renfermait des papiers.

» Monsieur revint un soir. Madame s’était mise au lit de bonne heure et se disait souffrante. Monsieur entra dans sa chambre, et il recula épouvanté, tant il la trouva pâle et défaite. J’étais derrière lui, elle me congédia d’un geste impérieux et dit à son mari : — Monsieur, il faut que je vous parle...

» Dame ! fit naïvement Germain, on n’est pas valet sans être curieux ; je me glissai dans un cabinet de toilette, du fond duquel je vis tout et j’entendis tout. Or, voici ce qui se passa. Madame Lemblin commença par jeter sur son mari un foudroyant regard de mépris, puis elle lui dit : — Monsieur, je ne sais comment vous avez pu dormir une seule nuit tranquillement dans ce château... Ce château appartenait à mon premier mari, le général, que vous avez fait assassiner il y a cinq ans, à Marseille, afin de pouvoir m’épouser et hériter de sa fortune.

» Le capitaine jeta un cri.

» — Oh! dit-elle, ne niez pas. Déjà, il y a deux mois, quand vous fîtes une chute de cheval, dans le délire, vous avouâtes votre crime ; mais j’hésitais encore à y croire. Aujourd’hui j’en ai la preuve. Tenez...

» Et elle jeta à ses pieds un paquet de lettres dont la vue rendit le capitaine livide. Il se mit à genoux, il voulut demander grâce, mais elle le repoussa vivement avec horreur et lui dit : — Monsieur, j’entrerai demain dans

un couvent pour ne plus vous revoir. Vous comprenez que je ne puis vivre avec un assassin. Mais je vous ai donné toute ma fortune par contrat de mariage, et il ne faut pas que vous en jouissiez. Cette fortune doit aller aux pauvres...

» Le capitaine l’écoutait avec égarement.

» — Choisissez ! monsieur, poursuivit-elle : ou écrire sur-le-champ une renonciation aux bénéfices de notre contrat de mariage, et quitter demain cette maison pour n’y plus rentrer, ou vous attendre à me voir écrire, moi, au procureur du roi pour lui dénoncer un assassin.

» Le capitaine frissonna, il prit la plume que lui indiquait sa femme d’un geste impérieux, et il écrivit la renonciation qu’elle lui. demandait. Puis il sortit en proie à une fureur désespérée et ne rentra au château que bien avant dans la nuit.

Germain s’était arrêté une fois encore. Et la Dame au gant noir, fixant toujours son œil implacable sur le capitaine, dont l’agonie était épouvantable, car il n’avait rien perdu de sa présence' d’esprit et entendait distinctement le récit de son complice, — la Dame au gant noir lui dit : — Est-ce vrai cela ? capitaine.

Hector Lemblin mordait avec rage un lambeau de drap sur lequel reposait sa tète.

Germain poursuivit : — Le lendemain, les domestiques du château entendirent le capitaine qui pleurait à chaudes

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larmes et jetait de grands cris, disant que madame était morte subitement... Mais, acheva Germain, la vérité est qu’il l’avait étranglée. La malheureuse femme s’était dé» fendue pendant deux heures, luttant avec une énergie désespérée, s’accrochant au lit. aux tentures, mordant les mains qui l’étreignaient... Puis elle avait fini par succomber, et le capitaine avait pu détruire cette renonciation qu'il avait écrite quelques heures auparavant. Et voilà! acheva Germain, s’adressant au jeune homme. Voulez-vous toujours vous battre avec le capitaine Hector Lemblin?

— Horreur ! ! ! murmura Armand.

Alors, comme Germain achevait le récit de ce lugubre drame, la Dame au gant noir se pencha sur le capitaine livide et frissonnant de honte au milieu de ses tortures sans nom : — Et maintenant, capitaine Hector Lemblin, lui dit-elle, maintenant à mon tour de te dire quelle est la main vengeresse qui vient de t’amener sur le seuil de la justice divine ! Regarde-moi bien... regardemoi 1...

Et il la regarda, en effet, et son visage, empreint déjà de toutes les épouvantes de la mort, exprima une horreur plus poignante encore...

— Capitaine Lemblin, poursuivit-elle, je savais tout cela depuis longtemps. Tout ce qui s’est passé ici, tes terreurs, tes angoisses, tes désespoirs, tes espérances insensées, tout, jusqu’à ce récit de ton complice, tout,

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jusqu’à ce coup d’épée dont tu vas mourir, est mon œuvre...

Et comme l’œil injecté de sang du capitaine s’attachait sur elle, et que le mourant semblait se demander quelle pouvait être cette femme qui le frappait ainsi avec l’implacable animosité du destin, elle leva sa main gantée de noir : — Je te l’ai dit hier, j’ai sur cette main quelques éclaboussures du sang du seul être que j’aie aimé... et ce sang, acheva-t-elle tout bas, tu es un de ceux qui l’ont versé !

Puis elle se pencha plus près encore : — Je ne suis point la fdle du général de Iluvigny, cette fille n’a jamais existé, — je suis...

Elle colla ses lèvres à l'oreille du moribond et murmura un nom que nul n’entendit, si ce n’est lui... Le moribond eut un. dernier frissonnement, son regard se fixa sur elle avec égarement...

Alors la vengeresse mystérieuse saisit l’épée par la poignée, la retira de la blessure, et Je capitaine jeta un grand cri, un suprême cri, et mourut.

A ce cri, deux hommes entrèrent et demeurèrent graves et frappés d’un douloureux étonnement sur le seuil de la chambre mortuaire. C’étaient le major ArlcfT et Armand. Celui-ci vit la Dame au gant noir debout, pâle et solennelle, une main posée sur le cadavre, sur ce cœur dont elle venait de briser la dernière pulsation. Et l’amoureux

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jeune homme la trouva si terrible en cette attitude qu’il eut peur et recula...

Alors elle l’aperçut et fit un pas vers lui : — Monsieur, lui dit-elle, je vous l’ai dit, ma vie est pleine de sombres mystères, ne cherchez point à les sonder et cessez de me poursuivre...

Et comme il allait protester, comme, peut-être, il allait tomber à genoux, une porte s’ouvrit et un nouveau personnage parut...

Ce personnage, c’était une femme, une femme jeune et belle qui avait fait cent lieues en chaise de poste sans s’arrêter une minute, qui arrivait la pâleur de l’angoisse au front et l’œil brillant de courroux. Cette femme aperçut Armand et se jeta au-devant de lui comme si elle eut voulu lui faire une égide de son corps et le défendre contre la Dame au gant noir... Mais celle-ci fit un pas en arrière... Alors ces deux femmes, qui ne s’étaient jamais vues, se mesurèrent du regard comme deux adversaires sur un champ de bataille.

— Qui donc êtes-vous, madame? demanda la Dame au gant noir avec hauteur.

— Madame, répondit-elle, on me nomme Fulmenî

— Ah! je vous connais... on m’a parlé de vous.

Et la Dame au gant noir prit Fulmen par le bras, l’entraînà près du lit où gisait le corps du capitaine et lui dit tout bas : — Si vous aimez ce jeune homme, si vous l’aimez réellement, emmenez-le, madame, emmenez-le loin de moi! que je ne le trouve jamais sur ma route !...

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Ne tentez pas Dieu... et surtout ne cherchez point à savoir qui je suis... Je n’ai pas de patrie... je n’ai plus d’aü'ection... je n’ai qu’un souvenir de mort dans le cœur.

Et comme Fulmen tressaillait, e’ie ajouta : — Ma tâche n’est point terminée... N’essayez point d’entraver ma route... Vous seriez hrisée...

— Peut-être, répondit fièrement Fulmen, qui saisit la main d’Armand et força le jeune homme à la suivre.

Puis, du seuil de la salle, elle se retourna, et les deux femmes échangèrentdeux regards qui se croisèrent comme des lames d'épées. C’était une déclaration de guerre I

Fulmen était chez elle, un soir, dans son petit hôtel de l’avenue Marbeuf, aux Champs-Elysées, accoudée au balcon de sa chambre à coucher qui donnait sur le jardin. La nuit approchait. Une belle nuit de printemps, étoilée et calme, remplie de senteurs pénétrantes et dont la jeune femme aspirait la fraîcheur avec volupté. L’hôtel, «les jardins étaient silencieux. A peine entendait-on dans le lointain le bruit confus des voitures allant au bois ou descendant la grande avenue des Champs-Elysées.

Ce silence plaisait à Fulmen, cet isolement dans lequel elle vivait semblait être devenu son milieu habituel. Fulmen était pâle et triste, et ceux qui l’avaient connue

la folle et brillante reine de l’art chorégraphique auraient eu de la peine à la reconnaître. Depuis trois mois, Fulmen vivait seule, retirée, ne recevait personne et ne franchissait presque plus la grille de sou hôtel.

Peut-être a-t-ou deviné déjà le motif de cette brusque métamorphose. O courtisanes hardies et fringantes qui vous cuirassez de dédain et vous vantez de posséder un cœur qui n’a jamais battu, vous qui longtemps avez raillé, méprisé les hommes, et proclamé votre insensibilité avec l’orgueilleux sourire du triomphe, un jour vient où l’amour vous touche de son aile : ce jour-là vous êtes vain- ' eues. Anges du mal, le jour où un rayon d’amour vient vous montrer un coin du ciel, vous avez la morne attitude de l’ange déchu après sou expulsion des célestes demeures.

Depuis que Fulmen aimait Armand, Paris se demandait ce qu’elle était devenue et ne parvenait point à le savoir Durant un mois, ses connaissances étaient allées l’une après l’autre sonner à la grille du petit hôtel, et personne n’avait été reçut .

— Madame e°t absente, avait dit un vieux eonciergë fidèle et qui savait sa leçon.

— Mais... où est-elle?

— Eu Italie.

— Depuis quand?

— Depuis un mois.

Cela était faux. Fulmen n’avait pas quitté Paris, depuis sou retour de Normandie du moins. Elle était arrivée une

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nuit, à l’heure où la dernière voiture de maître est revenue du bois, quand les Champs-Elysées commencent à être déserts. Deux hommes étaient descendus avec elle de sa chaise de poste.

L’un de ces deux hommes, un vieillard, était, on le devine, le colonel Léon ; l’autre, son fils Armand. Armand n’était plus que l’ombre de lui-même, un être pâle, chancelant, au regard atoue, au sourire hébété. Le colonel, déjà si vieux, paraissait avoir pris dix années de plus depuis son duel avec le capitaine Hector Lemblin.

A l’heure où la chaise de poste était arrivée, l’avenue Marbeuf était déserte. Personne n’avait vu Fulrncn rentrer ■ chez elle accompagnée de ces deux hommes, personne depuis ne l’avait vue sortir. Pour Paris entier, — nous parlons du Paris élégaut et viveur, — Fulmeu était une femme disparue, morte au monde et dont ou commençait à ne plus s’occuper.

Cependant, vers dix ou onze heures, presque tous les soirs, les rares passants qui traversaient ou longeaient l’avenue Marbeuf auraient pu voir sortir de l’hôtel un coupé bas conduit par un cocher sans livrée. Ce coupé prenait au gruud trot la route de Passy et s’arrêtait rue de la Pompe, à la porte de cette jolie maison qu'habitait le colonel. Une femme en descendait : c’était Fulmeu. Elle -entrait dans la maison, y passait environ une heure et en sortait presque toujours un mouchoir sur scs yeux et en proie à une vive douleur. Que se passait-il donc dans cette maison?

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Or, ce soir-là, à Fheure où la jeune femme, pâle et triste, respirait l’air du soir à la croisée de sa chambre à coucher, un événement auquel elle était loin de s’attendre vint l’arracher tout à coup à sa rêverie et rompre l’apparente monotonie de son existence. Cet événement, qui devait avoir sur l’existence de la danseuse une influence directe, et dont les conséquences devaient la rejeter au milieu de ce monde qu’elle avait voulu fuir, cet événement, disons-nous, était pourtant fort simple en apparence, et du nombre de ceux que Paris voit se renouveler à peu près tous les jours. Deux voitures s’étaient rencontrées. Un coupé bas, attelé d’un fringant cheval irlandais et dans lequel se trouvait une jeune femme, avait été heurté, brisé par une de ces voitures dont se servent les marchands de chevaux pour le dressage et qu’on nomme breacks. Le cocher, qui conduisait deux chevaux difficiles, n'avait pu maîtriser son attelage, et il était allé briser la roue gauche du coupé qui suivait l’avenue en sens inverse. Le cheval du coupé s’était emporté, tandis que le breack s’éloignait à toute vitesse. A ce moment-là aussi, la jeune femme épouvantée avait ouvert la portière et commis cette imprudence si grande et pourtant si fréquemment renouvelée ; elle avait voulu sauter et ’ on l’avait relevée une seconde après, sanglante et inanimée, sur le trottoir. >

Or, c’était précisément devant la grille de l’hôtel de Fulmen que l’événement avait eu lieu. Le vieux domestique, remplissant chez la danseuse les fonctions de valet

de confiance et d’inteudaût, se trouvait sur le seuil de la grille, et ce fut lui qui, aidé du concierge, releva la jeune dame évanouie.

L’avenue Marbeuf était à peu près déserte.

Le cheval continuait à emporter le coupé, et il venait de disparaître au tournant d’uue rue, sans que le cocher éperdu pùt parvenir à le maîtriser. Le valet de chambre et le concierge n’hésitèrent pas... Ils prirent la jeune dame évanouie et la transportèrent au rez-de-chaussée de l’hôtel. Au bruit, Fulmen descendit. La vue de la jeune dame évanouie et quelques mots des domestiques lui donnèrent l’explication de ce qui venait de se passer. Alors la danseuse oublia que, pour Paris entier, elle n’était pas à Paris :

— Vite ! ordonna-t-elle, allez chercher un médecin... le mien... le docteur A..., qui demeure ici près.

Et avec tout l’empressement, tout le bon cœur de ses pareilles, Fulmen déshabilla elle-même la jeune femme, coupa les agrafes de son corset et la fit porter dans sa propre chambre à coucher, où on mit' la malade au lit.

Puis, là, elle essaya de la rappeler à elle en lui faisant respirer des sels et lui frottant les tempes avec du vinaigre. Mais la jeune femme ne rouvrit pas les yeux. Il fallut attendre l’arrivée du docteur. Celui-ci était fort heureusement chez lui en ce moment. 11 arriva sur-le-champ et fort étonné d’apercevoir Fulmen. Mais Fulmen appuya un doigt sur ses lèvres :

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— Vous ne m’avez pas vue, dit-elle, ne l’oubliez pas, docteur.

L’homme de science examina la femme évanouie, la saigna et lui rendit ainsi l’usage de ses sens. Il ne constata chez elle aucune fracture, aucune contusion grave, mais il déclara que l’émotion qu’elle avait éprouvée pourrait être suivie d’une fièvre ardente, et qu’il serait de toute imprudence de songer à la reconduire chez elle ce soir-là. D’ailleurs, elle avait le front meurtri, sa tète avait porté sur le trottoir, et bien certainement il lui serait impossible de se montrer en public avant huit ou dix jours.

La malade arva>t ouvert les yeux, mais elle n’avait point recouvré sur-le-champ l’usage de la parole, et le docteur la pria, d’un geste, de ne point chercher à parler. En même temps, Fulmeu lui disait :

— Rassurez-vous, madame, vous êtes ici en sûreté, chez des amis...

La jeune dame, qui était blonde, fort belle et paraissait âgée de vingt-sept à vingt-huit ans, jetait autour d’elle des regards étonnés et semblait se demander comment il pouvait se faire qu’elle se trouvât en ce lieu inconnu.

La chambre à coucher de Fulmen était, on le devine, un petit chef-d’œuvre de luxe et de bon goût artistique. Chaque meuble, chaque détail d’ornementation décelait la femme élégante et supérieure. Cette chambre à coucher attira les regards de la dame.

Où suis-je donc ? semblait -elle se demander en regar-

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dant tour à tour les objets qui l’entouraient, le docteur et Fulmen.

En dépit de ses douleurs morales et de la pâleur qui couvrait son front, Fulmen avait toujours cette beauté rayonnante et souveraine, aux lignes hardies, à l’expression énergique et intelligente, qui séduisait même les femmes. Elle s’installa au chevet de la jeune inconnue et lui dit: — Voulez-vous me permettre, madame, d’ouvrir ce carnet qui est tombé de votre corsage tandis qu’on vous déshabillait. Peut-être renferme-t-il quelques-unes de vos cartes, et je pourrais ainsi faire savoir chez vous que vous êtes ici...

La jeune femme essaya de parler. Fulmen la supplia d’un geste et d’un sourire de n’en lien faire. Elle prit le carnet et l’ouvrit. Le carnet renfermait effectivement des cartes, et ces cartes portaient ce nom :

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