LES DEUX FRERES
Retournons un peu à Saint- Jean- aux-Bois; ce pauvre Girofle, ce bon Benoît méritent bien qu'on ne les oublie pas.
En arrivant à la maisonnette de Violette, le soir même du départ de la jeune fille. Girofle s'étonne de voir la porte fermée. 11 va pour frapper; une petite fille l'arrête en lui disant :
— Gnia pus parsonne^ aile est partie.
— Partie!... Comment... sortie le soii*!.. .Elle est donc ollée acheter quelque chose dont elle avait besoin ?
Pour toute réponse, la petite voisine lui donne la clef de la maison et une lettre, en lui disant :
LA DAM1-: ALX TROIS CORSKTS •»:,
— Je sais pas ! Mais, tenez, vlà ce qu'elle m'a donné pour voas.
Girofle prend ce qu'on lui présente d'une main tremblante, car il prévoit déjà quelque malheur. Il ouvre la lettre, la lit on frémissant, no f)eut d'abord croire ce qu'il a lu, veut s'en assurer encore... Mais ses yeux sont obscurcis par les larmes, il ne peut plus rire. Il entre dans la maison, regarde autour de lui, appelle à plusieurs reprises : « Violette ! Violette!... » Mais aucune voix ne lui répond ; alors il comprend que celle qu'il adore est réellement partie, et il tombe sur un siège en sanglotant, en balbutiant :
« Elle m'a quitté !... Je ne la ven-aiplus!... Partie! sans me dire adieu î... Ah ! que vais-je devenir? »
Puis, après être resté quelque temps dans la chaumière, il en sort brusquement et court trouver son frère ; car, dans la peine, nous nous souvenons toujours do ceux qui nous aiment... et c'est facile : il y en a si peu!
Girofle court se jeter en plour;mt dans los bras de son frère ; il repose son front brûlant contre sa poitrine, et le pauvre Benoît, en voyant ce désespoir si profond, si sincère, devine bien (jue Violette est làdedans pour quelque chose. Aussi ses piemières paroles sont-elles :
— Est-ce ((u'elle t'a dit qu'elle ne voulait plus t'é-