SCÈNE XI
M- GRIMAUD, cachée-, GERVILLE, CLA- RISSE, GRIMAUD, OFFENBACK.
GEBVILLE.
Entrez, mademoiselle, M. Grimaud vous attendait.
CLAB1SSE , 4 part.
Le voilà donc !
GBIMAUD, sans la regarder, va et vient en parlant 4 Offenback.
Allons, allons, mon couvert. (A Clarisse , et toujours préoccupé de son déjeuner.) M. Gervîlle vous connaît , mademoiselle, il m’a dit beaucoup de bien de vous.
CLABISSE.
Monsieur est bien bon.
OFFENBACK, essuyant une assiette à soupe.
Je crois bien ! des compatriotes de mon oncle Piffermann de Teterchen , des bieu braves gens!
GBIMAUD, 4 Offenback.
Mais à quoi penses-tu, malheureux , tu me mets une assiette à soupe ?
OFFENBACK.
Ah! quelle bêtise!
(En voulant se presser, H fait tomber des couverts.) GBIMAUD.
Ça ne finira pas.
CLABISSE.
Si vous le permettez, mon... monsieur, je pourrais l’aider.
GRIMAUD
Non , non , c'est inutile.
(Clarisse , sans l’écouter, s'empresse de placer tes assiettes, une serviette, un couvert, etc.) CLARISSE.
C’est l’affaire de rien.
M“* GBIMAUD, 4 part, de sa place.
Pien, pien , pien , chère enfant !
GRIMAUD, bas au Docteur.
Elle est très gentille.
GEBVILLE , bas.
Gharmautc !
OFFENBACK, 4 Clarisse, avec un peu «l'humeur. Vous avez oublié un verre.
Clarisse , disposant sur la table ce que Grimaud a apporté.
Non, le voilà.
OFPENBACK, arec humeur.
Alors, je n'ai plus rien à faire ici, moi.
CLARISSE, A Grimaud.
Quand vous voudrez , monsieur, tout est prêt.
GRIMAUD, allant s'asseoir.*
Vraiment, déjà? Tu vois bien, mon pauvre Offtnback, tu y aurais mis une heure, et tu m'aurais cassé deux assiettes,
OFPEîVBACK , à part.
Des préventions! des préférences!
GERVILLE
Convenez, mon cher monsieur (ïrimand, que les soins d'une femme ne sont pas tant à dédaigner.
GRIMAUD, déjeunant.
Eh ! non , sans doute.
M“* grimai d, s’avançant un peu.
Ah! que ne puis-je lui tonner les miens.
GRIMAUD
Mais ce sont ceux de ina femme que je redoute... elle me les prodiguait tellement que c'en était fastidieux.
M“* GRIMAUD. étouffant ses pleurs.
Ah ! quel coup de Iwignard. Atolphe ! Atolphe ! vous êtes picn fnrrat.
GEnviLLE , bas 4 M“* Grimaud.**
Taisez vous donc, taisez-vous donc.
GRIMAUD
On m’a vanté vos talens, mademoiselle ; vous êtes grande musicienne? J’ai même l'avantage de vous entendre quelquefois... souvent... trop sou... c’est-à-dire très souvent. Aussi, j’ai pensé à vous procurer une place fort convenable...
Madame votre mère consentirait-elle à se séparer de vous ?
M** GRIMAUD, d’une voix grave.
Jamais !
G ni Al Al'D, qui croit avoir entendu Offenback. Comment?
OFFF.SRACK , pliant le tapis qui était sur la table. Je n’ai rien dit.
CLARISSE
Je pense que cela lui serait bien pénible.
M“* GRIMAUD, A part.
Oh! foui!
GERVILLE , de même.
Chut ! paix donc !
CLARISSE
Mais cela dépend des personnes auprès de qui je me trouverais.
GRIMAUD
Vous êtes orpheliue, peut-être ?
GERVILLR, vivement et bas à Grimaud.
Ne touchez pas cette corde-là , nous causeron.'» de cela plus tard.
GRIMAUD, bas AGcrrille.***
J’entends... un père qui a des torts... quelque mauvais sujet., il y eu a tant... Offenback !
* M"* (îriiitiu^ Grr»i'l-, r,iiniiud,OiiiM«, OnVnV>*ck.
" M“* GtîcmuiI, G*p*illc, OOenl'ack, t>li«til k Upis Grimaud, Daria*.
M*’* G*»n«aud, G*r*i|l», IFimuNl, ClttiM», Olf*nk«rk,
(11 tend son verre, Clarisse verse 4 boire à M. Grimaud, puis elle rebouche soigneusement la bouteille.)
GRIMAUD, 4 Offenback.
Eh bien ! voilà encore un petit soin que tu ne prendrais pas, tu nie laisses toujours mou vin s’éventer.
OFFF.VBACK. 4 part.
Ah ça! mais est-ce que ce seraient des intrigantes, et qu’elles voudraient nie faire renvoyer.
grimaud, se levant de table.
Ma rhère Demoiselle, vos attentions, votre air de modestie me plaisent beaucoup , et je vais m’occuper de vous aujourd'hui même.
GERVILLE, bas 4 Grimaud.
Eh bien î croyez-vous que cette jeune personne puisse convenir à madame Darnncourt ?
GRIMAUD
Parbleu ! elle serait bien difficile! (Voyant Clarisse ranger.) Regardez-la donc, regardez-la donc, comme elle remet tout en ordre. C’est habitué au ménage... un vrai trésor. Ab ça! mais il me vient une idée... savez-vous que si ça arrangeait la nière, elle me conviendrait parfaitement , à moi... pas toute la journée, mais le matin seulement , comme compagnie, pour me faire une petite lecture.
(Clarisse, après avoir tout mis en ordre , veut enlever la table; Offenback s’en saisit rapidement, et l’emporte en toisant Clarisse avec indignation.)
GKRVILLE , avec une solennité comique.
Vous venez peut-être de trouver ce qu'il y a de meilleur au monde pour vous! c'est une inspiration.
GRIMAUD
Je le croirais assez.
GERVILLP..
Je vais en toucher deux mots à la mère.
GRIMAUD
Ne faites rien de définitif.
GERVILLE
Vous connaissez ma prudence. (Fausse sortie.)
CLARISSE
M. le Docteur s'en va?
GRIMAUD
Restez encore un instaut, ma belle demoiselle, j'ai à causer uyer vous.
GERVILLE, bas 4 Grimaud.
Sortez adroitement, pendant qu'il parleà votre fille.
M“* GRIMAUD
Quoi! décha m’éloigner ?
GERVILLE
Ne tardez pas une minute.
M"* GRIM AUD
J’opéis, Toeteur, j’opeis.
(Elle s’esquive , et de la porte du fond euvoie des baisers 4 Grimaud.)
GF.RVILLE, 4 Grimaud , pour l’occuper.*
Ainsi, voilà qui est convenu. (A Clarisse.) J© reviens tout à l'heure. (Il sort.)
* Giimtuü , GniUI*, <'.Ur»*w.